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Une nouvelle idéologie ?


L’idéologie écologiste antihumaniste n’est pas aussi pacifiste que son discours « officiel » voudrait le faire croire. Il suffit de consulter les Chroniques de Greenpeace pour s’en rendre compte. Elle peut également compter sur des appuis en hauts-lieux : quelques citations de personnages politiques de premier rang suffiront à le prouver : M. Boutros Boutros-Ghali au « Sommet de la Terre » (Rio, 1992) ; Michaël Gorbatchev, Al Gore. Tous ces auteurs plaident – directement ou indirectement – pour un retour au néo-paganisme préchrétien.

Une dérive inquiétante


La lecture d’un extrait de l’ouvrage de J. Lovelock, « La terre est un être vivant », permet de prendre la mesure de la dérive antihumaniste de l’hypothèse Gaïa.

Gaïa


« L’hypothèse Gaïa » de James Lovelock postule que c’est la Terre elle-même qui dans son ensemble constitue un être vivant, un organisme unique, capable de préserver les caractéristiques vitales de notre planète. Nous ne vivons pas sur la terre mais dans la planète, dont nous faisons partie, et qui prend conscience et pense à travers nous.

Cette hypothèse a trouvé le soutien de Rubert Sheldrake, scientifique anglais, qui considère que l’humanité dépend de « la providence de Gaïa ». Si la terre est vivante, elle doit posséder une « âme » ; aussi R. Sheldrake se fait-il le héraut de la resacralisation de la terre et plaide-il pour le développement d’un « christianisme animiste ».

Ecologie profonde


Le terme « deep ecology » fut introduit par le norvégien Arne Naess (Bucarest, 1972), mais l’idée d’élargir le souci écologique au monde inorganique remonte à Aldo Léopold (1948). Dans cette perspective, l’espèce humaine n’est qu’une infime partie d’un Tout bien plus vaste incluant le monde végétal, animal et plus largement encore l’écosphère dans son ensemble. Cette fois l’anthropocentrisme est dénoncé comme un « crime contre l’écosphère » (Stan Rowe) ; des auteurs proposent même de réduire la population humaine de la planète pour la sauver (James Lovelock). L’idée d’un « contrat naturel » (Michel Serres) met en cause l’humanisme juridique pour lequel seules les personnes sont sujets de droits.

L’écologie environnementaliste et utilitariste


L’écologie « environnementaliste » est encore franchement anthropocentrique et s’inscrit en tant que telle sur l’horizon de l’humanisme occidental : il s’agit de préserver l’avenir et le bien être de l’homme en préservant son environnement naturel.

L’écologie « utilitariste » pose un premier acte de rupture par rapport à cette écologie humaniste, en refusant toute distinction spécifique entre l’animal et l’homme, sous prétexte que l’animal est susceptible de souffrir tout comme l’être humain. Il est « utile » de préserver les intérêts des êtres vivants en réduisant au maximum la souffrance dans le monde, quel que soit le sujet qu’elle affecte.

Jérémy Bentham (fin du XVIIIe s.) ; Henri Salt (fin XIXe s.) ; Peter Singer et Tom Regan (XXe s.) représentent ce courant écologiste. Ces auteurs réclament pour les animaux des droits équivalents à ceux des hommes, dénonçant le « spécisme » (P. Singer), qui prétend attribuer une supériorité à l’espèce humaine.