Le diable : mythe ou réalité ? (2)

Nous poursuivons notre enquête sur le démon à l’école de la Révélation, et après avoir consulté les Écritures, nous jetons un regard sur la Tradition patristique et sur les documents du Magistère. La conclusion s’impose : « Le mal n’est pas seulement une déficience : il est le fait d’un être vivant, spirituel, perverti et pervertisseur. Il sort du cadre de l’enseignement biblique et ecclésiastique celui qui refuse de le reconnaître pour existant, ou encore qui l’explique comme une pseudo-réalité, une personnification conceptuelle et imaginaire des causes inconnues de nos misères » (Paul VI).

21 réponses à “Le diable : mythe ou réalité ? (2)”

  1. Anonyme
    5 décembre 2006 à 16 h 37 min #

    vous êtes encore plus supersticieux, et simpliste que je ne le pensais et vous critiquez le nouvel âge ? La seule réalité du diable est celle que vous lui donnez ! et au père noël vous y croyez ? Mais évoluez donc un peu que diable !

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 décembre 2006 à 15 h 30 min #

      Le Nouvel Age ne risque pas de s’encombrer d’un démon, puisqu’en bon naturalisme, il considère que tout ce qui existe est de nature divine. Autrement dit, pour le Nouvel Age le diable lui-même, s’il existe, doit nécessairement être divin. Cette position est cohérente pour un naturaliste. Mais elle ne s’impose pas à celui qui adhère à la doctrine de la création, celle-ci impliquant la liberté bien réelle des personnes – contrairement aux naturalismes qui réduisent l’individualité à une illusion.

      Je tente de vous expliquer qu’une position peut vous paraître « simpliste » parce qu’elle sort de votre propre cadre de pensée. J’ai clairement défini mes références : la Révélation judéo-chrétienne. Vous semblez définir implicitement les vôtres : le naturalisme du Nouvel Age. Rien d’étonnant à ce que vous n’adhériez pas à mes propositions : je m’évertue précisément à montrer l’incompatibilité des deux voies. Merci de votre confirmation.

      Quant à « évoluer », je ne suis pas de ceux qui pensent que le christianisme devrait évoluer vers le syncrétisme universel (la fameuse « religion mondiale ») qui est actuellement en gestation. Pour moi, la Révélation est accomplie en Jésus-Christ, et c’est vers lui que j’essaye d’avancer sur le chemin qu’il a tracé dans son Evangile.

      Dernière remarque si je peux me permettre : l’animosité de votre intervention trahit que la question ne vous laisse pas indifférent, mais réveille en vous les passions de l’âme. Serait-ce que vous n’êtes pas aussi convaincu que vous voulez le paraître sur l’inexistence du démon ou sur sa réalité purement imaginaire ? :)

      • Gaëtan
        11 décembre 2006 à 15 h 52 min #

        On ne peut contredire la psychanalyse car celui qui la contredit est aveuglé par ses resistances inconscientes… Donc, la psychanalyse est toujours vraie.

        Il me semble que vous versez un peu là-dedans, mon Père. Si je contredis l’existence du diable c’est que je suis aveuglé par lui ou que, mes passions réveillées, je ne suis pas si sûr de ce que j’avance…

        Le diable existe peut-être mais la façon dont vous voulez faire y croire relève un peu de l’obligation irréfutable… Intellectuellement, cela me paraît peu courtois et peu « honnête », disons, quelque soit d’ailleurs la qualité de votre intervention, que je ne nie pas.

        (Je ne suis pas celui qui écrivais le premier message)

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          16 décembre 2006 à 15 h 56 min #

          Vous me retournez l’argument de Karl Popper qui condamnait la psychanalyse parce qu’elle a réponse à tout, autrement dit : elle est irréfutable et donc non scientifique. Si mon seul argument avait été que ceux qui refusent de reconnaître l’existence du démon sont aveuglés par lui et prouvent par la négative son existence, vous auriez raison ! Mais si vous reprenez le développement que je propose, je commence par argumenter à partir des Ecritures, puis de la Tradition et enfin du Magistère, c’est-à-dire des trois piliers de la Révélation. Et je précise clairement que c’est sur cette base que je vais construire mon argumentation, puisqu’il s’agit d’une réflexion croyante.

          Ce n’est qu’après avoir énoncé la conclusion (à savoir l’existence du démon sur base du donné révélé – démonstration qui ne vaut bien sûr que pour les croyants), que je poursuis en soulignant que la ruse du démon (dont l’existence semble établie) est effectivement de se cacher. Cette dernière partie sur les ruses du démon n’est pas une démonstration de l’existence du démon, mais part du présupposé qu’il existe. Votre réfutation ne porte donc pas.

