La méditation chrétienne de John Main


La soi-disant “méditation chrétienne” diffusée par le moine bénédictin John Main, puis à la mort de celui-ci en 1982, par son disciple Laurence Freedman, n’est en fait qu’une tentative de “christianiser” une technique de méditation orientale. Plutôt que de prendre pour mantra le nom d’une divinité hindoue, John Main introduit un mantra “chrétien”, à savoir : “Maranatha”. Cette Parole tiré de l’Apocalypse est cependant totalement détachée de son contexte. Il ne s’agit pas en effet de méditer sur son contenu, mais de s’en servir pour focaliser l’attention, puis progressivement laisser s’apaiser l’activité mentale, pour finir par la suspendre totalement – si possible. Il s’agit donc d’une technique d’intériorisation, conduisant à une expérience de son propre psychisme ; mais en aucun cas une telle expérience ne peut être qualifiée de spirituelle. Dans le contexte chrétien, ce qualificatif est réservé à une expérience de rencontre avec le Tout Autre qui s’est fait proche en Jésus-Christ. Autrement dit, il s’agit d’une expérience dans l’Esprit Saint, qui est la Relation personnelle et vivante entre le Père et le Fils et entre le croyant et le Christ.

Une tentative analogue avait été entreprise il y a une dizaine d’années par Daniel Maurin avec son Oraison du coeur, dans laquelle il transgrivait mot à mot l’initiation à la méditation transcendantale (Maharishi Mahesh Yogi), ne changeant que le mantra oriental en un mantra issu de la tradition judéo-chrétienne, gardant inchangée l’intégralité de la technique hindoue.

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23 réponses à “La méditation chrétienne de John Main”

  1. Colombe
    9 août 2006 à 6 h 56 min #

    Merci merci merci Père, je ne puis « hélas » que confirmer tout ce que vous dites pour avoir pratiqué dans les contextes hindous et tibétains de méditation, après initiation … la répétition de mantras, surtout plus de « je », tel n’était-ce pas le but de toutes ces pratiques « aliénantes » voire obsédantes, on finit par devenir le mantra … Effectivement cela marche comme vous le soulignez, ceci étant, la conséquence de ces pratiques, même s’il n’y a plus de « je » et que « je » parvient au détachement après samatha (calme mental) et lakthong (vue profonde), n’est-elle pas que l’égo spirituel est flatté (d’où les dérives, amalgames et confusions pour tous les chrétiens qui pourraient penser en toute innocence que c’est l’esprit saint que nous faisons venir par ces techniques « adaptées » aux chrétiens), on devient conscient du « pouvoir » de ces mantras, sacrés, en sanscrit, capables par exemple de faire arrêter un proche de fumer à distance par la pratique du Bouddha de Médecine, cela m’est arrivé entre autre, après lui avoir fait force offrandes … Hum ! Je n’en suis vraiment pas fière aujourd’hui. OK, ce n’est plus « moi » qui agis mais la divinité que j’ai appelée …

    Nous sommes bien loin en effet de la relation au Tout Autre, pas d’altérité ni de tendresse, mais au contraire, malgré les apparences souvent trompeuses, une attitude indifférente et infatuée … Totalement incompatible avec la tradition chrétienne au risque d’en décevoir certains et je parle en connaissance de cause, point de Dieu mais de nombreuses idoles.
    Étant libérée de tout ce fatras de techniques et mantras, solutions magiques à l’odeur de souffre, je ne peux qu’appeler les chrétiens à la plus grande vigilance, c’est tellement mieux de s’en remettre au Seigneur et de Le laisser agir ! C’est un sentiment de liberté qui n’existe pas dans tout ce que j’ai pu vivre auparavant.

    • de Rivoyre
      10 août 2006 à 8 h 50 min #

      Voici notre petit témoignage, qui ne se veut pas juge..mais..
      Nous êtions responsable des équpes NDame, mouvement de couples pour le couple, pour un secteur du diocèse des Pyrénées Atlantiques. Un membre nous avait parlé de Daniel Maurin, et comme j’avais plus jeune, touché à l’hindouisme, j’avais été séduit pas son livre sur l’oraisosn du coeur. Avec l’équipe, que j’avais convaincu,malgré les réticences de ma femme nous l’avons fait intervenir pour une journée qui rassemblait tous les couples.
      Nous avons été un peu déçu, par son manque de chaleur. Et puis quelques temps plus tard, nous avons rencontré, sur les bords du Gave son épouse, trés triste, car Il venait de la quitter avec enfants, pour je crois une plus jeune. je ne veux pas par là, juger.. mais ne dois pas là reconnaitre l’arbre à ses fruits?
      bien à vous: luc

