L’expérience de foi


La foi est une intuition spirituelle de la présence de Dieu au fond de nos cœurs. Il ne s’agit pas d’une expérience produite par les sens – pas même les sens dits « subtils » éveillés par les rituels initiatiques. Il ne s’agit pas d’une expérience psychique dont l’objet serait donné par l’intelligence ou l’imagination. Il ne s’agit pas non plus de la simple expérience de notre intériorité. L’expérience de foi est l’intuition spirituelle de l’Altérité divine qui nous donne à chaque instant d’exister en tant que sujet personnel. Cette expérience est médiatisée par la Parole, par et dans laquelle le Père nous appelle à une communion d’amour dans l’Esprit Saint. Jésus est le chemin de cette découverte de notre vérité intérieure qui conduit à la Source de la Vie.

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20 réponses à “L’expérience de foi”

  1. Jeanne
    25 août 2006 à 21 h 37 min #

    Bonjour Père Verlinde,
    J’aime vous entendre et vous lire sur ce sujet concernant la foi… Ça devient pour moi une expérience spirituelle, si je puis l’exprimer ainsi. Cela me réchauffe le coeur de me savoir habitée par un Dieu qui est Père, Fils et Esprit. Je vous livre ma souffrance: une foi si belle, si riche qui m’appelle à tant de liberté et qui pourtant est si ignorée, abandonnée… Cette foi en un Dieu qui se révèle comme un Père au profit d’un Dieu dit cosmique, Dieu énergie.

    Que dire à une personne qui exprime ceci: Entrer en relation avec Dieu de Jésus-Christ ou avec mon Dieu énergie, prier l’un ou l’autre, rien ne change car il n’y a qu’un Dieu qui donne toute l’énergie, qui est la source de tout. Prier Dieu de Jésus-Christ n’apporte rien de plus?

    Merci de vous, Père Verlinde… Jeanne

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      30 août 2006 à 17 h 07 min #

      Il me semble que j’inviterais cette personne à réfléchir à l’expérience la plus bouleversante qu’un homme puisse faire, à savoir l’expérience de l’amour. Qu’on ne vienne pas me raconter que l’amour est une vibration ou une énergie ! L’amour est une relation entre deux personnes qui décident librement de se donner l’une à l’autre et de s’accueillir réciproquement. Or le Dieu de Jésus-Christ nous invite précisément à l’expérience de l’amour en plénitude – pressenti en cette vie, espéré avec ardeur pour la vie qui nous attend au-delà du voile de la mort. L’amour ne pouvant être qu’interpersonnel, il ne peut se vivre qu’avec un Dieu personnel qui décide librement de s’abaisser jusqu’à nous pour nous élever jusqu’à lui et nous rendre participant de sa vie bienheureuse (dans l’Esprit). Que nous sommes loin du pauvre divin énergétique dont je ne peux jouir que dans la solitude de mon intériorité narcissique !

      • Colombe
        31 août 2006 à 7 h 35 min #

        Encore une fois Père merci de nous partager votre foi en Jésus Christ en décrivant le seul vrai Amour qui puisse exister et qui n’a décidément rien à voir avec le « pauvre divin énergétique dont je ne peux jouir que dans la solitude de mon intériorité narcissique » (autolâtre que j’étais) ou encore l’asservissement à un quelconque gourou ayant quitté son corps ou pas, vénérant une idole pour ceci et une idole pour cela …
        Merci pour le beau combat que vous nous incitez à persévérer en recadrant constamment le débat, nécessité devenue absolue dans une société qui semble bien ne pas avoir conscience du Malin ô combien séduisant, la dernière mais pas la moindre des sottises que j’ai entendues, une architecte californienne me vantant l’aptitude des chats pour le feng shui !
        Si je devais suggérer un livre à tous ceux qui sont en quête spirituelle, ce serait l’Imitation de Jésus-Christ plutôt que Se libérer du Connu …

