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“Dieu n’a pas créé l’univers !” : Stephen Hawking dérape encore

Le père Joseph-Marie n’a (malheureusement) plus la disponibilité nécessaire pour mettre à jour ce blog. Je l’ai entendu réagir à un article du Monde de telle manière qu’il m’a pourtant paru intéressant de partager ici ses explications.

Le Monde est en effet trop heureux de citer le célèbre scientifique Stephen Hawking :

L’astrophysicien britannique Stephen Hawking affirme que l’Univers n’a pas eu besoin de Dieu pour être créé. Dans son nouveau livre, The Grand Design, Stephen Hawking souligne qu’en comprenant une série complexe de théories physiques, la création de l’Univers s’expliquera. Des extraits de cet ouvrage, écrit avec le physicien américain Leonard Mlodinow, ont été publiés jeudi dans le Times.

« Il n’est pas nécessaire d’invoquer Dieu (…). L’Univers peut et s’est créé lui-même à partir de rien, selon Stephen Hawking. La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, la raison pour laquelle l’Univers existe et nous existons »

Le père Joseph-Marie s’exclamait : « Il récidive ! ». Et de rappeler une discussion avec ses étudiants du cours de Philosophie de la Nature qu’il donnait à l’Université Catholique de Lyon. A l’époque déjà, Hawking faisait cette erreur grossière de confondre le champ quantique fondamental avec le néant.

Or, explique le père Joseph-Marie, c’est exactement l’inverse : ce champ énergétique précontient toute l’énergie qui va se déployer ensuite dans les univers ; on peut le comparer à la pure potentialité. Il est seulement en parfait équilibre et en attente d’une rupture de symétrie qui va lancer le processus de « création », c’est-à-dire de passage de la potentialité à l’acte.

Tout étudiant en philosophie le sait : Aristote soulignait déjà qu’entre l’être et le non-être, la potentialité a une existence réelle, car du néant rien ne peut sortir. « Autrement dit, nous expliquait le père Joseph-Marie, ce champ de potentialités infinies, “gros” de tous les univers, n’est pas le néant, mais la matrice créée de tous les univers. Élémentaire, mon cher Watson ! ».

Voilà une des nombreuses occasions qui nous font regretter de ne plus lire régulièrement le père Verlinde dans ces colonnes. Il a l’art de mettre en lumière les âneries dont se gargarisent ceux qui cherchent à choquer et qui voudraient que Dieu soit définitivement mort…

Le difficile passage à l’âge adulte

« Mon fils de 19 ans est en mauvais état depuis 15 mois. Brutalement il s’est senti oppressé avec comme un vide intérieur et de très fortes angoisses. Pour différentes raisons, il a tout de suite pensé qu’il avait un problème de possession, il a reçu une prière de délivrance puis il a demandé à vivre un exorcisme mais rien n’a changé (ou très peu). Les psy rencontrés ne semblent pas trouver de désordre grave et pourtant sa vie (et celle de la famille) est très pénible, il souffre en permanence. Je me demande si une personne mal intentionnée pourrait être à l’origine de ce trouble. Comment faire pour bien discerner et le sortir de sa souffrance ? Pouvez-vous nous aider ? Merci. »

Je comprends fort bien que cette situation soit angoissante, et que vous envisagiez toutes les solutions possibles pour y porter remède. Je crains hélas que seule la patience pourra vous aider. Je ne crois pas en effet qu’il soit nécessaire de penser à des causes aussi dramatiques qu’un envoûtement ou une action maléfique pour expliquer le malaise profond dont fait état votre fils. Vu son âge, je devine qu’il doit être dans le « passage » étroit de l’adolescence juvénile à l’âge adulte. Et ce passage, chacun de nous doit l’effectuer seul. Il s’agit pour lui de confronter le monde idéal qu’il s’est construit au cours des étapes préalables de son évolution, au monde réel qui lui fait brutalement face. Ce passage est un véritable parcours initiatique dans lequel il doit abandonner ses anciens repères pour s’en approprier de nouveau, qui lui sont encore inconnus. Il sait que c’est le prix à payer pour pouvoir avancer ; l’alternative serait de stagner, voire de régresser vers l’étape de l’adolescence qu’il vient de quitter. Vous avez bien fait de consulter des psy : leur diagnostic rassurant confirme que votre fils n’est pas atteint d’une névrose particulière, mais traverse une des crises les plus importantes de sa vie. Vous ne pouvez pas faire grand-chose, sinon demeurer disponible, tout en accueillant aussi bien que possible ses sautes d’humeur, ses angoisses, ses hésitations. Gardez le contact ou veillez à ce qu’il ait quelqu’un en qui il a confiance avec qui il puisse parler : la parole est le chemin de guérison ; il faut qu’il puisse exprimer ses peurs, ses appréhensions, ses doutes pour pouvoir les surmonter. Evitez autant que faire se peut de manifester votre propre angoisse : cela ne ferait que confirmer la sienne. Essayez plutôt de susciter une atmosphère de confiance, qui lui signifie que le défi est à sa portée : certes la vie est difficile, mais il a tout en lui pour faire face. « Va de l’avant ! »

Mouvement gothique

En réponse à la demande de plusieurs personnes, je voudrais compléter quelque peu l’article sur le mouvement gothique paru sous la lettre « G » dans la rubrique « Encyclopédie » du site.

Je comprends tout à fait que des parents soient inquiets de voir leur fils ou leur fille adhérer à ce mouvement dont le « look » est plutôt inquiétant. La prédominance des couleurs sombres, des mines renfrognées, des chanteurs hurlant leur souffrance et arborant les cicatrices de leurs mutilations, des jeunes passant la nuit dans des cimetières, tout cela n’est guère rassurant, j’en conviens. Pourtant, dans la plupart des cas, votre ado ou jeune ne fait qu’adhérer à un « style » dans lequel il exprime ses états d’âme du moment, et à travers lequel il poursuit sa quête identitaire.

