Les chrétiens possèdent-ils la vérité ?

Une objection courante adressée au christianisme par les mouvements néo-gnostiques contemporains, consiste à dire que le chrétien prétend « posséder » la vérité. Comment pourrions-nous prétendre posséder une personne ? Car pour nous, Jésus est la vérité. De plus, Notre-Seigneur annonce qu’il nous enverra l’Esprit de vérité pour nous introduire dans la vérité toute entière. Ce n’est donc pas nous qui possédons la vérité, mais l’Esprit qui nous y introduit. De plus, cette vérité se révèle ultimement être celle de l’amour de charité, c’est-à-dire du don gratuit. Comment pourrions-nous prétendre posséder l’amour, alors que celui-ci n’est que don de soi ? L’Evangile nous révèle que c’est dans le don de nous-mêmes que nous libérons le mouvement de la vie, cette vie que nous possédons dans la mesure même où nous la donnons.

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24 réponses à “Les chrétiens possèdent-ils la vérité ?”

  1. Marie-Jeanne DION
    3 juin 2006 à 0 h 31 min #

    c’est magnifique. Merci beaucoup pour ce travail …
    La vérité vous rendra libres a dit Jésus. Ce n’est pas nous qui possédons la vérité mais la Vérité qui nous possède car Jésus est le chemin, la vérité, la vie
    Marie-Jeanne

    • omega3
      13 juin 2006 à 0 h 40 min #

      J’aime bien l’expression : « Ce n’est pas nous qui possédons la Vérité, mais c’est elle qui nous possède ».
      Les chrétiens ne possèdent peut-être pas la Vérité qui est le Christ..qui est quelqu’un..qui est une Personne, mais ils cherchent à suivre ce quelqu’un qui la possède. Et la vérité qu’il possède c’est l’Amour en somme. Mais la Vérité que le chrétien cherche à suivre ou à imiter, c’est la Vérité qui sauve…celle qui peut le transformer en corps de résurrection..celle qui peut le faire ressusciter tout comme lui-même est ressuscité. Cette Vérité on la devient en la vivant. Cette Vérité est reliée à la Parole de Dieu qui est aussi le Christ comme disaient les apôtres : »Seigneur vers qui irions-nous ? Toi seul possède les paroles de la vie éternelle ?

  2. Anonyme
    5 juin 2006 à 18 h 18 min #

    la réponse donnée par le Père Verlinde ,ne me satisfait pas, en effet pour moi posseder la vérité est croire dans les paroles du Christ que je tiens pour Vérités ,c’est dans cette mesure que je considère posseder la Vérité, donc je peux confirmer aux gnostiques que je possede bien la Vérité comme tous mes frères chrétiens!

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      6 juin 2006 à 21 h 08 min #

      Je comprends bien ce que vous voulez dire, et d’une certaine manière, je suis d’accord avec vous. Mais méfiez-vous du sens des mots : « posséder » renvoie à un objet ; il correspond au verbe « avoir » et donne accès à un « pouvoir ». Or la relation à la Parole vivante n’est pas de cet ordre : on ne possède pas une personne. Quant au contenu de la Parole, elle est appelée à faire l’objet d’une « connaissance », et pas d’un « savoir » que l’on possèderait. Mais tout cela n’est qu’une question de vocabulaire, j’en suis bien conscient.

      • Julien
        7 juin 2006 à 13 h 15 min #

        «Quant au contenu de la Parole, elle est appelée à faire l’objet d’une «connaissance», et pas d’un «savoir» que l’on possèderait.»

        C’est un fait désormais acquis que l’enseignement catéchétique suit les méthodes inductives également à l’honneur à l’Education Nationale.
        De sorte que, par peur peut-être de la transmission d’un savoir acquis, la connaissance élémentaire n’est plus accessible aux enfants.
        Par exemple, deux laïcs bénévoles se sont occupés du catéchisme. L’une, mère de famille, a dû se plier aux exigences du diocèse (coloriage, gomettes, animation dans l’esprit de « la vie est un long fleuve tranquille »…): devant ses réticences, on lui répondit qu’elle n’avait rien à dire, qu’elle était en « service ». Le second, père de famille, a souhaité s’investir comme catéchiste. Sur une année, il a rarement rencontré les adolescents… car les mois se sont succédés de réunion en réunion: aucun éveil transmis aux jeunes les invitant à mieux connaître le Chemin, la Vérité et la Vie; non, le temps ne fut que consacré à la préparation de la réunion suivante ou de la kermesse du caté.
        Maintenant, voici le cas d’un prêtre nouvellement arrivé dans le diocèse: sans avoir un devoir de résultat (qui est à la grâce de Dieu), il prit conscience en endossant sa responsabilité de curé qu’il avait un devoir de moyens. Heureusement, il a pu appuyer sa catéchèse sur le compendium. Rejeter les manuels officiels du diocèse à cause de leurs lacunes crasses serait très mal considéré… à moins de s’appuyer sur un document de Rome (tout juste toléré, à cause du prestige du Pape Jean-Paul II, puis de Benoît XVI auprès des jeunes… rien à voir avec l’accueil plus que mitigé du cardinal Ratzinger par les évêques français (au début des années 8O)).