      • Anonyme
        31 août 2006 à 10 h 50 min #

        Qu’est-ce que l’amour sinon la réflexion de Soi dans l’autre ? Dieu se reflète en l’homme. Donc connaître Dieu c’est L’aimer en Soi et dans son prochain, et le servir. En aimant Dieu, nous arrivons à Le connaitre, car Il est Amour, et nous avons été créés à son image c’est à dire semblables et cependant différents par Amour, pour permettre justement cette relation d’Amour personnelle. Mais il ne faudrait pas croire naïvement que l’Amour du Dieu personnel est une exclusivité de la religion chrétienne. Les mystiques soufis, le prophète de la Foi Bahaïe et bien d’autres qui n’étaient pas chrétiens ont longuement parlé du Bien-aimé en des termes qui ne laissent aucun doute sur la véracité et la profondeur de leur Connaissance de Dieu. Au risque de vous déplaire, Jésus n’est pas le seul chemin.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          1 septembre 2006 à 8 h 44 min #

          La mystique extatique, c’est-à-dire l’expérience de Dieu comme une altérité personnelle, est commune aux « religions du livre », le judaïsme, le christianisme et l’islam, c’est-à-dire aux religions qui reconnaissent un Dieu Créateur transcendant personnel (contrairement aux divers naturalismes). Mais la transcendance de Dieu est tellement affirmée dans le judaïsme et dans l’islam, que la possibilité d’une rencontre personnelle intime allant à jusqu’à une communion d’amour transformante, ne fait pas l’unanimité. Seuls quelques courants, dont l’orthodoxie est d’ailleurs contestée par les courants majoritaires (vous n’ignorez pas les martyrs soufis ?) se sont aventurés dans cette direction. Le christianisme a par contre pleinement intégré cette dimension mystique dans sa « doctrine officielle », sur base du mystère de l’incarnation rédemptrice. Nous croyons que Dieu s’est fait homme pour que l’homme puisse participer à la vie divine dans l’Esprit d’amour. Il est donc cohérent dans un contexte évangélique, de proposer la communion transformante comme finalité du cheminement spirituel.

  2. RMB
    26 août 2006 à 7 h 31 min #

    Merci chère Père de donner des mots justes sur ce que nous distinguons dans la foi mais ne savions pas nommer.

  3. Anonyme
    26 août 2006 à 18 h 01 min #

    Je suis d’accord avec votre définition mais pourquoi ne peut-on cependant admettre que d’autres puissent également faire cette même expérience même s’ils y superposent un autre nom que celui de Jésus ? Un chrétien peut-il juger de la validité ou non de l’expérience de foi d’un non chrétien ?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      30 août 2006 à 17 h 11 min #

      Je ne suis pas sûr de bien comprendre votre question : si la personne invoque un autre nom que celui de Jésus, comment pourrait-elle faire la « même expérience » ? Si elle répète un mantra, elle peut induire des modifications de sa conscience habituelle – ces états de conscience modifiés sont confondus avec des états mystiques dans le Nouvel Age. Mais pour faire l’expérience de la rencontre personnelle avec le Christ, c’est bien lui qu’il faut invoquer en ayant la foi, c’est-à-dire en croyant qu’il est vivant et peu répondre à notre appel.
      Je ne vois pas bien ce que vous entendez par « expérience de foi d’un non chrétien » ?

      • Anonyme
        30 août 2006 à 23 h 36 min #

        Vous parlez de la foi qui est l’intuition de la présence de Dieu au fond de nos coeur, de l’intuition de l’altérité divine, alors je vous demande y aurait-il que les chrétiens qui aient le monopole de cette expérience de la présence de Dieu ?

        Dieu ou l’Esprit saint n’est il pas universel ? ou selon vous ne se manifesterait-il que dans le coeur des chrétiens ? Ce que je veux dire, ce n’est pas parce que l’on ne reconnait pas Jésus comme médiateur, que l’on ne peut avoir l’expérience de la foi, c’est à dire de la présence du Dieu personnel au fond de son coeur, ni de l’altérité divine.

        Nos croyances peuvent changer, mais la vérité elle ne varie pas en fonction de nos croyances. Si pour les chrétiens Jésus est le seul médiateur, cette vérité n’est pas universellement reconnue, mais l’expérience intérieure de la foi elle, est universelle.

        Si vous affirmez que seuls les chrétiens peuvent rencontrer Jésus, je ne vous démentirai pas, mais même si l’on admet que Jésus est divin, Dieu ne peut être limité à Jésus. On peut se mettre des oeillères tant qu’on voudra, cette vérité parait évidente.

        Bien sûr c’est la position d’un non chrétien, mais c’est ça aussi le dialogue, puisque votre forum veut inviter au dialogue.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          1 septembre 2006 à 8 h 33 min #

          Merci pour cette question, à laquelle je vais essayer de répondre dans un vidéo-blog.