          • Athleta Christi
            20 décembre 2006 à 7 h 40 min #

            Bonjour mon Père,

            A propos de l’existence du Diable, je me garderais d’avoir un « à priori » excusable envers ceux et celles qui le nient, même si c’est dans l’air du temps. L’existence du Diable remettrait bien des choses en question et évincerait de suite le socle de l’édifice moderne. Trop gênant. Aussi « ils sont inexcusable » comme le dirait Saint-Paul, car toutes âmes d’intention droite recherche la vérité, et non pas ce qui flatte les penchants humains. Et le démon a beau ruser pour se cacher, Dieu – nous ayant fait libre – nous a donné les capacités de nous acheminer vers les mystères du monde invisible, pourrait-on dire, et de les connaître.

            Soyons indulgent, mais pas naïf. L’homme a aussi sa part de responsabilité.

            Bien à vous !

            David-Georges

        • charles
          19 décembre 2006 à 11 h 43 min #

          Cher ami, j’ai été très longuement en analyse (11 ans). J’étais croyant avant et je suis croyant après (catholique).

          Plus de vingt ans après je réalise que si tout ce qu’observe ou interprète l’analyse (les analyses) est bien « vrai dans son ordre », il n’a jamais été dit pour autant que l’analyse était une « méthode d’expérience spirituelle » parce qu’elle n’est pas – par méthode – la confontation, l’ouverture à un Autre transcendant.

          L’analyse est plutôt une méthode qui repose sur la capacité auto-suffisante du couple analysant/analysé. Que vous le vouliez ou non, cette « auto-suffisance méthodique » équivaut à s’exclure – souvent – de toute expérience spirituelle authentique.

          C’est pourquoi il est bien possible que dans la psychanalyse on ne rencontre ni Dieu, ni diable, ni d’autres expériences « d’illusions » décrites dans d’autres types de méditations orientales, pas trop appréciées par le P. Verlinde. Gagarine non plus n’avait pas vu Dieu, mais ce n’était pas le premier objectif de sa mission !

  2. anne schillings
    7 décembre 2006 à 17 h 37 min #

    Bonjour Père,

    Les découvertes faites sur votre site sont toujours aussi intéressantes (de même que le livre « Lectio Divina » qui est un excellent soutien pendant ce temps de l’Avent).
    Je me permets de vous signaler que votre site ménage quelques surprises. Habituellement, je regardais « final-age » et j’ai mis quelque temps à réaliser qu’un nouveau site était proposé avec des vidéos tout aussi intéressantes. La semaine dernière, j’ai vu une vidéo sur l’expérience intérieure, qui était un peu plus longue que les autres et que je voulais revoir. Malheureusement, elle a disparu…
    Serait-il possible de signaler sur une page d’accueil les changements pour les visiteurs fidèles qui sont parfois déconcertés ?
    Pour le reste, je ne peux que vous remercier pour la qualité et la régularité des publications sur le site !
    En vous souhaitant déjà une belle fête de Noël, je forme le voeu que les découvertes sur votre site restent aussi passionnantes en 2007.

  3. Dominique GRAS
    19 décembre 2006 à 22 h 09 min #

    Merci mon père pour la qualité de votre intervention. Je pense cependant que l’homme est capable d’un mauvais usage de sa liberté sans pour autant être à chaque fois influencé par le Démon dont je ne nie pas l’exixtence. Ceux qui nient son existence devraient me prouver qu’il n’existe pas. Je veux simplement dire que l’homme est un esprit libre et qu’il peut choisr librement de faire le mal sans pour autant rendre le Démon responsable de tous ses mauvais choix même si le premier s’est fait sous son influence.

    Qu’en pensez-vous?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      23 décembre 2006 à 13 h 55 min #

      Je vous rejoins totalement. Je peux être cause d’un mal par ignorance non coupable, par erreur de jugement, ou par un choix délibéré. Si je fais le mal consciemment et librement, je porte la responsabilité de cet acte, que je n’ai pas à imputer au démon. Mais il est possible – et même probable – qu’il ne soit pas étranger à cette chute, soit qu’il l’ait instiguée (tentation), soit qu’il en ait favorisé le cours. Le démon rôde nous dit Saint Pierre, « cherchant qui dévorer » (1 P 5, 8) ; partout où l’homme se détruit, se coupe de Dieu, le dia-bolos n’est pas loin. Au point que les Pères du désert attribuaient chaque tentation à l’action d’un démon particulier.