        Cette réalité était si énorme (surtout à l’heure où la méthode globale est assez critiquée (cf. Dr Wettstein-Badour)), que je suis allé interroger le curé de ma paroisse. Il avait cité la vertu de force d’un saint canonisé.. ce qui avait valu au saint homme de s’être fait quelques ennemis. Peine perdue: il m’expliqua bien doctement que les choses avaient changé et que l’on n’expliquait plus Dieu aux enfants, on les élevait à Dieu. L’angle d’approche s’est inversé.
        Application: dans les années 90, les premiers communiants apprenaient que l’on ne doit plus apprendre des formules de catéchisme par coeur, il faut au contraire vivre l’Evangile… ou comment vivre l’esprit sans la lettre! Alors que l’Ecriture Sainte rappelle le lien nécessaire entre les deux.
        Application en 2006: les premiers communiants doivent apprendre à aimer l’Eglise comme le foot. Comme Zinedine Zidane, Jean-Pierre a eu des années de formation, travaille et gagne en équipe, et surtout il a besoin de supporters. Avis aux jeunes communiants. Contrairement à une parabole, cette homélie devant les enfants, les familles et la communauté paroissiale, n’a pas décroché le niveau temporel. Si connaissance il y a, c’est pour vivre bien ici-bas. Dieu n’est plus présenté que comme un secours dans ce but. De toute façon, inutile de parler de l’au-delà puisque personne n’est libre et tout le monde doit aller au ciel (bulletin pour le sacrement de réconciliation où ce dernier n’est plus qu’un dialogue psy avec le prêtre).

        Comment donc envisager de transmettre la connaissance de Dieu à ses enfants, s’il n’y a pas de vérité avec un grand V? J’entends bien votre distinction avec le savoir, mais on en vient à jeter le bébé avec l’eau du bain. Soit dit en passant, à l’heure actuelle, si je veux que mes enfants soient catéchisés, il me vaut mieux répondre absent aux relances de début d’année scolaire de ma paroisse. Et là, c’est encore plus risqué: en rejetant le catéchisme de la communauté paroissiale par survie spirituelle, le risque est grand – surtout si les enfants constatent la « différence » d’enseignement avec leurs camarades d’école – qu’ils en tirent fierté, et par là même tentation vers la gnose.
        Ou comment l’Eglise alimente les courants du Nouvel Âge…
        qu’en pensez-vous Père Verlinde?

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          8 juin 2006 à 7 h 52 min #

          J’accueille parfaitement votre souffrance devant les dérives catéchétiques qui sévissent hélas dans certains lieux d’Eglise. Mais je crois qu’il serait abusif de généraliser. Il me semble qu’il y a actuellement une prise de conscience des limites de certaines « méthodes », et un retour à une catéchèse respectant le « spécifique chrétien ». Autrement dit, il m’est difficile – voire impossible – de réagir à la première partie de votre intervention, ne connaissant pas le contexte précis qui est le vôtre.
          Par contre je voudrais prolonger la méditation sur l’impossibilité de « posséder la vérité » en citant un extrait de l’exhortation prononcée par Benoît XVI ce lundi 5 juin en la cathédrale de Saint Jean de Latran, à l’occasion de l’ouverture des travaux du Congrès Ecclésial du diocèse de Rome sur le thème qui nous occupe, à savoir : « La joie de la foi et l’éducation des nouvelles générations » :
          « Dans la foi nous accueillons le don que Dieu fait de lui-même en se révélant à nous, créatures faites à son image ; nous accueillons et acceptons la vérité que notre esprit ne peut comprendre jusqu’au bout et ne peut posséder, mais qui justement dilate l’horizon de notre connaissance, et nous permet d’atteindre le Mystère dans lequel nous nous sommes plongés et de retrouver en Dieu le sens définitif de notre existence. La foi, qui est un acte humain très personnel, reste un choix de notre liberté, qui peut aussi être refusé. Ici est mis en lumière une seconde dimension de la foi, celle de se confier à une personne : non à n’importe quelle personne mais à Jésus-Christ, et au Père qui l’a envoyé. Croire veut dire établir un lien très personnel avec notre Créateur et Rédempteur, en vertu de l’Esprit Saint qui travaille dans nos cœurs, et faire de ce lien le fondement de toute notre vie ». Ce qui suppose que les catéchistes permettent à l’enfant, à l’adolescent ou au jeune, de rencontrer personnellement le Christ à travers sa Parole, les sacrements et l’Eglise rassemblée en son nom.
          Le Saint Père insiste encore sur le fait que la catéchèse doit conduire à « vivre la foi comme une joie, à savourer cette sérénité profonde qui naît de la rencontre avec le Seigneur. La source de la joie chrétienne est cette certitude d’être aimé de Dieu, aimé personnellement par notre Créateur, par Celui qui tient dans ses mains l’univers entier, qui aime chacun d’entre nous et toute la grande famille humaine avec un amour passionné et fidèle, un amour plus grand que nos infidélités et nos péchés, un amour qui pardonne ».

