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Peut-on réduire les références au diable dans le Nouveau Testament à une influence de la littérature juive intertestamentaire ? Satan appartient-il aux représentations mythiques chargées de personnaliser les tendances négatives du cœur de l’homme ? Ou bien faut-il y voir une réalité ontologique, un ange déchu, qui tente d’entraîner l’homme à sa suite ?
Les Écritures ne semblent pas laisser de doute quant à la réalité du démon : les Evangiles et les lettres de Saint Paul convergent pour donner un « poids » ontologique à ce triste sire.
Mon Père,
Il est possible que la réponse à ma question se trouve dans la vidéo. Mais je ne suis pas parvenu (pour des raisons techniques)à la regarder jusqu’au bout.
Ma question : j’ai lu que la révolte de Satan était du à son refus de servir le Christ, Dieu fait homme donc, quelque part, Dieu infiniment plus bas que les anges dans la hiérarchie des êtres...
Ceci voudrait donc dire que, si Dieu ne s’était pas incarné, le Mal ne serait pas entré dans le monde.
Mais alors, comment comprendre que Dieu est venu sur Terre pour sauver l’Humanité ? C’est le serpent qui se mord la queue, si je peux m’exprimer ainsi ...
En vous remerciant d’avance.
Cordialement,
F.
« Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour,déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ » (Ep 1, 3-5).
Le dessein éternel de Dieu était de « tout récapituler dans le Christ ». Aussi la création était-elle en vue de l’incarnation du Verbe, qui en s’unissant à la créature, l’introduisait dans la sphère divine, afin de la « rendre participante de la nature divine » (2 P 1, 4). Autrement dit, même sans le péché, le Verbe se serait incarné pour « épouser » la création de Dieu son Père. Un Père de l’Orient écrivait : « Dieu en créant contemplait son Fils afin de lui préparer une Epouse qui soit digne de lui ». Il est vrai que le péché a compromis non pas le dessein de Dieu, mais la manière paisible dont il aurait du se dérouler. Le péché n’est donc pas la « cause » de l’incarnation, mais la raison de son caractère dramatique, le Verbe acceptant d’assumer notre condition humaine jusque dans notre mort afin de nous entraîner dans sa vie.
Le manichéisme - qui met aux origines deux principes d’égale puissance, l’un mauvais et l’autre bon - a toujours été condamné comme une hérésie par l’Eglise. Pour la Tradition judéo-chrétienne, « au commencement » il n’y a que le Créateur, qui est bon et appelle à l’existence une création qui est bonne. Mais la liberté des êtres spirituels – les purs esprits que sont les anges, et les esprits incarnés que nous sommes – est bien réelle. Aussi peuvent-ils refuser le plan d’amour de Dieu et se révolter contre lui. L’Eglise a à plusieurs reprises défini que le démon était au commencement un être bon lui aussi, mais qui s’est dévoyé par un mauvais usage de sa liberté. Il n’y a donc pas de dualisme dans la proposition judéo-chrétienne.
Quant à la toute-puissance de Dieu et à sa bonté, elles se révèlent dans sa miséricorde, manifestée en Jésus-Christ, qui vient offrir aux hommes égarés un chemin de retour vers Dieu son Père et notre Père.
Pour moi, Père, nul doute qu’il existe, sans vouloir forcément le diaboliser quand bien même il n’est pas toujours facile de l’identifier.
L’occultation de la puissance des ténèbres chez certains de nos contemporains tient certainement au fait que ces derniers n’ont pas envie de le combattre et préfèrent croire à une certaine forme de pensée magique ou de douce illusion qui laisserait supposer que tout est OK, le bien comme le mal ... C’est dans l’air du temps !
Si je le "gère" en le refoulant, il n’est pas pour autant absent, si je lui donne du crédit et me défoule, il se délecte, la vigilance s’impose donc, question d’habitude et puis je ne veux le mal ni pour mon prochain ni pour moi, donc je ne peux pas faire comme s’il n’existait pas.
Chacun sait faire la différence entre le bien et le mal donc je ne vois pas pourquoi il serait un mythe, lorsqu’on lit les écrits de San Pio da Pietrelcina, comment pourrait-on en douter ?
Je vous remercie Père pour ce "sujet qui fâche", je le dis avec humour, forcément qu’il fâche ce sujet, étant donné qu’il nous force à nous réveiller au lieu de nous endormir et c’est "temps" mieux ...
Je me dois de me réconcilier avec tous ceux qui m’ont enseigné l’étude des passions et des phénomènes car c’est grâce à cette approche que je suis parvenue à éduquer mon regard et à identifier certaines de ses facettes, pas toutes, loin s’en faut, j’ignorais jusqu’à son existence, c’est dire l’emprise qu’il avait sur moi et vous le savez Père, vous qui connaissez mon histoire. Ce qui compte, c’est que le Seigneur Jésus Christ est là et que je peux toujours lui faire confiance, envers et contre tout, ainsi qu’aux frères et soeurs dont la vocation est de prier.
Merci de nous partager votre opinion, mais il serait bon d’argumenter vos affirmations. Lorsque vous dites que votre proposition est celle de Jésus, je crois qu’il faudrait vraiment justifier votre propos, car dans la vidéo je prouve le contraire, à savoir qu’il est très difficile, à partir des Evangiles, de prétendre que Jésus ne considère pas le diable comme une réalité ontologique !
Par contre je suis bien d’accord que l’étymologie du terme dia-bolos est significative : le diable nous sépare des autres par la haine et nous coupe de notre source et de notre fin en Dieu. Le meilleur antidote est effectivement l’amour de charité, qui unit là ou le démon divise. Mais il n’est pas besoin de nier la réalité de ce triste sire pour soutenir cette thèse.