      • Dominique GRAS
        23 décembre 2006 à 21 h 40 min #

        Merci mon Père de m’avoir répondu. je pense que le démon peut-être l’instigateur d’une tentation, cependant je pense que l’homme reste libre de son choix (hormis peut_être les cas particuliers de possesion) et porte bien la responsabilité de faire le mal quand c’est un chox délibéré.
        Je pense qu’il ne faut pas déresponsabiliser l’homme au profit du démon.

      • Judith Colombelli
        26 décembre 2006 à 7 h 27 min #

        « Au point que les Pères du désert attribuaient chaque tentation à l’action d’un démon particulier. »
        Merci Père pour cette évocation des tentations à la lumière des Pères du désert qui ne manque pas de retenir mon intérêt et de me redonner de l’espoir ce matin, cela montre la miséricorde infinie de Dieu, son amour infini, le fait que nous ayons été créés à son image indique que nous ne pouvons qu’être bons avant le péché. Pardonnez-moi pour ce commentaire non exégètique, « j’y trouve mon compte » dans la mesure où cela me redonne du courage pour ne pas céder justement à certaines tentations comme celle de ne plus espérer ni croire …
        Je pense également qu’il n’y a aucun laxisme là-dedans comme d’aucuns pourraient le penser, ceux qui ne connaîssent peut-être pas certains tourments de l’âme ! Par pitié, arrêtons de juger notre prochain, notre vue ne pouvant qu’être déformée par ces mêmes passions dont malheureusement nous ne pouvons pas faire l’économie mais que nous pouvons identifier et remettre à leur place si nous adoptons le regard qu’Il ne demande qu’à nous donner.

  4. François-Régis
    21 décembre 2006 à 9 h 06 min #

    Une des joies du démon est de vous faire croire qu’il n’existe pas… apparemment il réussi pour certains…

  5. François-Régis+
    24 décembre 2006 à 7 h 35 min #

    Père, c’est en recherchant une aide sur une homélie, je suis diacre en vue du Sacerdoce, que j’ai découvert cette vidéo sur le démon que je trouve très intéressante.
    Je vous en remercie et suis heureux de voir que cela fait réagir certaines personnes… cela prouve que le démon dérange et tant mieux donc essayons de le combattre avec l’aide de Notre Seigneur JC!
    Bonnes fêtes de Noël, Sainte et heureuse année 2007. Serait-il possible que vous fassiez quelque chose sur la vocation Sacerdotale dans le genre célibat et sacerdoce ou autre? MERCI François-Régis+

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      24 décembre 2006 à 7 h 47 min #

      Avec joie !
      Mes meilleurs voeux à vous aussi : que l’Enfant de la crêche vous comble, vous et tous ceux qui fréquentent notre site, de sa Paix et de sa Joie dans l’Esprit !

      • Hauuy
        30 décembre 2006 à 16 h 56 min #

        C’est du fond du coeur que je vous présente mes meilleurs Voeux, que cette nouvelle année soit celle du Nouvel Homme en chacun de nous, nous préserve dans la confiance, nous garde en santé, nous maintienne dans l’harmonie et la joie partagée. Un grand merci au Père Verlinde qui sait nous ouvrir le coeur et l’esprit.Pérénité à son site !

  6. Falk
    1 janvier 2007 à 22 h 57 min #

    Mon Père,

    Une question me tourmente depuis quelque temps. Comment peut-on dire que la damnation éternelle est un châtiment, puisqu’elle est censée être choisie librement ?

    Quid du cas de la personne qui s’est donnée volontairement à Satan qui, en quelque sorte, s’est configurée à lui ? Un sataniste, qui désire profondément le face à face éternel avec Satan, peut-il redouter l’enfer ? N’y trouvera -t-il pas une certaine forme de bonheur, loin de la Trinité qu’il hait et méprise ? Je trouve étonnant que, au moment du jugement particulier, le même « tarif  » soit appliqué à un « ami  » de Satan et à une personne vertueuse, désireuse de rejoindre le Seigneur, qui aurait oublié de confesser un péché mortel commis des années auparavant …

    Cordialement,

    Falk

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      6 janvier 2007 à 15 h 46 min #

      L’âme après la mort verra clairement qu’elle est destinée à la vie divine ; que sa nature ne peut trouver son accomplissement en elle-même. Elle découvrira la vérité de ce mot de Saint Augustin : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi ». Même le sataniste découvrira que Satan n’est qu’un leurre, un menteur et qu’il a été dupé. C’est à ce moment que l’âme décide de sa destinée éternelle : soit elle consent à recevoir de Dieu le salut et la vie éternelle ; soit elle refuse et s’enferme dans son autonomie orgueilleuse, tout en sachant qu’elle choisit l’absurde d’une existence insensée, c’est-à-dire qui a perdu son sens.

