Mouvement gothique
En réponse à la demande de plusieurs personnes, je voudrais compléter quelque peu l’article sur le mouvement gothique paru sous la lettre « G » dans la rubrique « Encyclopédie » du site.
Je comprends tout à fait que des parents soient inquiets de voir leur fils ou leur fille adhérer à ce mouvement dont le « look » est plutôt inquiétant. La prédominance des couleurs sombres, des mines renfrognées, des chanteurs hurlant leur souffrance et arborant les cicatrices de leurs mutilations, des jeunes passant la nuit dans des cimetières, tout cela n’est guère rassurant, j’en conviens. Pourtant, dans la plupart des cas, votre ado ou jeune ne fait qu’adhérer à un « style » dans lequel il exprime ses états d’âme du moment, et à travers lequel il poursuit sa quête identitaire.
Ceci dit, il faut demeurer extrêmement vigilant, car il constitue la cible de prédilection des adhérents aux sectes sataniques en quête de recrues. Or les satanistes professent une idéologie morbide, niant toute valeur, prônant l’anarchisme et la violence, dont il faut à tout prix protéger notre jeunesse. Mélangeant ésotérisme, occultisme, rituels magiques et critique de la société, des jeunes mal dans leur peau, tombés sous l’influence de groupes satanistes, peuvent en arriver à tenir des propos néo-nazis sans bien se rendre compte de la portée de leurs discours. Il est grand temps alors d’avoir un sérieux dialogue avec eux, qui les aident à ouvrir les yeux sur les dangers qu’ils courent objectivement. Il faut en tout cas éviter qu’ils s’isolent, afin de ne pas les laisser dériver vers des actes à haut risque, tels qu’automutilations, prise de drogue, tentatives de suicide.
Certes, « entretenir le dialogue » est plus facile à dire qu’à faire ! Mais à défaut de pouvoir y arriver vous-même, peut-être connaissez-vous une personne qui soit susceptible de garder le contact et de faire le lien entre vos enfants et vous ? Je reste convaincu que ce style provoquant est en fait un appel au secours qui nous est adressé de la part de ces jeunes, qui au cœur de leur quête identitaire, ne trouvent pas de réponse satisfaisante à la question du sens de leur vie. Saurons-nous leur proposer de manière convaincante, la joyeuse espérance chrétienne, selon laquelle l’amour est plus fort que la haine, la vie plus puissante que la mort ?
Ce mouvement est plus qu’inquiétant : pas plus tard qu’il y a deux semaines, un jeunes homme de 25 ans, de culture gothique, a ouvert le feu dans un collège de Montréal. Il a atteint 20 personnes de ses balles, a fait une victime et s’est enlevé la vie. Il exhaltait la mort et tenait sur son blog (vampirefreaks.com …âmes sensibles s’abstenir) ouvertement des propos haineux contre la race humaine et annonçait qu’il voulait mourir criblé de balles. Depuis, les gothiques se défendent bien d’être de gens violents (!). Il s’agirait d’un être introverti à l’extrême qui s’était coupé du reste du monde, vivant dans le sous-sol de ses parents (qui affirment ne pas comprendre son geste) et passant le trois quart de sa vie à jouer à des jeux vidéo violents (dont « »shooting Columbine…qui reproduit la tuerie de la désormais célèbre école secondaire Columbine au Colorado, où le jeu consiste à tuer des étudiants et des profs dans une école), à écouter de la musique gothique métal et à tenir son blog des propos anarchistes. Son film préféré était « Natural born killer »…
Un autre jeune de 15 ans vient d’être arrêté parce que sur le blog en question il a affirmé vouloir faire comme son héro Kimveer Gill (le tireur du collège Dawson)… il est encore détenu depuis deux semaines.
Ça peut sembler excessif mais, je croise souvent un garçon gothique dans le quartier où je travaille : chaque fois que je vois ce grand gaillard aux cheveux teints noirs et au ton pâle verdâtre, avec ses faux verres de contact bleu ciel, presque blanc, je ne peux m’empêcher de prier des « Je vous salue Marie » pour lui…
Hélène
C’est terrible ce que vous nous racontez Hélène, à l’adolescence, la pulsion de mort est très forte, ce qui me consterne c’est que malgré les efforts qui sont faits par certains professionnels, psychiatres, psychologues, psychanalystes, notamment en ce qui concerne l’anorexie, certains m’ont confié qu’ils préféraient des patients adultes, sans doute dans un souci de comfort personnel, comme si l’immense désespoir de ces jeunes était beaucoup trop lourd à porter et risquait de les destabiliser.
Il me semble que c’est assez révélateur non seulement des corps médical, enseignant et de nous tous, parents ou pas, de l’évitement inconscient ou pas, de ce qui nous renvoie à la mort et à la pulsion de mort, à l’adolescence, à la vieillesse si « souffrantes » dans nos sociétés.
À mon sens, seul un encadrement spirituel juste, pratiqué au sein de la famille ainsi qu’un engagement spirituel de la part de ceux qui sont là pour les éduquer et les soigner seraient d’une grande aide pour accompagner ces adolescents.
Pour autant, une psychanalyste m’a confié récemment que pour elle la spiritualité était incompatible avec la psychanalyse, cette dernière cependant accepte des adolescents comme patients.
Puissions-nous Seigneur porter notre foi avec dignité, et convertir les coeurs par la grâce de l’Esprit Saint.
Je continue, Père, de constater chez certains catholiques une tiédeur, voir une attitude effacée que je trouve louable car je la comprends, mais qui, sans pour autant tomber dans l’excès inverse, devrait être revue dans le contexte actuel, sans compter que, « paradigme » oblige, ces catholiques sont attirés par l’orientalisme …
Colombe