Ceci dit, il faut demeurer extrêmement vigilant, car il constitue la cible de prédilection des adhérents aux sectes sataniques en quête de recrues. Or les satanistes professent une idéologie morbide, niant toute valeur, prônant l’anarchisme et la violence, dont il faut à tout prix protéger notre jeunesse. Mélangeant ésotérisme, occultisme, rituels magiques et critique de la société, des jeunes mal dans leur peau, tombés sous l’influence de groupes satanistes, peuvent en arriver à tenir des propos néo-nazis sans bien se rendre compte de la portée de leurs discours. Il est grand temps alors d’avoir un sérieux dialogue avec eux, qui les aident à ouvrir les yeux sur les dangers qu’ils courent objectivement. Il faut en tout cas éviter qu’ils s’isolent, afin de ne pas les laisser dériver vers des actes à haut risque, tels qu’automutilations, prise de drogue, tentatives de suicide.

Certes, « entretenir le dialogue » est plus facile à dire qu’à faire ! Mais à défaut de pouvoir y arriver vous-même, peut-être connaissez-vous une personne qui soit susceptible de garder le contact et de faire le lien entre vos enfants et vous ? Je reste convaincu que ce style provoquant est en fait un appel au secours qui nous est adressé de la part de ces jeunes, qui au cœur de leur quête identitaire, ne trouvent pas de réponse satisfaisante à la question du sens de leur vie. Saurons-nous leur proposer de manière convaincante, la joyeuse espérance chrétienne, selon laquelle l’amour est plus fort que la haine, la vie plus puissante que la mort ?

Comment faire pleinement confiance à Dieu ?

« Comment faire pleinement confiance à Dieu ? C’est difficile de faire confiance quand on ne ressent pas l’amour de Dieu pour soi et que l’on n’arrive pas à croire que Dieu veut ce qu’il y a de meilleur pour soi ? »

La question est difficile, mais puisqu’elle me fut posée, je vais essayer, maladroitement et pauvrement, d’y répondre. D’autant plus que je suis sûr que nombreux sont ceux qui se la posent, au moins occasionnellement.

Je partirai du fait que vous posez la question, et que vous la posiez si douloureusement. Vous n’arrivez pas à « croire » que Dieu vous aime, et pourtant c’est votre plus grand désir ; or un tel désir ne peut procéder que de l’expérience de cet amour vers lequel vous languissez. Une expérience non sensible, qui est plutôt de l’ordre de l’intuition (de foi), mais qui n’en est pas moins bien réelle ; la preuve : elle vous conduit à désirer toujours plus cet amour.

Il nous faut partir à la recherche de cette expérience de foi, qui je le répète, n’est pas au niveau de nos sens, ni même de notre psychisme (intelligence, volonté, affectivité, mémoire, imagination), mais plus profondément : au niveau de ce que les Ecritures appellent le « cœur », c’est-à-dire le lieu le plus intime de notre être où Dieu a élu sa demeure. Là le Seigneur se révèle comme le Dieu d’amour, en se donnant à nous dans l’Esprit.

Mais entre notre cœur profond et notre conscience habituelle, s’interpose toute l’épaisseur de notre psychisme, conscient et inconscient, avec toutes ses blessures et ses peurs. Les rayons de l’amour de Dieu ne nous atteignent qu’à travers le prisme déformant de nos relations humaines, hélas toujours douloureuses depuis que le péché est entré dans le monde avec son cortège de souffrances. C’est pourquoi il nous faut persévérer dans la prière, même lorsque celle-ci semble aride et stérile : c’est alors que l’Esprit Saint nous entraîne mystérieusement au-delà de notre pauvre psychisme, pour nous permettre de rejoindre la « chambre nuptiale du Roi » (Sainte Thérèse d’Avila) dans laquelle nous pénétrerons lorsque son bon plaisir nous en ouvrira la porte…

L’acupuncture en question

On me relance régulièrement sur la question du caractère inoffensif de l’acupuncture : n’utilise-t-elle pas les aguilles comme support (tout comme les granules d’homéopathie) pour y faire passer une « énergie guérisseuse » ?

Je rappelle que l’énergie occulte en soi n’est pas mauvaise : en tant que créature de Dieu, elle ne peut être que bonne. Mais elle appartient à un monde devenu ambigu depuis que, suite au péché, il est tombé sous la domination du Prince des ténèbres. Ainsi donc ce ne sont pas les énergies occultes qui sont en cause (elles n’ont pas cédé aux sollicitations du Malin !), mais plutôt les éventuelles entités gouvernant ce monde occulte, et qui se serviraient de ces énergies pour interférer avec nous.

Dans le cas de la magie, l’invocation de ces entités est explicite, ce qui n’est pas le cas pour l’acupuncture (ni pour l’homéopathie). Mais comment vérifier si le fait de planter les aiguilles (ou le fait de dynamiser les solutions en homéopathie) n’est pas un rituel invocatoire implicite ? Auquel cas ces pratiques ne seraient plus anodines du tout. Elles relèveraient tout simplement d’une forme de « magie implicite ».

Si par contre les aiguilles ne font qu’harmoniser les courants d’énergie occulte qui traversent notre corps avec l’énergie occulte du cosmos, sans intervention des entités du monde occulte, il n’y a là rien de répréhensible ni de dangereux. Le tout est donc de savoir si cette « harmonisation » fait appel ou non à des entités occultes.

Dans quelle mesure l’enracinement de l’acupuncture dans la tradition taoïste – qui est la mère de toutes les alchimies (qui pratiquent la magie !) – est-il à prendre en compte ? Allez donc savoir…