      • Père Joseph-Marie Verlinde
        10 août 2006 à 9 h 04 min #

        J’ajoute que Daniel est retourné vers le Père au terme d’une maladie foudroyante, mais qu’il a pu se réconcilier avec son épouse avant le grand passage…

        • Colombe
          10 août 2006 à 16 h 01 min #

          Ce que je lis sur le site de l’association Daniel Maurin : « Tout est lié et relié. Nous pouvons sentir, peut être à notre insu, que nous sommes, nous même un centre d’énergie. Devenons un groupe de personnes conscientes afin de constituer un potentiel d’énergies plus grand, un égrégor, un canal relié au Divin pour la transformation de chacun et l’évolution de tous. »
          Je ne l’ai pas connu mais il semble Père que son retour vers le christianisme ait été quelque peu compromis … Par bonheur il a pu se réconcilier avec son épouse avant de « quitter son corps », cette expression je l’ai souvent entendue en effet chez les « maîtres » hindous … et je la retrouve sur ce site, peut-être fais-je erreur mais je n’ai jamais entendu cette expression lorsqu’un chrétien décède ? ? ?
          Les séminaires de « guérison » proposés par cette association ne semblent pas échapper au paradigme, malheureusement !

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            10 août 2006 à 16 h 44 min #

            Avec tout le respect dû à un défunt, je crois en effet que Daniel a voulu réaliser la conciliation impossible entre le naturalisme oriental et le christianisme.

        • luc de Rivoyre
          14 août 2006 à 16 h 34 min #

          Vraiment je suis trés heureux d’apprendre, que Daniel ai pu recevoir et demander le Pardon, avant de mourir ici bas. Et je prie par la grâce de Jésus, vrai sauveur,le pardon à mon jugement, pour sa Paix et la nôtre: luc

          • Franz HINDZE
            23 septembre 2006 à 8 h 34 min #

            Je connais le mouvement de John Main et bien d’autres groupes cathos qui pratiquent cette forme d’oraison qui se raccrochent à des sources diverses dont la prière monologique dite « de Jésus », Karlfied graf Durckeim… j’ai participé à des retraites avec le dominicain J. Marie Guelette, théologien auxquele je fais confiance.

            Votre critique est intéressante, pertinente même sur certains points mais me semble exagérée et risque de troubler les personnes qui peuvent découvrir le Christ dans cette voie que je qulifierais volontiers de « sapientielle » plutôt que de « naturaliste ». D’ailleurs pourquoi opposer sans cesse le »surnaturel » et le « naturel ». La nature est le socle de la grâce et l’homme d’après la belle définition de Rahner est naturellement ouvert au surnaturel. Il me semble, avec tout le respect que je vous dois, que vous devriez être plus modéré et considérer avec un certain respect la recherche d’autres personnes qui n’ont pas le même cheminement que vous. Corriger, orienter c’est bien… Mais rejetter le bébé avec l’eau du bain, je ne suis pas d’accord.

            Franz HINDZE

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            24 septembre 2006 à 7 h 10 min #

            Je vous remercie pour votre remarque ; mais ma critique de cette approche, comme je l’ai précisé, repose sur le fait qu’il s’agit ni plus ni moins d’une transcription d’une technique orientale (répétition d’un mantra), induisant les mêmes effets que celle-ci. Or il ne me semble pas que les états modifiés de conscience correspondent à la finalité de la prière chrétienne. J’ajoute que je parle d’expérience, et que la répétition d’un mantra, fût-il chrétien, n’a pas grand-chose à voir avec la Prière de Jésus chère à l’orthodoxie. (Votre référence à K. Durkheim confirme que nous ne sommes pas dans un contexte particulièrement « chrétien ».)

            Vous me reprochez d’opposer la nature et la grâce : je crois plutôt que je réagis contre la confusion entre le créé et l’Incréé, que je tiens à distinguer, afin d’éviter qu’une expérience psychique (naturelle) ne soit qualifiée de surnaturelle. L’action de la grâce est toujours et nécessairement le fruit d’une initiative divine, et ne peut être suscitée par une technique humaine. Les méthodes (et non les techniques) de prière chrétienne ont pour but de préparer à l’accueil de la grâce, dans une humble soumission au bon vouloir divin.

