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La foi est une intuition spirituelle de la présence de Dieu au fond de nos cÅ“urs. Il ne s’agit pas d’une expérience produite par les sens - pas même les sens dits « subtils » éveillés par les rituels initiatiques. Il ne s’agit pas d’une expérience psychique dont l’objet serait donné par l’intelligence ou l’imagination. Il ne s’agit pas non plus de la simple expérience de notre intériorité. L’expérience de foi est l’intuition spirituelle de l’Altérité divine qui nous donne à chaque instant d’exister en tant que sujet personnel. Cette expérience est médiatisée par la Parole, par et dans laquelle le Père nous appelle à une communion d’amour dans l’Esprit Saint. Jésus est le chemin de cette découverte de notre vérité intérieure qui conduit à la Source de la Vie.
Un prêtre vivant en Inde s’est converti à l’hindouisme. Il a dit qu’il continuerait son exploration de l’ « unité » des religions, il est resté imperturbable devant les conséquences que sa conversion pourrait avoir sur sa prêtrise.
Il a déclaré : « Je ne fais rien mal ici. Je me suis converti à l’hindouisme parce que c’est la religion locale. Et la pratique de l’hindouisme n’est nullement incompatible avec ma foi dans Christ. Le besoin de célébrer Dieu aussi dans des formes inhumaines est considéré comme « peu chrétien » alors que Jésus lui-même est représenté comme un agneau dans la Bible. Après tout, Dieu n’est pas humain, il est le Dieu de toute la création. L’important est que nous devons avoir un symbole".
Il a dit que sa connaissance de l’hindouisme l’avait aidé à mieux comprendre le christianisme.
« Vous avez vu dans ma pièce de prière, les images de Krishna enfant avec sa mère et de Jésus enfant sur les genoux de Marie ? Comment alors pouvons nous dire que les convictions hindoues sont incompatibles avec celles des chrétiens »
Bonjour Père Verlinde, Merci pour vos réponses... Il fait du bien de vous lire, j’apprends... et cela m’invite à aller plus loin. Je constate que l’ignorance de nos croyances en tant que chrétiens peut nous jouer des tours et peut prêter à différentes interprétations... Je me sens ignorante dans ce domaine mais mon désir est grand d’avancer. J’entends beaucoup de personnes qui semblent dire ceci : "que toutes les religions se valent et que la religion du christianisme n’apporte rien de plus qu’une autre... L’important c’est que la personne y trouve son bonheur... Ça dépend de nos besoins. C’est à chacun sa vérité, la religion catholique ne rend pas plus heureux. L’important c’est d’être bien dans la religion qu’on pratique ou bien dans nos croyances, peu importe le Dieu auquel on réfère."
Je ne sais quoi dire devant ces propos. Alors ma question : Moi, je crois que Jésus est le chemin pour arriver au Père... et cela me rend heureuse mais les autres personnes qui n’y croient pas semblent heureuses aussi. C’est quoi le plus pour un chrétien dans sa foi catholique... ? Il se sait sauver mais les autres aussi se savent sauvées. Qu’en pensez-vous et merci de m’éclairer dans la toute simplicité de ma foi. Merci, Nathalie
A vrai dire, le terme « sauvé » n’a pas le même sens pour un chrétien et pour un non-chrétien. Pour celui qui croit en Jésus-Christ Seigneur et Sauveur, le salut consiste à être restauré à l’image et à la ressemblance de Dieu, de manière à pouvoir entrer en relation d’amour avec lui - et même à pouvoir vivre en communion d’amour en lui, participant à sa propre vie divine (2 P 1, 4). Nous croyons en effet que l’homme, tombé dans le péché par une détermination de sa liberté, est réconcilié avec Dieu le Père par notre Seigneur Jésus-Christ, qui a offert en notre nom à tous un sacrifice d’amour qui est « plus éloquent que le sang d’Abel » (He 12, 24). Mais cette conception du salut implique que nous acceptions la notion de péché, c’est-à -dire d’offense envers un Dieu personnel, de rupture d’Alliance, de trahison de l’Amour toujours premier de notre Créateur, qui nous appelait de toute éternité à une destinée de gloire, dans le partage de son Esprit Saint.