          • Anonyme
            2 septembre 2006 à 9 h 21 min #

            Voici mon point de vue de chrétienne pratiquante.

            La foi est toujours foi en quelque chose et l’objet de la foi chrétienne est la parole du Christ contenue dans les Evangiles. On ne peut pas passer outre la primauté de cette Parole-là. Evidemment, cela suppose qu’on ait été éduqué, par le catéchisme par exemple. Mais cet enseignement n’est pas une initiation.
            Les Evangiles tirent leur crédibilité du caractère subversif de ce qu’ils énoncent: contre les égoïsmes de classe, contre les violences dont l’objet est toujours le maintien de privilèges.

  4. boyer catherine
    3 septembre 2006 à 12 h 02 min #

    mon père,
    Merci pour ces merveilleux moments d’écoute et de rencontre avec le divin.
    Catherine boyer 47

  5. Anonyme
    3 septembre 2006 à 23 h 08 min #

    Bonjour Père Verlinde,
    Merci pour vos réponses… Il fait du bien de vous lire, j’apprends… et cela m’invite à aller plus loin. Je constate que l’ignorance de nos croyances en tant que chrétiens peut nous jouer des tours et peut prêter à différentes interprétations… Je me sens ignorante dans ce domaine mais mon désir est grand d’avancer. J’entends beaucoup de personnes qui semblent dire ceci: « que toutes les religions se valent et que la religion du christianisme n’apporte rien de plus qu’une autre… L’important c’est que la personne y trouve son bonheur… Ça dépend de nos besoins. C’est à chacun sa vérité, la religion catholique ne rend pas plus heureux. L’important c’est d’être bien dans la religion qu’on pratique ou bien dans nos croyances, peu importe le Dieu auquel on réfère. »

    Je ne sais quoi dire devant ces propos.
    Alors ma question: Moi, je crois que Jésus est le chemin pour arriver au Père… et cela me rend heureuse mais les autres personnes qui n’y croient pas semblent heureuses aussi. C’est quoi le plus pour un chrétien dans sa foi catholique…? Il se sait sauver mais les autres aussi se savent sauvées. Qu’en pensez-vous et merci de m’éclairer dans la toute simplicité de ma foi. Merci, Nathalie

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      8 septembre 2006 à 14 h 02 min #

      A vrai dire, le terme « sauvé » n’a pas le même sens pour un chrétien et pour un non-chrétien. Pour celui qui croit en Jésus-Christ Seigneur et Sauveur, le salut consiste à être restauré à l’image et à la ressemblance de Dieu, de manière à pouvoir entrer en relation d’amour avec lui – et même à pouvoir vivre en communion d’amour en lui, participant à sa propre vie divine (2 P 1, 4). Nous croyons en effet que l’homme, tombé dans le péché par une détermination de sa liberté, est réconcilié avec Dieu le Père par notre Seigneur Jésus-Christ, qui a offert en notre nom à tous un sacrifice d’amour qui est « plus éloquent que le sang d’Abel » (He 12, 24). Mais cette conception du salut implique que nous acceptions la notion de péché, c’est-à-dire d’offense envers un Dieu personnel, de rupture d’Alliance, de trahison de l’Amour toujours premier de notre Créateur, qui nous appelait de toute éternité à une destinée de gloire, dans le partage de son Esprit Saint.

      Il est clair que les traditions qui se développent sur un horizon naturaliste (et ne reconnaissent donc pas la distinction Créateur-créature) ne peuvent intégrer la notion de péché, puisque l’homme serait divin par nature. Nul besoin dans ce cas d’un Sauveur : tout au plus d’un Frère Aîné sur le chemin de la réalisation de sa propre nature divine.

      En quoi notre bonheur de croire en l’Evangile est-il « supérieur » (pour autant que nous puissions nous risquer à une évaluation de ce type !) aux autres croyances ? Je dirai : parce que la doctrine chrétienne nous révèle la vérité sur Dieu et sur l’homme, sur le sens de notre vie, sur la raison d’être de notre existence. Et que la vérité rend libre, qu’elle est source de bonheur, de paix, de plénitude.