            Je me permets d’ajouter par rapport au second mail que vous m’avez envoyé et qui témoignait d’une certaine impatience, que mon ministère ne me permet pas de rester à l’affût des questions pour y répondre dans l’heure qui suit.

          • Franz HINDZE
            24 septembre 2006 à 18 h 27 min #

            Merci pour votre réponse. Oui, l’impatience est un manque de confiance. Cela peut-être aussi une marque d’irritation devant votre « croisade » lorsque vous en prenez à des méthodes (Laurence Freeman n’a jamais parlé de technique) qui se veulent précisément une préparation à l’accueil de la grâce. J’ai beaucoup reçu à travers les écrits du Père Gerry Pierce, prêtre irlandais, déjà décédé. C’était un disciple de John Main et j’ai trouvé lumineuses ses méditations.
            Je me demande si vous avez vraiment lu l’oeuvre de John Main pour porter un jugement aussi unilatéral. Je ne veux pas m’ériger en censeur, je ne suis qu’un pauvre pécheur qui tous les jours fait l’expérience d’être centré sur soi et pas assez converti au Soleil du Christ. Mais je ne serais sans même pas croyant si je n’avais été interpellé par les écrits de Bede Griffiths ou Don Le Saux. En revanche j’ai une alergie pour les courants qui se rattachent au pentecôtisme. Leur manière de faire référence à l’Ecriture, leur manière de faire peur au gens en brandissant des menaces « occultes », ne me semblent pas libératrices. Les pratiques liées aux enfants sorciers en Afrique sont au moins aussi aliénantes que la méditation vipassana mal comprise.De tout manière je crois que de nouveaux langages sont à inventer même dans l’Eglise catholique, que certains vocabulaires sont devenus étrangers à notre vision du monde. Le New Age (avec toutes ses dérives que je déplore) marche parce qu’il surfe sur un nouvel imaginaire religieux fait de références à la psychologie, au sentiment de révérence qui nous saisit quand nous contemplons la Création, etc. Plutôt que de tout condamner en l’estanpillant « new Age » (comme naguère certains traitaient les catholiques sociaux de communistes), cherchons à retenir le meilleur. J’ajoute que je suis sensible au Christ de Teilhard, que je me sens proche des préoccupations écologiques (je ne parle pas de écolos libertaires façon Noël Mamère. pour moi le sentiment d’étonnement et d’adoration qui nait devant les merveilles de la Création est essentiel et fondamental dans ma lecture du Nouveau Testament. Je le revendique comme essentiel pour mon cheminement chrétien. Je respecte votre « combat » mais comprenez que des personnes comme moi ne se sentent pas compris et sont troublées. Au fond, sans la méditation transcendantale (que je ne veux pas défendre) seriez vous moine aujourd’hui ?

            Paix et joie dans le Christ !

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            24 septembre 2006 à 20 h 14 min #

            Heureusement que le Seigneur écrit droit sur nos lignes courbes, mais est-ce une raison pour avancer en zigzag ?

          • Stef
            22 octobre 2006 à 1 h 44 min #

            Mon cher ami et père,
            Il y a bien longtemps que ma vie est parsemée d’embûches. Je me suis perdu en Indes pendant des années, J’ ai imploré le Christ afin qu’il me guide.
            Je l’ai aimé à ma manière, l’ai renié,
            ignoré, et peut être dois-je le rencontré par la méditation de John Main?
            Enfin c’est ce que je m’efforce de faire actuellement.
            Je ne pense pas qu’un chemin est droit, aussi bien qu’un homme a besoin de tuteur pour l’amener à sa maturité.
            Les zig zag, les chemins de traverse
            ont été des esquisses de liberté et de progression pour moi. Dom le Saux , un exemple.
            Pour conclure, mieux vaut avancer à sa mesure en ayant le fol espoir de rencontrer le Réssucité par le biais de ma pratique méditative solitaire que de ne pas marcher sur les droites lignes tracés par le Seigneur.
            Mes sincères respects
            Stef

          • albertine
            11 décembre 2006 à 20 h 16 min #

            après bien des détours, ainsi que des retraites en Inde, dans le silence, je ne saurais que trop vous inviter à lire  » la prière de Jésus » par un moine de l’Eglise d’Orient ou « Entretiens avec un ermite de la Sainte Montagne sur le prière du coeur » ou encore « Séraphim de Sarov » sa vie, entretien avec Motovilov. ou tout simplement « Ecouter la Parole », les enjeux de la lectio divina.
            Vous serez surpris,de lire combien nos Pères ont répondu humblement à toutes ces questions. Combien avec Amour et Humilité ils partagent avec nous leur Abandon au Christ. Les questions ne se posent plus alors, dans l’Ecoute et le lâcher prise, La Présence du Christ se révèle. Je vous souhaite de tout coeur la  » Douce Rencontre de l’Humilité »
            Albertine