      De ce qui précède il apparaît qu’une personne qui a « oublié » de confesser un péché grave, ne saurait être vouée à l’enfer de la même manière que celle qui choisit délibérément de demeurer séparée de Dieu. Ne subit la peine du dam (séparation de Dieu) que celui qui la choisit délibérément, c’est-à-dire qui refuse délibérément le salut de Dieu.

      • pax
        7 février 2007 à 13 h 26 min #

        Père,
        Il me semble que le fait d’affirmer systématiquement que l’âme choisit l’enfer ou le paradis en definitive est un danger qui pourrait faire penser que au dernier moment il suffira par exemple de choisir Dieu pour être sauvé. Or dans les écritures le Christ a bien prévenu que certains lui diront qu’ils ont chassé les démons ou prophétisé en son nom (en passant le christ parle bien de CHASSER les démons donc satan existe bel et bien !). Il a affirmé qu’il leur dira « je ne vous connais pas otez vous de moi vous qui commettez l’iniquité. » Il a même dit que certains seront jetés dehors ! Cela ne ressemble en rien à une sorte de choix qu’il faudra faire. Le choix, c’est de notre vivant qu’il faut le faire puisqu’après c’est le jugement (et non pas le dernier choix).
        De plus, si il y a « des pleurs et des grincement de dents en enfer », il n’y a pas de possibilité de choix puisque le choix se fera en connaissance de cause. Il me semble peu probable que l’orgueil devienne aussi démesuré dans l’au-delà au point qu’il occulte la lâcheté naturelle qui ferait chacun fuir le chatiment. On choisirait donc son chatiment ETERNEL et on pleurerait ensuite ? on serait au désespoir ? A mon humble avis c’est maintenant qu’il faut choisir Dieu apres il est trop tard (parabole des vierges et des lampes à huile). Pouvez vous me dire ce que vous en pensez ?

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          17 février 2007 à 14 h 39 min #

          Vous avez raison de dire que c’est maintenant que nous décidons de notre destinée éternelle ; car au moment de la mort, certes, nous paraîtrons devant Dieu et nous aurons à poser un ultime choix ; mais ce dernier sera inévitablement la conséquence logique de tous nos choix antérieurs. Si nous avons refusé la main tendue du Seigneur tout au long de notre vie, nous risquons fort d’être tellement refermés sur notre suffisance que nous n’aurons plus la liberté intérieure de le choisir. Peut-être même serons-nous incapables de discerner la présence de Dieu nous offrant une ultime chance de salut ? Il se pourrait que nous soyons tellement centrés sur nous-mêmes, que notre regard ne puisse même plus se lever vers Celui qui nous fait face ! Ou pour le dire autrement encore : que nous soyons devenus aveugle à la Lumière et dès lors incapables de la choisir.

  7. Joseph VERHAEGHE
    17 février 2007 à 0 h 04 min #

    D’accord, il y a le diable qui nous attire par le côté mauvais de notre âme. Parait-il, le diable ne peut-entrer en notre âme sans notre permission. Nous conservons notre liberté.
    Si le diable se déguise pour séduire. On le reconnaît à ses fruits mauvais.
    Mais quels sont les capacités du diable ? Certaines maladies paraissent ou pourraient être le fait du malin. Douleur, détournement du prochain, repli sur la douleur, destestation de soi et désir de mort. Et dans l’évangile, on parle de possession.

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      17 février 2007 à 15 h 02 min #

      A en croire les auteurs spirituels, le diable n’a accès qu’à nos sens et notre imagination. Il n’a pas d’accès direct à nos facultés spirituelles – intelligence, volonté. Mais indirectement bien sûr il peut influencer ces dernières en jouant précisément sur notre imagination.

      Il me semble que partout où l’homme se détruit, le diable n’est pas loin pour aggraver la situation. Si « la mort est entrée dans le monde par l’envie du diable » (Sg 2, 24), on peut en effet supposer qu’il fréquente aussi les voies qui conduisent à la mort. Certes nous sommes mortels et la maladie en tant que dégradation inévitable de notre corps, semble inévitable. Mais certaines maladies ne sont pas à vrai dire « naturelles », telles que les différentes formes d’autodestruction. Aussi peut-on penser que le démon rôde autour de l’homme qui s’engage sur ces chemins sans issue.