  3. mcjb
    19 juin 2006 à 8 h 20 min #

    vous dites, pere, que jesus apportera l’esprit de verite, Pere, je pense que Jesus disait vrai, l’esprit de verite peut s’installer en chacun d’entre nous, un esprit qui fait abstraction de toutes fausses verites peut devenir esprit de verite, mais qu’est ce que la verite, la est toute la question, pour moi la verite, c’est etre, tout simplement avec notre vecu et la facon de nous comporter avec les autres c’est a dire avec respect, (voir explications de dogmes dans mondovision tres detaille ) pere j’ai lu vos livres , je les relirais tres certainement
    j’ai une certitude profonde c’est que le mal n’existe pas c’est juste une fabrication de l’esprit humain nevrose; j’ai lu un poeme de nelson mandela qui va en ce sens, l’homme son pouvoir est infini de faire le bien comme le mal oui mais s’il fait le mal c’est qu’il n’a pas conscience qu’il est une des emmergences de la nature divine, voila pere merci de votre ecoute

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      19 juin 2006 à 10 h 45 min #

      Votre présentation d’une vie « en vérité » serait effectivement suffisante s’il n’y avait pas eu le péché originel, qui nous a précisément privé de la grâce divine, indispensable pour discerner le vrai (intelligence) avec certitude, et avoir la force d’accomplir le bien (volonté). Votre allusion au respect – premier mot de l’amour – me semble aller dans la bonne direction : « Aime et fais ce que tu veux » écrivait Saint Augustin ; mais l’amour dont il parlait est l’amour de charité, c’est-à-dire une grâce infuse, un don de l’Esprit Saint venant au secours de notre impuissance.
      Quant à dire que le mal n’existe pas mais ne serait qu’une production névrotique de l’homme, j’ai plus de difficulté à vous suivre. Le mal se définit comme absence du bien. Dès lors si le mal n’existe pas, il faudrait en conclure que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Je crois qu’il suffit de regarder autour de soi – et même dans notre cœur pour nous rendre compte qu’il n’en est rien.
      Oserais-je ajouter que devant la Shoah, le mal s’impose à nous avec la brutalité des millions de victimes innocentes ?

      • mcjb
        20 juin 2006 à 15 h 40 min #

        bonjour père,
        merci de votre réponse

        Il est évident que j’ai fait un lapsus,

        en fait le mal existe bel et bien puisqu’il est une émanation du bien je prend un exemple tres simple : on ne peut faire le bonheur de quelqu’un contre sa volonté, meme si cela est pour son bien

        D’autre part il est evident que pour raisonner sainement, il faut avoir pu echapper à toute souillure et autant que faire se peut, n’avoir ceder a aucune tentation

        pour terminer

        Juste une citation de Francois Jacob, eminent Professeur et medecin,

        « L’esprit est un produit
        « de l’organisation du cerveau tout
        « comme la vie est un produit de
        « l’organisation des molécules.

        en conclusion,je dirais que l’homme de par sa nature divine, comme tout etre vivant , a des pouvoirs exhorbitants (citation N.mandela)de par son intelligence,
        cette intelligence , qu’il devrait mettre uniquement au service du bien de chacun et de tout, est malheureusement bien souvent detournee,conscienment ou inconscienment , de sa vocation première .

