Rubriques
Vous devez telecharger le lecteur Flash et activer JavaScript dans votre navigateur.
Nous poursuivons notre enquête sur le démon à l’école de la Révélation, et après avoir consulté les Ecritures, nous jetons un regard sur la Tradition patristique et sur les documents du Magistère. La conclusion s’impose : « Le mal n’est pas seulement une déficience : il est le fait d’un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Il sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique celui qui refuse de le reconnaître pour existant, ou encore qui l’explique comme une pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et imaginaire des causes inconnues de nos misères » (Paul VI).
A en croire les auteurs spirituels, le diable n’a accès qu’à nos sens et notre imagination. Il n’a pas d’accès direct à nos facultés spirituelles – intelligence, volonté. Mais indirectement bien sûr il peut influencer ces dernières en jouant précisément sur notre imagination.
Il me semble que partout où l’homme se détruit, le diable n’est pas loin pour aggraver la situation. Si « la mort est entrée dans le monde par l’envie du diable » (Sg 2, 24), on peut en effet supposer qu’il fréquente aussi les voies qui conduisent à la mort. Certes nous sommes mortels et la maladie en tant que dégradation inévitable de notre corps, semble inévitable. Mais certaines maladies ne sont pas à vrai dire « naturelles », telles que les différentes formes d’autodestruction. Aussi peut-on penser que le démon rôde autour de l’homme qui s’engage sur ces chemins sans issue.
Mon Père,
Une question me tourmente depuis quelque temps. Comment peut-on dire que la damnation éternelle est un châtiment, puisqu’elle est censée être choisie librement ?
Quid du cas de la personne qui s’est donnée volontairement à Satan qui, en quelque sorte, s’est configurée à lui ? Un sataniste, qui désire profondément le face à face éternel avec Satan, peut-il redouter l’enfer ? N’y trouvera -t-il pas une certaine forme de bonheur, loin de la Trinité qu’il hait et méprise ? Je trouve étonnant que, au moment du jugement particulier, le même "tarif " soit appliqué à un "ami " de Satan et à une personne vertueuse, désireuse de rejoindre le Seigneur, qui aurait oublié de confesser un péché mortel commis des années auparavant ...
Cordialement,
Falk
L’âme après la mort verra clairement qu’elle est destinée à la vie divine ; que sa nature ne peut trouver son accomplissement en elle-même. Elle découvrira la vérité de ce mot de Saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cÅ“ur est sans repos tant qu’il ne repose en toi ». Même le sataniste découvrira que Satan n’est qu’un leurre, un menteur et qu’il a été dupé. C’est à ce moment que l’âme décide de sa destinée éternelle : soit elle consent à recevoir de Dieu le salut et la vie éternelle ; soit elle refuse et s’enferme dans son autonomie orgueilleuse, tout en sachant qu’elle choisit l’absurde d’une existence insensée, c’est-à -dire qui a perdu son sens.
De ce qui précède il apparaît qu’une personne qui a « oublié » de confesser un péché grave, ne saurait être vouée à l’enfer de la même manière que celle qui choisit délibérément de demeurer séparée de Dieu. Ne subit la peine du dam (séparation de Dieu) que celui qui la choisit délibérément, c’est-à -dire qui refuse délibérément le salut de Dieu.
Merci mon père pour la qualité de votre intervention. Je pense cependant que l’homme est capable d’un mauvais usage de sa liberté sans pour autant être à chaque fois influencé par le Démon dont je ne nie pas l’exixtence. Ceux qui nient son existence devraient me prouver qu’il n’existe pas. Je veux simplement dire que l’homme est un esprit libre et qu’il peut choisr librement de faire le mal sans pour autant rendre le Démon responsable de tous ses mauvais choix même si le premier s’est fait sous son influence.
Qu’en pensez-vous ?
Bonjour Père,
Les découvertes faites sur votre site sont toujours aussi intéressantes (de même que le livre "Lectio Divina" qui est un excellent soutien pendant ce temps de l’Avent). Je me permets de vous signaler que votre site ménage quelques surprises. Habituellement, je regardais "final-age" et j’ai mis quelque temps à réaliser qu’un nouveau site était proposé avec des vidéos tout aussi intéressantes. La semaine dernière, j’ai vu une vidéo sur l’expérience intérieure, qui était un peu plus longue que les autres et que je voulais revoir. Malheureusement, elle a disparu... Serait-il possible de signaler sur une page d’accueil les changements pour les visiteurs fidèles qui sont parfois déconcertés ? Pour le reste, je ne peux que vous remercier pour la qualité et la régularité des publications sur le site ! En vous souhaitant déjà une belle fête de Noël, je forme le voeu que les découvertes sur votre site restent aussi passionnantes en 2007.
Le Nouvel Age ne risque pas de s’encombrer d’un démon, puisqu’en bon naturalisme, il considère que tout ce qui existe est de nature divine. Autrement dit, pour le Nouvel Age le diable lui-même, s’il existe, doit nécessairement être divin. Cette position est cohérente pour un naturaliste. Mais elle ne s’impose pas à celui qui adhère à la doctrine de la création, celle-ci impliquant la liberté bien réelle des personnes – contrairement aux naturalismes qui réduisent l’individualité à une illusion.
