La tolérance
La tolérance semble être devenue la valeur suprême dans notre société : au-delà du Bien et du Vrai, règne, majestueuse, normative, la Tolérance. Pourtant, le terme lui-même renvoie implicitement à une règle, une loi, un contenu précis : ainsi la tolérance dans le domaine de la limitation de vitesse est de 10% par rapport à la vitesse indiquée sur le panneau de circulation. Une tolérance absolue, c’est-à-dire qui n’est pas relative à un contenu précis, est tout simplement contradictoire, à moins de supposer implicitement un relativisme éthique et gnoséologique. Auquel cas, l’absolutisation de la tolérance est un voile jeté sur une subtile « dictature du relativisme » (Benoît XVI) qui évite de s’avouer au grand jour. Si une tolérance « 0 » est en effet un signe d’intolérance, la prétendue tolérance « 100 % » est un mensonge qui cache mal une idéologie bien plus intolérante encore.
Détail technique
Les vidéos du blog dispensent un son quasi inaudible………….
Je ne pense pas que cela vienne de mon matériel qui « hurle » quand j’écoute d’autres sites par exemple les infos
Pourriez vous voir si possibilité d’améliorer?
Merci
Philippe
simplement que j’ai déj
Je me permets de rectifier : j’ai laissé plusieurs jours se développer le débat, jusqu’à ce qu’arrive ce que je redoutais : les propos se sont quelque peu aigris. Nous avions déjà abordé largement le thème de l’homosexualité sur le forum, avec la même difficulté : éviter que les échanges ne s’enflamment et perdent toute objectivité. Aussi j’ai préféré retirer le sujet, qui en tout cas s’était développé autour d’un tout autre sujet, qui n’avait strictement rien à voir avec l’homosexualité.
Un message des plus clairs et des plus limpides, aussi bien dans son contenant (le son est parfait) que dans le contenu (je n’avais jamais pensé à la tolérance sous cette angle). Merci pour cette mise au point, à une époque où s’affrontent les théories de la « tolérance totale » et de la « tolérance zéro », il n’est pas toujours aisé pour nous chrétiens de savoir où placer la barre.
Voilà pour moi une analyse simpliste de la tolérance. D’abord l’exemple de la vitesse routière est un mauvais exemple. On peut parfaitement imaginer un système à vitesse recommandée et à vitesse limitée au delà de laquelle la tolérance serait 0. La tolérance s’exercant relativement entre les deux en fonction des conditions de circulation. Mais il faudra de toutes façon une vitesse maximale autorisée (dans la mesure où par exemple aucun de nous n’est capable d’une maîtrise suffisante de son véhicule au delà de 120-130km/h). Il en va ainsi dans le champ de la vie sociale où existe ce qui est permis, toléré et interdit. Ce qui est toléré est l’espace de jeu qui fait que la société n’est pas bloquée dans le seul rapport permis/interdit. C’est en mécanique une obligation pour tous les mécanismes en mouvement (sinon il n’y a pas de place pour la goutte d’huile). Dans le domaine des idées religieuses, philosophiques, morales, politiques… il en va différemment. Toutes les idées sont à priori recevables. Il est « social » de les écouter, de les comprendre, si possible de les entendre (au sens d’entendement qui est différent de compréhension)… mais chacun doit avoir le droit – c’est même peut être aussi un devoir – de les accepter ou rejeter pour lui même. Un système tel qu’il obligerait à faire sienne telle ou telle idée ne serait que totalitaire.
Ainsi, la tolérance est le « devoir » citoyen par excellence qui découle de la laïcité à la française et qui fait, mon très cher père, que vous pouvez exercer librement votre ministère (et même quelques fois en abuser dans vos propos) sans que moi qui ne partage pas vos idées ait droit ni de vous l’interdire ni d’exiger de vous un droit de réponse que vous avez d’ailleurs autocratiquement bloqué (ce qui est votre droit). C’est aussi ce qui fait que chrétien et catholique j’adhère totalement au Crédo mais que je récuse le principe d’infaillibilité. Ou que je ne confonds pas l’Eglise – assemblée des fidèles – et l’église – organisation humaine – et ses logiques d’appareil.
Pour finir je voudrais bien savoir où l’on trouve une équivalence tolérance=licence?
Paul
Je m’étonne de votre réponse, qui est « théoriquement correcte » mais qui ne reflète pas vraiment – me semble-t-il – ce qui est vécu au jour le jour par bon nombre de chrétiens qui tentent de s’exprimer sur leur foi. Combien d’entre eux ne se sont-ils pas entendus taxer d’intolérance pour la seule raison qu’ils affirmaient leurs convictions – sans pour autant refuser à l’autre d’avoir les siennes.
Quant à l’infaillibilité, si on vous avait expliqué qu’il s’agit de l’infaillibilité de l’Eglise toute entière, exercée par celui qui en est le porte-parole autorisé, vous auriez peut-être pris une autre position. De même en lisant les catéchèses de Benoît XVI sur l’Eglise dans son rapport au Christ, vous ajusterez, j’en suis sûr, votre interprétation sur la réalité ecclésiale.