  2. anne
    9 août 2006 à 9 h 39 min #

    Merci Père pour ce texte si clair, support pour la réflexion et le discernement.
    J’avais déjà parcouru le site de Daniel Maurin dont la bibliographie me paraissait mélanger des ouvrages de qualité très différente. Par contre, j’avais lu en toute confiance « Le maître intérieur » de Laurence Freeman. Comme je pratique le hatha yoga, son approche m’avait paru intéressante et la méditation chrétienne séduit – si l’on a assez de temps pour la pratiquer.
    Mais là où je suis engagée (l’Eglise de Bruxelles, en plein désarroi), il est presque impossible de trouver un lieu où réfléchir et discuter avec objectivité de ces questions : qu’est-ce que l’oraison chrétienne ? Comment s’y engager ? En quoi diffère-t-elle de la méditation orientale ?
    Je ne saurais assez vous dire à quel point votre site, vos homélies, sont importants comme jalons sur le chemin spirituel.
    Pourquoi la sérénité donnée par les pratiques orientales serait-elle illusoire ? Ne permet-elle pas de mieux libérer son énergie pour agir au service de ceux avec qui nous vivons ? N’est-elle pas un cadeau ?
    J’avoue que la participation à la vie de l’Eglise (réunions paroissiales, vie sacramentelle…) est très importante pour moi, mais apporte souvent soucis, tristesses etc… C’est pourquoi je recherche ailleurs le calme qui me permet de continuer.
    Je vous remercie encore très vivement pour ce texte, et si vous le voulez bien, pour votre réaction à mes questions.
    Anne

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 août 2006 à 7 h 53 min #

      Pas facile de répondre à vos questions en quelques lignes, mais je vais tenter de le faire, en précisant que mes réponses seront nécessairement incomplètes.
      L’oraison chrétienne est affaire de cœur : il s’agit d’un simple regard sur Dieu présent au secret de notre conscience ; ou encore d’un dialogue d’amour (avec ou sans parole) avec le Seigneur. Ce qui suppose que nous soyons deux : le Seigneur et moi ; deux sujets en relation interpersonnelle, et pas un seul Soi impersonnel dans lequel je viendrais à me (con)fondre. Dans la perspective (judéo)chrétienne, Dieu n’est pas l’énergie universelle première et ultime d’où tout émane et dans laquelle tout se résorbe à la fin d’un cycle de manifestation. Cette vision naturaliste, qui est grosso modo celle des traditions orientales, implique que le sujet personnel est une illusion, née de l’individualisation de l’étincelle divine (monade) dans la matière (divine elle aussi). Le but des méditations orientales est donc de sortir de l’illusion de la dualité pour rejoindre l’advaïta (la non-dualité) ou l’identification avec le Soi impersonnel divin. Pour y parvenir, les méditations orientales proposent également un chemin d’intériorité, mais ce chemin ne conduit pas à la rencontre avec le Tout Autre transcendant (il n’y a pas de transcendance dans les naturalismes), mais plonge dans les profondeurs de notre intériorité psychique. Il est certes légitime de rechercher la sérénité que nous pouvons expérimenter en quittant la superficie de notre être ; à condition de ne pas la confondre avec la paix que seul l’Esprit Saint peut nous donner dans le fond de notre cœur (lieu de sa rencontre). Car le spécifique chrétien est de laisser l’Esprit agir en nous, c’est-à-dire aimer en nous d’un amour de charité, qui est bien au-delà du pauvre amour d’amitié que nous pouvons donner à nos proches.

      • Anne
        10 août 2006 à 14 h 44 min #

        Merci, Père, d’avoir pris le temps de me répondre de façon si précise. Il me faut maintenant réfléchir à tout cela, et essayer de mettre en pratique.
        Merci pour votre attention aux questions posées sur le site.
        Anne

