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Nous avons déjà souligné l’emploi abusif du terme « tolérance » ; nous voudrions poursuivre par un regard critique sur l’usage du terme « dialogue ».
Nous partirons d’une analyse élémentaire de l’étymologie de ce terme. Dia-logos : suppose que les deux partenaires utilisent les ressources du logos, c’est-à -dire de la raison. Aucun dialogue ne peut se construire sinon sur base d’une argumentation rationnelle. Or malgré les apparences, le discours du Nouvel Age est loin de toujours répondre aux exigences de la rationalité. Pour justifier ses contradictions internes, le ressortissant du Nouvel Age invoque un autre mode de connaissance, qui surpasserait la simple rationalité et qui ne serait accessible qu’aux seuls initiés, c’est-à -dire aux adeptes ayant atteint des états de conscience modifiés. Difficile dans ces conditions d’ouvrir un véritable dia-logue.
Logique ! Vous critiquez les positions chrétiennes à partir de vos axiomes ; du coup votre raisonnement vous apparaît « argumenté ». Mais ce serait une douce illusion de « croire » que votre argumentation est vierge de tout a priori ! Elle est tout aussi « dogmatique » que celle de votre interlocuteur. Le chrétien réfléchit également de manière argumentée, mais à partir de ses propres axiomes - qui ne sont pas les « mystères » mais le donné révélé, résumé dans les « dogmes ». Comme les deux axiomatiques ne se recoupent pas complètement, il est inévitable que les raisonnements n’aboutissent pas aux mêmes conclusions.
Lorsque le chrétien vous objecte que vous ne pouvez pas « comprendre parce que vous n’avez pas la foi », entendez : parce que vous ne partagez pas les principes de son raisonnement. Mais n’oubliez pas que la réciproque est tout aussi vraie.
Sommes-nous dès lors condamnés à ne pas pouvoir nous parler ? Pas du tout, car le dialogue suppose précisément qu’il y ait deux approches différentes qui confrontent leurs arguments, dans la conscience que chacun des systèmes de pensée se réfère à ses axiomes propres, qui ne sont que partiellement compatibles.