Merci d’avoir publié mon post. Pour ma part je préfère une réponse « théoriquement correcte » à une réponse « politiquement correcte ».
Sachant que votre site est parmi les plus modérés parcourez donc les sites chrétiens de la toile et vous comprendrez pourquoi beaucoup de chrétiens sont pris pour intolérants. Sont-ils d’ailleurs chrétiens?
Dès lors qu’une église (ou toute autre institution) se structure autour d’un système de valeurs portées par une hiérarchie il y a dichotomie entre la masse (ici l’Eglise) et la structure (ici l’église). Et le propre des structures c’est toujours de dire plus de bien et plus de droit (lire le NDC)
que n’en produit la masse elle même. On appelle ça le cléricalisme. Dont l’infaillibilité??? Que je sache l’église n’a rien d’un système démocratique.
Pour beaucoup de chrétien le rapport de l’Eglise au Christ est évident et très différent de ce qu’en enseigne la structure (église). Mais bon écrire ça c’est schismatique, hérétique du point de vue de la structure. Pourtant ça pourrait peut être expliquer bien des choses.
Paul
Pour moi le cléricalisme est (grosso modo) un abus de pouvoir de la part de clercs. Je ne vois pas le rapport avec les directives du Magistère, qui ne fait qu’interpréter (actualiser) les préceptes évangéliques ? N’oubliez pas que la « structure », disons plutôt « l’institution » ecclésiale, n’est toujours qu’au service de l’institution eucharistique comme le soulignait Jean-Paul II. De même le Collège épiscopal est un don de Dieu au service de la transmission de la foi.
J’espère enfin que les chrétiens vivent leur foi dans le sens que le Magistère vient encore de le préciser à travers les Catéchèses de Benoît XVI : essentiellement une relation intime de confiance et d’amour avec Jésus-Christ, reconnu comme Seigneur et Sauveur.
Que de mots, que de phrases. Vous oubliez une chose Paul, : « Sois Glorifié Père, d’avoir caché ceci aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petit ». Ce n’est peut-être pas la citation exacte dans la lettre, mais sûrement dans l’esprit. Quoi que vous pensiez, quoi que vous disiez, quoique vous fassiez, faites le toujours pour la gloire de Dieu. Et pensez aussi que vous ne pouvez tout expliquer et tout justifier ; Dieu seul sait tout, Dieu seul suffit. Michèle.
La tolérance est un de ces bons mots du politequement correct, qui fondent dans la bouche comme un bonbon de bonne conscience facile : « elle ne consiste pas, comme on pourrait le croire, à tolérer (c’est à dire ne pas empêcher) des activités que l’on réprouve, mais à n’en réprouver aucune. » (Vladimir Volkoff, in « manuel du politiquement correct », p. 153, edition du Rocher).
BONJOUR,au sujet de la tolérance,je discutait avec une amie, sur deux mariages religieux(catholique) ce samedi 8 juille) sans Eucharistie, moi j,étais bien décu,que se soit sans messe,cette personne m,a dis que ces gens etaient fideles a eux meme parce qu,ils ne pratiquaient pas , et moi j,ai répondu que s,ils étaient fideles a eux meme, quesqu,ils fesaient dans une église? pourquoi se marier dans l,église? quand ont ne croit pas aux Sacrements? pas que je sois négative non,mais je pensse que JÉSUS est vraiment venu pour nous les pécheurs , IL nous appelle a la conversion si ont veux bien de LUI comme SAUVEUR, donc vouloir se convertir, dire son oui a l,évangile et aux commandements de DIEU,non pas seulement prendre ce qui fait notre affaire, et au diable le reste.Si les apotres avaient fais cela l,Église n,existerait pas de nos jours.Voila ses ma bien petite opinion,mais quand je dis cela j,ai l,air intolérante, on dirais que je parle une autre langue..NICOLE
Vous avez raison du point de vue de la cohérence entre la foi et la pratique. Vous avez raison aussi de laisser sous-entendre que sincérité n’est pas forcément vérité. Un croyant adhère à l’Evangile parce qu’elle est Parole de Dieu, et il obéit à l’Eglise parce qu’il croit qu’elle est instituée par Notre-Seigneur pour nous transmettre la plénitude des moyens du salut. Il est donc « logique » pour un croyant de subordonner sa « sincérité » à la vérité de l’Evangile.
Mais il faut aussi laisser à chacun la liberté de cheminer vers cette vérité toute entière à son rythme. Jésus n’a pas dit qu’il était « la vérité et la vie », mais « le chemin, la vérité et la vie ». Autrement dit, nous mettons nos pas dans les siens pour progresser jour après jour vers cet horizon de sainteté que nous propose l’Evangile, mais que nous n’atteignons pas d’un bond. S’il n’y a pas de progressivité de la loi (on ne transige pas avec la vérité) il y a cependant une loi de la progressivité, qui permet à chacun de s’avancer sur le chemin de la vérité à son rythme, et en s’appuyant sur la miséricorde de Dieu.