Il est clair que les traditions qui se développent sur un horizon naturaliste (et ne reconnaissent donc pas la distinction Créateur-créature) ne peuvent intégrer la notion de péché, puisque l’homme serait divin par nature. Nul besoin dans ce cas d’un Sauveur : tout au plus d’un Frère Aîné sur le chemin de la réalisation de sa propre nature divine.
En quoi notre bonheur de croire en l’Evangile est-il « supérieur » (pour autant que nous puissions nous risquer à une évaluation de ce type !) aux autres croyances ? Je dirai : parce que la doctrine chrétienne nous révèle la vérité sur Dieu et sur l’homme, sur le sens de notre vie, sur la raison d’être de notre existence. Et que la vérité rend libre, qu’elle est source de bonheur, de paix, de plénitude.
Vous parlez de la foi qui est l’intuition de la présence de Dieu au fond de nos coeur, de l’intuition de l’altérité divine, alors je vous demande y aurait-il que les chrétiens qui aient le monopole de cette expérience de la présence de Dieu ?
Dieu ou l’Esprit saint n’est il pas universel ? ou selon vous ne se manifesterait-il que dans le coeur des chrétiens ? Ce que je veux dire, ce n’est pas parce que l’on ne reconnait pas Jésus comme médiateur, que l’on ne peut avoir l’expérience de la foi, c’est à dire de la présence du Dieu personnel au fond de son coeur, ni de l’altérité divine.
Nos croyances peuvent changer, mais la vérité elle ne varie pas en fonction de nos croyances. Si pour les chrétiens Jésus est le seul médiateur, cette vérité n’est pas universellement reconnue, mais l’expérience intérieure de la foi elle, est universelle.
Si vous affirmez que seuls les chrétiens peuvent rencontrer Jésus, je ne vous démentirai pas, mais même si l’on admet que Jésus est divin, Dieu ne peut être limité à Jésus. On peut se mettre des oeillères tant qu’on voudra, cette vérité parait évidente.
Bien sûr c’est la position d’un non chrétien, mais c’est ça aussi le dialogue, puisque votre forum veut inviter au dialogue.
Voici mon point de vue de chrétienne pratiquante.
La foi est toujours foi en quelque chose et l’objet de la foi chrétienne est la parole du Christ contenue dans les Evangiles. On ne peut pas passer outre la primauté de cette Parole-là . Evidemment, cela suppose qu’on ait été éduqué, par le catéchisme par exemple. Mais cet enseignement n’est pas une initiation. Les Evangiles tirent leur crédibilité du caractère subversif de ce qu’ils énoncent : contre les égoïsmes de classe, contre les violences dont l’objet est toujours le maintien de privilèges.
Bonjour Père Verlinde, J’aime vous entendre et vous lire sur ce sujet concernant la foi... Ça devient pour moi une expérience spirituelle, si je puis l’exprimer ainsi. Cela me réchauffe le coeur de me savoir habitée par un Dieu qui est Père, Fils et Esprit. Je vous livre ma souffrance : une foi si belle, si riche qui m’appelle à tant de liberté et qui pourtant est si ignorée, abandonnée... Cette foi en un Dieu qui se révèle comme un Père au profit d’un Dieu dit cosmique, Dieu énergie.
Que dire à une personne qui exprime ceci : Entrer en relation avec Dieu de Jésus-Christ ou avec mon Dieu énergie, prier l’un ou l’autre, rien ne change car il n’y a qu’un Dieu qui donne toute l’énergie, qui est la source de tout. Prier Dieu de Jésus-Christ n’apporte rien de plus ?
Merci de vous, Père Verlinde... Jeanne