        • sl
          13 octobre 2006 à 14 h 02 min #

          Permettez, Anne et Père Joseph-Marie, que je dise quelque chose à ce sujet.
          Ce que j’ai compris de l’amour du Christ, c’est qu’il suffit qu’on le lui demande, et lui, (que nous ne pouvons pas atteindre par nos propres forces) vient à nous pour nous guérir et nous restaurer dans notre état qui a été terni par le péché (Romains chap 8, à partir du verset 18).
          Ce que nous avons à faire, c’est lui dire que nous voulons nous abandonner à lui pour que sa Volonté se fasse dans notre vie, et qu’il vienne lui-même nous guérir et nous attirer à lui.
          A partir de là, commencera un chemin de libération, pas forcément facile, mais en gardant à l’esprit que Jésus nous aime. Lui faire confiance tout le temps, et lire beaucoup les écritures saintes pour essayer de mieux le connaître. Et c’est lui qui fera le reste, et nous donnera sa Paix véritable.
          Anne, je vous conseillerais de lire le livre d’autobiographie de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (Histoire d’une âme). Vous verrez son expérience à elle.
          Merci, Père pour ce mot sur John Main. J’avais commencé à le lire, et je me posais des questions sur l’authencité de son message. Que Jésus vous bénisse, et vous donne la force d’être un bon prêtre pour son peuple.

  3. Marion
    9 août 2006 à 23 h 16 min #

    Merci Père, je ne connaissais pas ces méthodes, mais ce qui m’a beaucoup touchée c’est votre description de l’oraison chrétienne comme préparation de notre coeur profond à l’accueil de l’Esprit saint. Je n’avais jamais saisi à ce point que tout notre “travail” consiste uniquement à cela, aussi encore et encore nous pouvons prier comme Salomon, en demandant au Seigneur: «donne-moi un coeur qui écoute».

    Marion

  4. Philippe
    10 août 2006 à 12 h 44 min #

    Bonjour Père,
    Je viens de lire et écouter les textes sur la méditation chrétienne.
    Une question se pose à moi.
    Ne trouve t’on pas une similitude avec la phrase que répétait Séraphin de Sarov?
    Car je pense aussi que si l’on répète sans arret cette phrase on risque aussi d’être pris dans une certaine inconscience de ce que l’on dit et par ce fait l’assimiler à un mantras

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      10 août 2006 à 17 h 48 min #

      La « prière de Jésus » est en effet une prière répétitive, mais elle ne se pratique pas de la même façon qu’on répète un mantra. Ce dernier est répété indépendamment de son sens, alors que le but de la prière de Jésus – comme de toute oraison jaculatoire – est tout au contraire de garder l’attention tournée vers l’Hôte de notre cœur : le Seigneur Jésus lui-même. Si la « prière de Jésus » (« Seigneur Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, aie pitié de moi, pécheur ») ou l’oraison jaculatoire (Cassien préconisait : « Dieu viens à mon aide, Seigneur à mon secours ! ») est dite de manière automatique, sans que l’attention ne se porte sur la présence divine qu’elle invoque, elle est inutile : mieux vaut l’interrompre et retrouver l’attention qui devrait la caractériser avant de la poursuivre. Le but de cette prière est uniquement de nous introduire dans un dialogue interpersonnel avec la Personne du Christ, de nous unir à lui dans l’Esprit. Ce qui n’a rien à voir avec des états de conscience modifiés.

      • DAniel
        18 septembre 2006 à 15 h 27 min #

        bonjour,
        je suis d’accord sur le fait que la quantité ne prévaut pas sur la qualité. Dans notre tradition chrétienne, où la prière prédomine par rapport au mantrat oriental, il est bon d’aborder une prière en y mettant tout son coeur et toute sa Foi au lieu de reciter une centaine de fois un mot ou une phrase. C’est simplement une question de culture et de tradition. Maintenant, si je peux témoigner, il m’est arriver de dire une série de prières à MArie, en ressentant profondement chacun des mots et en la voyant mentalement rayonnant tout son Amour, j’ai été en larmes au bout de la 4ème ou 5ème. Je ne pense pas qu’il y ai eu un changement d’état de conscience.
        En fait, y a-t-il UNE seule méthode universelle pour prier?
        Merci pour ce site qui offre un éclairage interresant et apporte des réponses sur le New-Age. Le jargon est un peu ardu parfois.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          19 septembre 2006 à 20 h 43 min #

          Je ne crois pas qu’il y ait une méthode universelle pour prier, en raison précisément des diverses conceptions de Dieu ou du divin. Prier ne veut pas dire la même chose dans le contexte d’une tradition adorant un Dieu personnel, transcendant, créateur ; et dans le contexte d’une tradition véhiculant une conception d’un divin impersonnel, excluant toute altérité véritable et s’identifiant à l’ensemble du manifesté. Si je suis divin par nature, que peut vouloir dire « prier » – au sens chrétien du terme – : il ne saurait être question de s’adresser à soi-même des prières !