      • Anonyme
        10 septembre 2006 à 4 h 50 min #

        Merci pour cet éclairage… Je suis très touchée par ce que vous écrivez et je suis saisie par l’Esprit saint qui travaille si bien en vous et qui sait probablement me rejoindre avec vos réponses… Je sens que ce que vous dites, c’est cela la Vérité! Pour moi il n’y en a qu’une et c’est celle-là: Jésus est la Vérité. Puis-je dire dans ce cas que l’Église a la Vérité ou est-ce plus juste de dire que l’Église a une vérité? Merci pour tout, Nathalie

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          13 septembre 2006 à 16 h 45 min #

          Je dirais que l’Eglise est inhabitée par l’Esprit de vérité, que Jésus a envoyé d’auprès du Père sur ceux qui se sont laissés convoquer par sa Parole. Mais l’Eglise est « une assemblée Sainte de pécheurs » : Sainte en vertu de l’Esprit Saint qui a décidé de faire sa demeure en elle, et qui l’illumine des rayons de la vérité divine ; pècheresse en raison de nos complicités avec le Père du mensonge, qui fait tout ce qu’il peut pour nous empêcher d’accéder à « la vérité toute entière ». Nous ne « possédons » donc pas la vérité puisque la vérité à laquelle nous croyons est une Personne humano-divine. Mais nous nous laissons transformer par l’Esprit de vérité, afin d’entrer toujours plus en communion avec cette vérité vivante et vifiante qui est le Christ Jésus Notre-Seigneur. Nous pourrions dire que c’est l’Esprit de vérité qui fait la vérité en nous, en nous configurant toujours plus au Christ Jésus, parfaite image de Dieu son Père et notre Père.

          • Anonyme
            14 septembre 2006 à 5 h 22 min #

            Bonjour Père Verlinde,
            Suite à votre réponse… à la première ligne, je devrais lire: l’Église est habitée par l’Esprit de vérité… au lieu de inhabitée?? (une erreur d’écriture, je suppose…) Merci et bonne journée, Nathalie…

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            14 septembre 2006 à 7 h 33 min #

            Non : le terme technique est bien « inhabitation » de l’Esprit Saint ; sans doute pour souligner qu’il ne s’agit pas simplement du remplissement d’un volume, mais d’une transformation ontologique.

  6. Anonyme
    27 septembre 2006 à 8 h 17 min #

    Un prêtre vivant en Inde s’est converti à l’hindouisme. Il a dit qu’il continuerait son exploration de l’ « unité » des religions, il est resté imperturbable devant les conséquences que sa conversion pourrait avoir sur sa prêtrise.

    Il a déclaré :
    « Je ne fais rien mal ici. Je me suis converti à l’hindouisme parce que c’est la religion locale. Et la pratique de l’hindouisme n’est nullement incompatible avec ma foi dans Christ. Le besoin de célébrer
    Dieu aussi dans des formes inhumaines est considéré comme « peu chrétien » alors que Jésus lui-même est représenté comme un agneau dans la Bible. Après tout, Dieu n’est pas humain, il est le Dieu de toute la création. L’important est que nous devons avoir un symbole ».

    Il a dit que sa connaissance de l’hindouisme l’avait aidé à mieux comprendre le christianisme.

    « Vous avez vu dans ma pièce de prière, les images de Krishna enfant avec sa mère et de Jésus enfant sur les genoux de Marie ? Comment alors pouvons nous dire que les convictions hindoues sont incompatibles avec celles des chrétiens »

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      28 septembre 2006 à 16 h 49 min #

      J’ose espérer que vous êtes conscient de la confusion qui règne dans les propos que vous me rapportez de ce prêtre ! Comparer le mythe de Krishna avec la révélation historique de Jésus de Nazareth est une entreprise impossible : les genres littéraires sont trop différents. N’oublions pas que pour l’hindou l’histoire est illusion ; Krishna n’est pas pour lui un personnage « historique » au sens où nous l’entendons lorsque nous parlons de Jésus de Nazareth (je le nomme ainsi pour souligner que même un non-croyant occidental ne nierait pas l’historicité du personnage). Faut-il rappeler que les premiers avatars (dont Krishna est l’avant dernier) sont apparus sous forme animale ? Comment dans ces conditions comparer l’incarnation du Christ à l’avènement mythique d’une manifestation de Vishnou ? Bien d’autres mythes parlent d’une Vierge qui enfante : et si à travers cette intuition, ils annonçaient ce qui devait se réaliser historiquement à l’avènement du Verbe de Dieu dans la chair ?

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