Le diable : mythe ou réalité ? (1)


Peut-on réduire les références au diable dans le Nouveau Testament à une influence de la littérature juive intertestamentaire ? Satan appartient-il aux représentations mythiques chargées de personnaliser les tendances négatives du cœur de l’homme ? Ou bien faut-il y voir une réalité ontologique, un ange déchu, qui tente d’entraîner l’homme à sa suite ?

Les Écritures ne semblent pas laisser de doute quant à la réalité du démon : les Evangiles et les lettres de Saint Paul convergent pour donner un « poids » ontologique à ce triste sire.

16 réponses à “Le diable : mythe ou réalité ? (1)”

  1. humilité
    19 novembre 2006 à 20 h 40 min #

    Bonjour Père ,
    Réalité ontologique ? je le suppose . le livre de Job n’en témoigne -t-il pas ? Réalité ontologique ? probablement , à condition de considérer satan comme un adversaire et d’oser lui faire face avec le Christ comme Epée . Car le propre de l’adversaire n’est-il pas cet obstacle posé devant nous pour susciter en nous la force de le dépasser ?
    Tu es ma lampe Seigneur et tu éclaires mes ténèbres . Ton Amour est ma lumière et ta Vérité mon épée .Et si je dois rencontrer le diable , si ma foi doit être éprouvée , puissé -je garder par ta Grâce le regard de mon coeur amarré à Ta Divine Présence. Amen

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 décembre 2006 à 14 h 41 min #

      Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre ; aussi je voudrais simplement insister sur le fait que le démon, dans la tradition chrétienne, est un être de nature angélique, et donc intelligent et libre. Il est certes un « obstacle sur ma route », mais pas comme nous dirions une épreuve à surmonter. Il est l’adversaire qui essaye de me détourner de ma finalité en Dieu.

  2. Rosa de Jésus
    20 novembre 2006 à 4 h 06 min #

    Oui, sans doute le diable existe même. Ce nést pas um mythe. Il est vraiment le pére du mensonge et maintenat il a put faire croire à tout le monde, même au milieu catholique praticant on disent qu’il n’éxiste plus. Surtout les théologues car ils désire expliquer Dieu mathematiquement sans la lumière du Saint Espirit, comme le fait notre pope. Et alors il se cache très bien. Quand il y a une maladie qu’on ne sais pas le diagnostique, quelques médècins, d’une manière très discrète, acconseillent les medecines alternatives: reiki, voyages sur des vies passés, un esprit mauvais qui nous acompagne, etc. etc. etc. Il faut prier sans cesser le saint rosaire. Cette arme ci, celle de notre Maman du Ciel est très trés puissante.

  3. Hauuy
    20 novembre 2006 à 16 h 27 min #

    Ce qu’il me semble important de considérer eu égard à celui que l’on appelle le dia-ble (celui qui di-vise, qui sépare), c’est la façon dont il procède et non pas l’image que l’on peut avoir de lui dans notre imaginaire ; le « malin » se présente à nous sous plusieurs formes, or notre cerveau qui reçoit et transmet les informations, ne fait pas la différence entre la réalité et ce qu’il imagine fortement. Comment « Satan » a- il pu tromper nos premiers parents ? La Genèse nous révèle qu’il était là avant eux et que Dieu avait soumis le premier homme et la première femme à un interdit, celui de ne pas manger du fruit de l’Arbre de la Connaissance. « Tu ne mangeras pas… » ; La désobéissance a Dieu (et par conséquent, l’obéissance à Satan) a empoisonné nos premiers parents et ils ont perdu la vie éternelle. Toute la tradition judéo-chrétienne se fonde sur cette transgression. Le premier péché, n’est pas une erreur consécutive à un défaut de connaissance, à une errance, c’est une insubordination ; la deuxième insubordination, la première étant celle de l’ange déchu, Satan, lui-même qui les a incité à transgresser l’interdit du seul Guide dans lequel ils auraient dû continuer à faire confiance, Dieu.
    Comment Satan, est- il parvenu à rompre l’équilibre ? Tout simplement par la flatterie : « Si tu manges de ce fruit, tu seras comme ton créateur, tu verras l’autre face de la réalité que tu perçois… », Satan s’adresse au mental, à l’imaginaire, à l’intellect, à l’idée qu’Adam à de lui-même et cela par l’intermédiaire de sa compagne, « tu seras aussi grand que… », Il lui faut faire prendre conscience de l’importance qu’il a ! En s’enfermant dans son moi, Adam s’est fermé à Dieu. Satan utilisera la même arme plus tard dans le désert avec Jésus. C’est ainsi que le diable se manifeste, par le biais de l’intellect au service de la satisfaction de l’ego. Toutes les turgescence de l’ego nous les connaissons : l’orgueil, le besoin d’être adulé, la jalousie, l’envie, tous les excès, la recherche de pouvoirs, la gourmandise, la luxure, la paresse etc. ainsi que les moyens qu’il utilise : la tromperie, le vol, l’assassinat, etc. en fait tout ce qui « recroqueville » l’Homme sur lui-même. Les manifestations de Satan se révèlent en permanence à travers la peur, occasionnant, frustration, tensions, souffrances et maladies, mais aussi en l’incitantà recourir à tout ce qui le rassure, à thésauriser des biens, des informations (faux savoir), à se réfugier dans des croyances fallacieuses, à recourir à des rituels magiques, à des drogues et à des artifices et enfin…. à détruire son environnement ! Oui le diable est une réalité ! Mais il y a eu Noé, la rupture n’a pas été définitive et plus tard grâce au sacrifice de Jésus-Christ, au don de notre Seigneur, nous pouvons aujourd’hui partager et manger le Pain de Vie, seule nourriture de l’âme, qui nous rétablira dans la Vie Eternelle auprès de notre Père.