  5. Bonjour
    3 novembre 2006 à 16 h 43 min #

    Bonjour,
    Je ne vois aucune antinomie dans les propos, autour de « la méditation chrétienne », simplement catégorisation et repositionnement somme toute en accord avec nos façons de penser et une orthodoxie. A l’aune de mon vernis culturel, je pense que la lecture d’Origène pourrrait être intéressante à croiser avec ces sujets, au moins sur le plan de n’en pas rester aux apparences.

    Et les propositions d’Anthony De Mello? Il a aussi connu l’Inde, ses approches et en tant que jésuite il a fait des propositions intéressantes et porteuses de foi et de discernement. Qu’en pensez-vous ?
    Cordialement

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      5 novembre 2006 à 17 h 18 min #

      Il me semble que le plus simple est encore de publier la notification de la sacré congrégation pour la doctrine de la foi concernant les ouvrages du père Anthony de Mello. La notification est en anglais, mais elle est facile à traduire.

      NOTIFICATION CONCERNING THE WRITINGS OF
      FATHER ANTHONY DE MELLO, SJ

      The Indian Jesuit priest, Father Anthony de Mello (1931-1987) is well known due to his numerous publications which, translated into various languages, have been widely circulated in many countries of the world, though not all of these texts were authorized by him for publication. His works, which almost always take the form of brief stories, contain some valid elements of oriental wisdom. These can be helpful in achieving self-mastery, in breaking the bonds and feelings that keep us from being free, and in approaching with serenity the various vicissitudes of life. Especially in his early writings, Father de Mello, while revealing the influence of Buddhist and Taoist spiritual currents, remained within the lines of Christian spirituality. In these books, he treats the different kinds of prayer: petition, intercession and praise, as well as contemplation of the mysteries of the life of Christ, etc.

      But already in certain passages in these early works and to a greater degree in his later publications, one notices a progressive distancing from the essential contents of the Christian faith. In place of the revelation which has come in the person of Jesus Christ, he substitutes an intuition of God without form or image, to the point of speaking of God as a pure void. To see God it is enough to look directly at the world. Nothing can be said about God; the only knowing is unknowing. To pose the question of his existence is already nonsense. This radical apophaticism leads even to a denial that the Bible contains valid statements about God. The words of Scripture are indications which serve only to lead a person to silence. In other passages, the judgment on sacred religious texts, not excluding the Bible, becomes even more severe: they are said to prevent people from following their own common sense and cause them to become obtuse and cruel. Religions, including Christianity, are one of the major obstacles to the discovery of truth.

      This truth, however, is never defined by the author in its precise contents. For him, to think that the God of one’s own religion is the only one is simply fanaticism. « God » is considered as a cosmic reality, vague and omnipresent; the personal nature of God is ignored and in practice denied.
      Father de Mello demonstrates an appreciation for Jesus, of whom he declares himself to be a « disciple. » But he considers Jesus as a master alongside others. The only difference from other men is that Jesus is « awake » and fully free, while others are not. Jesus is not recognized as the Son of God, but simply as the one who teaches us that all people are children of God.

      In addition, the author’s statements on the final destiny of man give rise to perplexity. At one point, he speaks of a « dissolving » into the impersonal God, as salt dissolves in water. On various occasions, the question of destiny after death is declared to be irrelevant; only the present life should be of interest. With respect to this life, since evil is simply ignorance, there are no objective rules of morality. Good and evil are simply mental evaluations imposed upon reality.

      Consistent with what has been presented, one can understand how, according to the author, any belief or profession of faith whether in God or in Christ cannot but impede one’s personal access to truth. The Church, making the word of God in Holy Scripture into an idol, has ended up banishing God from the temple. She has consequently lost the authority to teach in the name of Christ.

      With the present Notification, in order to protect the good of the Christian faithful, this Congregation declares that the above-mentioned positions are incompatible with the Catholic faith and can cause grave harm.

      The Sovereign Pontiff John Paul II, at the Audience granted to the undersigned Cardinal Prefect, approved the present Notification, adopted in the Ordinary Session of this Congregation, and ordered its publication.

      Rome, from the offices of the Congregation for the Doctrine of the Faith, June 24, 1998, the Solemnity of the Birth of John the Baptist.

      + Joseph Card. Ratzinger
      Prefect

      + Tarcisio Bertone, S.D.B.
      Archbishop Emeritus of Vercelli
      Secretary