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La tolérance semble être devenue la valeur suprême dans notre société : au-delà du Bien et du Vrai, règne, majestueuse, normative, la Tolérance. Pourtant, le terme lui-même renvoie implicitement à une règle, une loi, un contenu précis : ainsi la tolérance dans le domaine de la limitation de vitesse est de 10% par rapport à la vitesse indiquée sur le panneau de circulation. Une tolérance absolue, c’est-à -dire qui n’est pas relative à un contenu précis, est tout simplement contradictoire, à moins de supposer implicitement un relativisme éthique et gnoséologique. Auquel cas, l’absolutisation de la tolérance est un voile jeté sur une subtile « dictature du relativisme » (Benoît XVI) qui évite de s’avouer au grand jour. Si une tolérance « 0 » est en effet un signe d’intolérance, la prétendue tolérance « 100 % » est un mensonge qui cache mal une idéologie bien plus intolérante encore.
Voilà pour moi une analyse simpliste de la tolérance. D’abord l’exemple de la vitesse routière est un mauvais exemple. On peut parfaitement imaginer un système à vitesse recommandée et à vitesse limitée au delà de laquelle la tolérance serait 0. La tolérance s’exercant relativement entre les deux en fonction des conditions de circulation. Mais il faudra de toutes façon une vitesse maximale autorisée (dans la mesure où par exemple aucun de nous n’est capable d’une maîtrise suffisante de son véhicule au delà de 120-130km/h). Il en va ainsi dans le champ de la vie sociale où existe ce qui est permis, toléré et interdit. Ce qui est toléré est l’espace de jeu qui fait que la société n’est pas bloquée dans le seul rapport permis/interdit. C’est en mécanique une obligation pour tous les mécanismes en mouvement (sinon il n’y a pas de place pour la goutte d’huile). Dans le domaine des idées religieuses, philosophiques, morales, politiques... il en va différemment. Toutes les idées sont à priori recevables. Il est "social" de les écouter, de les comprendre, si possible de les entendre (au sens d’entendement qui est différent de compréhension)... mais chacun doit avoir le droit - c’est même peut être aussi un devoir - de les accepter ou rejeter pour lui même. Un système tel qu’il obligerait à faire sienne telle ou telle idée ne serait que totalitaire. Ainsi, la tolérance est le "devoir" citoyen par excellence qui découle de la laïcité à la française et qui fait, mon très cher père, que vous pouvez exercer librement votre ministère (et même quelques fois en abuser dans vos propos) sans que moi qui ne partage pas vos idées ait droit ni de vous l’interdire ni d’exiger de vous un droit de réponse que vous avez d’ailleurs autocratiquement bloqué (ce qui est votre droit). C’est aussi ce qui fait que chrétien et catholique j’adhère totalement au Crédo mais que je récuse le principe d’infaillibilité. Ou que je ne confonds pas l’Eglise - assemblée des fidèles - et l’église - organisation humaine - et ses logiques d’appareil. Pour finir je voudrais bien savoir où l’on trouve une équivalence tolérance=licence ?
Paul
Merci d’avoir publié mon post. Pour ma part je préfère une réponse "théoriquement correcte" à une réponse "politiquement correcte".
Sachant que votre site est parmi les plus modérés parcourez donc les sites chrétiens de la toile et vous comprendrez pourquoi beaucoup de chrétiens sont pris pour intolérants. Sont-ils d’ailleurs chrétiens ?
Dès lors qu’une église (ou toute autre institution) se structure autour d’un système de valeurs portées par une hiérarchie il y a dichotomie entre la masse (ici l’Eglise) et la structure (ici l’église). Et le propre des structures c’est toujours de dire plus de bien et plus de droit (lire le NDC) que n’en produit la masse elle même. On appelle ça le cléricalisme. Dont l’infaillibilité ??? Que je sache l’église n’a rien d’un système démocratique.
Pour beaucoup de chrétien le rapport de l’Eglise au Christ est évident et très différent de ce qu’en enseigne la structure (église). Mais bon écrire ça c’est schismatique, hérétique du point de vue de la structure. Pourtant ça pourrait peut être expliquer bien des choses.
Paul