    • Roger Anthony
      12 décembre 2006 à 10 h 35 min #

      La plus grande victoire de Satan sur l’humanité; c’est qu’il a réussi à la convaincre (l’humanité), qu’il n’existe pas.

      • Pascal
        22 décembre 2006 à 20 h 54 min #

        Je vais donner une autre orientation à la conception du diable. Qu’il y a un être appelé le diable qui viendrait nous tenter est de la pure fiction. Par contre tout ce qui crée la division va dans le sens du mot latin « diabolo » qui signifie « diviser ». J’ai rencontré de nombreuses personnes ayant des blessures profondes, des alcooliques, des homosexuels, des dépravés. La seule méthode qui les a aidé, c’est l’amour et la prière qui créent l’unité. Pour moi, iln’y a pas de diable, mais simplement non présence de l’Amour désinteressé. Ce n’est ni plus, ni moins ce qu’enseigne Jésus.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          24 décembre 2006 à 17 h 49 min #

          Merci de nous partager votre opinion, mais il serait bon d’argumenter vos affirmations. Lorsque vous dites que votre proposition est celle de Jésus, je crois qu’il faudrait vraiment justifier votre propos, car dans la vidéo je prouve le contraire, à savoir qu’il est très difficile, à partir des Evangiles, de prétendre que Jésus ne considère pas le diable comme une réalité ontologique !

          Par contre je suis bien d’accord que l’étymologie du terme dia-bolos est significative : le diable nous sépare des autres par la haine et nous coupe de notre source et de notre fin en Dieu. Le meilleur antidote est effectivement l’amour de charité, qui unit là ou le démon divise. Mais il n’est pas besoin de nier la réalité de ce triste sire pour soutenir cette thèse.

  4. P Denis Broussat
    20 novembre 2006 à 18 h 27 min #

    Sujet difficile et délicat.
    Sois assuré de ma prière fraternelle et de mon soutien.
    P Denis, exorciste

  5. Anonyme
    20 novembre 2006 à 21 h 21 min #

    Pour moi, Père, nul doute qu’il existe, sans vouloir forcément le diaboliser quand bien même il n’est pas toujours facile de l’identifier.

    L’occultation de la puissance des ténèbres chez certains de nos contemporains tient certainement au fait que ces derniers n’ont pas envie de le combattre et préfèrent croire à une certaine forme de pensée magique ou de douce illusion qui laisserait supposer que tout est OK, le bien comme le mal … C’est dans l’air du temps !

    Si je le « gère » en le refoulant, il n’est pas pour autant absent, si je lui donne du crédit et me défoule, il se délecte, la vigilance s’impose donc, question d’habitude et puis je ne veux le mal ni pour mon prochain ni pour moi, donc je ne peux pas faire comme s’il n’existait pas.

    Chacun sait faire la différence entre le bien et le mal donc je ne vois pas pourquoi il serait un mythe, lorsqu’on lit les écrits de San Pio da Pietrelcina, comment pourrait-on en douter ?

    Je vous remercie Père pour ce « sujet qui fâche », je le dis avec humour, forcément qu’il fâche ce sujet, étant donné qu’il nous force à nous réveiller au lieu de nous endormir et c’est « temps » mieux …

    Je me dois de me réconcilier avec tous ceux qui m’ont enseigné l’étude des passions et des phénomènes car c’est grâce à cette approche que je suis parvenue à éduquer mon regard et à identifier certaines de ses facettes, pas toutes, loin s’en faut, j’ignorais jusqu’à son existence, c’est dire l’emprise qu’il avait sur moi et vous le savez Père, vous qui connaissez mon histoire.
    Ce qui compte, c’est que le Seigneur Jésus Christ est là et que je peux toujours lui faire confiance, envers et contre tout, ainsi qu’aux frères et soeurs dont la vocation est de prier.