Je tente de vous expliquer qu’une position peut vous paraître « simpliste » parce qu’elle sort de votre propre cadre de pensée. J’ai clairement défini mes références : la Révélation judéo-chrétienne. Vous semblez définir implicitement les vôtres : le naturalisme du Nouvel Age. Rien d’étonnant à ce que vous n’adhériez pas à mes propositions : je m’évertue précisément à montrer l’incompatibilité des deux voies. Merci de votre confirmation.
Quant à « évoluer », je ne suis pas de ceux qui pensent que le christianisme devrait évoluer vers le syncrétisme universel (la fameuse « religion mondiale ») qui est actuellement en gestation. Pour moi, la Révélation est accomplie en Jésus-Christ, et c’est vers lui que j’essaye d’avancer sur le chemin qu’il a tracé dans son Evangile.
Dernière remarque si je peux me permettre : l’animosité de votre intervention trahit que la question ne vous laisse pas indifférent, mais réveille en vous les passions de l’âme. Serait-ce que vous n’êtes pas aussi convaincu que vous voulez le paraître sur l’inexistence du démon ou sur sa réalité purement imaginaire ? :)
On ne peut contredire la psychanalyse car celui qui la contredit est aveuglé par ses resistances inconscientes... Donc, la psychanalyse est toujours vraie.
Il me semble que vous versez un peu là -dedans, mon Père. Si je contredis l’existence du diable c’est que je suis aveuglé par lui ou que, mes passions réveillées, je ne suis pas si sûr de ce que j’avance...
Le diable existe peut-être mais la façon dont vous voulez faire y croire relève un peu de l’obligation irréfutable... Intellectuellement, cela me paraît peu courtois et peu "honnête", disons, quelque soit d’ailleurs la qualité de votre intervention, que je ne nie pas.
(Je ne suis pas celui qui écrivais le premier message)
Vous me retournez l’argument de Karl Popper qui condamnait la psychanalyse parce qu’elle a réponse à tout, autrement dit : elle est irréfutable et donc non scientifique. Si mon seul argument avait été que ceux qui refusent de reconnaître l’existence du démon sont aveuglés par lui et prouvent par la négative son existence, vous auriez raison ! Mais si vous reprenez le développement que je propose, je commence par argumenter à partir des Ecritures, puis de la Tradition et enfin du Magistère, c’est-à -dire des trois piliers de la Révélation. Et je précise clairement que c’est sur cette base que je vais construire mon argumentation, puisqu’il s’agit d’une réflexion croyante.
Ce n’est qu’après avoir énoncé la conclusion (à savoir l’existence du démon sur base du donné révélé - démonstration qui ne vaut bien sûr que pour les croyants), que je poursuis en soulignant que la ruse du démon (dont l’existence semble établie) est effectivement de se cacher. Cette dernière partie sur les ruses du démon n’est pas une démonstration de l’existence du démon, mais part du présupposé qu’il existe. Votre réfutation ne porte donc pas.
Bonjour mon Père,
A propos de l’existence du Diable, je me garderais d’avoir un "à priori" excusable envers ceux et celles qui le nient, même si c’est dans l’air du temps. L’existence du Diable remettrait bien des choses en question et évincerait de suite le socle de l’édifice moderne. Trop gênant. Aussi "ils sont inexcusable" comme le dirait Saint-Paul, car toutes âmes d’intention droite recherche la vérité, et non pas ce qui flatte les penchants humains. Et le démon a beau ruser pour se cacher, Dieu - nous ayant fait libre - nous a donné les capacités de nous acheminer vers les mystères du monde invisible, pourrait-on dire, et de les connaître.
Soyons indulgent, mais pas naïf. L’homme a aussi sa part de responsabilité.
Bien à vous !
David-Georges
Cher ami, j’ai été très longuement en analyse (11 ans). J’étais croyant avant et je suis croyant après (catholique).
Plus de vingt ans après je réalise que si tout ce qu’observe ou interprète l’analyse (les analyses) est bien "vrai dans son ordre", il n’a jamais été dit pour autant que l’analyse était une "méthode d’expérience spirituelle" parce qu’elle n’est pas - par méthode - la confontation, l’ouverture à un Autre transcendant.
L’analyse est plutôt une méthode qui repose sur la capacité auto-suffisante du couple analysant/analysé. Que vous le vouliez ou non, cette "auto-suffisance méthodique" équivaut à s’exclure - souvent - de toute expérience spirituelle authentique.
C’est pourquoi il est bien possible que dans la psychanalyse on ne rencontre ni Dieu, ni diable, ni d’autres expériences "d’illusions" décrites dans d’autres types de méditations orientales, pas trop appréciées par le P. Verlinde. Gagarine non plus n’avait pas vu Dieu, mais ce n’était pas le premier objectif de sa mission !