  6. Aquarius
    22 novembre 2006 à 20 h 33 min #

    Tout cela n’est que superstitions et obscurantisme ! c’est du pur dualiste.
    Comment Dieu ne serait-il pas tout puissant ? Si le diable est une force qui s’oppose au bon dieu, alors votre « bon dieu » n’est pas Dieu. A moins que le diable fasse partie du plan de Dieu ?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 décembre 2006 à 14 h 52 min #

      Le manichéisme – qui met aux origines deux principes d’égale puissance, l’un mauvais et l’autre bon – a toujours été condamné comme une hérésie par l’Eglise. Pour la Tradition judéo-chrétienne, « au commencement » il n’y a que le Créateur, qui est bon et appelle à l’existence une création qui est bonne. Mais la liberté des êtres spirituels – les purs esprits que sont les anges, et les esprits incarnés que nous sommes – est bien réelle. Aussi peuvent-ils refuser le plan d’amour de Dieu et se révolter contre lui. L’Eglise a à plusieurs reprises défini que le démon était au commencement un être bon lui aussi, mais qui s’est dévoyé par un mauvais usage de sa liberté. Il n’y a donc pas de dualisme dans la proposition judéo-chrétienne.

      Quant à la toute-puissance de Dieu et à sa bonté, elles se révèlent dans sa miséricorde, manifestée en Jésus-Christ, qui vient offrir aux hommes égarés un chemin de retour vers Dieu son Père et notre Père.

  7. Isabelle( Aurillac)
    26 novembre 2006 à 21 h 31 min #

    Merci de cette mise au point, malheureusement nécessaire: OUI le diable existe et sa plus grande victoire est d’avoir réussi à convaincre bon nombre de chrétiens du contraire. Ma fille en classe de 6° dans un collége Religieux s’est fait renvoyer du cours de Catéchisme parce qu’elle a contredit sa catéchiste qui enseigne aux enfants que l’enfer et satan n’existe pas!!! De même il y a une semaine « un père » de Rodez est venu à Aurillac faire une conférence sur le « Nouvel-âge » et a affirmé que l’enfer c’était être fermé sur soi et coupé de Dieu et que Satan n’était qu’une image pour illustrer notre tendance naturelle au péché!!! Je me suis fait huer par la moitié de la salle qui se gaussait de moi parce que je croyais encore à des niaiseries démodées et faisais preuve d’obscurantisme…

  8. F.
    3 décembre 2006 à 22 h 25 min #

    Mon Père,

    Il est possible que la réponse à ma question se trouve dans la vidéo. Mais je ne suis pas parvenu (pour des raisons techniques)à la regarder jusqu’au bout.

    Ma question : j’ai lu que la révolte de Satan était du à son refus de servir le Christ, Dieu fait homme donc, quelque part, Dieu infiniment plus bas que les anges dans la hiérarchie des êtres…

    Ceci voudrait donc dire que, si Dieu ne s’était pas incarné, le Mal ne serait pas entré dans le monde.

    Mais alors, comment comprendre que Dieu est venu sur Terre pour sauver l’Humanité?
    C’est le serpent qui se mord la queue, si je peux m’exprimer ainsi …

    En vous remerciant d’avance.

    Cordialement,

    F.

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 décembre 2006 à 15 h 19 min #

      «Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ. C’est ainsi qu’Il nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l’amour,déterminant d’avance que nous serions pour Lui des fils adoptifs par Jésus Christ» (Ep 1, 3-5).

      Le dessein éternel de Dieu était de « tout récapituler dans le Christ ». Aussi la création était-elle en vue de l’incarnation du Verbe, qui en s’unissant à la créature, l’introduisait dans la sphère divine, afin de la « rendre participante de la nature divine » (2 P 1, 4). Autrement dit, même sans le péché, le Verbe se serait incarné pour « épouser » la création de Dieu son Père. Un Père de l’Orient écrivait : « Dieu en créant contemplait son Fils afin de lui préparer une Epouse qui soit digne de lui ». Il est vrai que le péché a compromis non pas le dessein de Dieu, mais la manière paisible dont il aurait du se dérouler. Le péché n’est donc pas la « cause » de l’incarnation, mais la raison de son caractère dramatique, le Verbe acceptant d’assumer notre condition humaine jusque dans notre mort afin de nous entraîner dans sa vie.

  9. ephémère
    12 janvier 2007 à 10 h 22 min #

    et si le diable n’était que l’expression de la faiblesse et des limites de l’Homme, face à l’ordre cosmique (Dieu?).

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      18 janvier 2007 à 12 h 53 min #

      Les limites de l’homme sont objectives ; le diable fait preuve d’une action subjective. Le mal peut être métaphysiquement défini comme l’absence du bien ; mais nous pressentons tous que dans l’horreur de la Shoah, il y a bien plus que « l’absence d’un bien » : n’y voyons-nous pas le Malin à l’œuvre ?

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