        merci pour votre forum Père

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          22 juin 2006 à 13 h 42 min #

          J’ai du mal à voir comment le mal pourrait être une « émanation » du bien, puisqu’il en est la négation ? Mais il s’agit sans doute d’une affaire de mots ; encore que les mots véhiculent la pensée, c’est pourquoi je me permets de revenir sur ce que vous disiez. C’est encore par souci de vérité que je réagis contre la citation de Fr. Jacob que vous présentez comme un « acquis » qui ferait l’unanimité. Cette citation est idéologique et non scientifique ; il s’agit d’une position réductionniste inacceptable. Bel exemple de transgression épistémologique : un scientifique, mine de rien, pose une affirmation métaphysique sur la nature de l’esprit !!! Non : l’esprit n’est pas « un produit de l’organisation du cerveau tout comme la vie est un produit de l’organisation des molécules » !!! Certes la vie apparaît lorsque la complexité des molécules chimiques atteint celle des molécules biochimiques ; mais le cerveau de certains animaux (comme le dauphin) est mieux organisé que celui de l’homme sans que pour autant n’apparaissent l’esprit. Les éthologues vous confirmeront que les dauphins n’ont produit aucune œuvre culturelle attestant qu’ils auraient franchi le « pas » de la transcendance et atteint la dimension proprement spirituelle.
          Enfin vous deviniez bien que j’allais réagir à l’affirmation de « la nature divine de l’homme » ! Pour le croyant que je suis, l’homme n’est pas divin par nature, mais appelé à « devenir participant de la nature divine » (2 P 1, 4), ce qui n’est pas du tout la même chose !

      • mcjb
        21 juin 2006 à 10 h 38 min #

        pourquoi la charite, la condition de l’homme ne serait t’elle que de faire la charite, pour qui, pour quoi, dans quel but, la condition de l’homme est de vivre pleinement sa condition d’homme et si besoin est de faire la charite, mais la logique absolue, voudrait que chaque homme naisse dans les conditions meme qui n’appellent pas la charite

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          22 juin 2006 à 13 h 48 min #

          Pour le croyant, l’homme est créé à l’image d’un Dieu d’amour : la Bible nous dit que nous sommes créés par amour, et en vue de l’amour. C’est donc dans la mesure où nous entrons dans la logique du don gratuit, c’est-à-dire de la charité, que nous progressons vers notre vérité et vers la plénitude de la vie. C’est en ce sens que Jésus a pu dire : « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).

          • mcjb
            22 juin 2006 à 17 h 37 min #

            je voulais seulement dire que cette charite (amour) devrait etre le privilege de tous, et en effet de tous temps , on constate que cette charite se manifeste au sein de chaque groupe et dans toutes les ethnies.
            Alors pour quelles raisons, l’eglise ou d’autres organismes sont ils obliges de venir en aide a certaines populations qui n’ont plus la capacite de se suffire a elles memes et qui ne peuvent plus s’auto-gerer,

            bien sur il y a les conditions nefastes des climats de plus en plus detraques,les famines, les guerres, etc, mais pour l’instant il n’y a aucune prise de conscience collective ou individuelle, que ces populations , sont d’abord et avant tout des personnes a part entière et que toutes sans exception ont reçu l’esprit sain.
            Bien entendu qu’elles dispensent un amour de charite (voir le film va,vis et deviens)plus puissant que tout,

            cela justement devrait nous faire réfléchir au sens que nous donnons au mot charite .

      • mcjb
        21 juin 2006 à 11 h 01 min #

        quant au mal il ne peut etre que la resultante d’un bien qui a ete detourne de son objectif premier ou n’a pas atteint ses objectifs ce bien devient donc contreproductif avec les consequences qui en decoulent exemple on ne peut faire le bonheur d’une personne contre sa volonte, de meme si une personne a subit des violences ou se laisse tenter,blessee dans son amour propre, outragee dans sa chair,elle ne pourra que difficilement retrouver ses marques., je reste persuadée qu’aucun homme n’est mauvais au depart , et que c’est les circonstances de la vie qui l’amene a faire le mal , merci père

      • mcjb
        22 juin 2006 à 11 h 09 min #

        desolee mon père je suis la championne des bevues, il est evident que si Srila Prabhupada cite la bible, ce ne peut etre que source d’inspiration pour lui.
        toutes mes excuses Père, j’espère juste que vous comprendrez que toute creature humaine ne peut avoir votre savoir et votre culture.

  4. mcjb
    22 juin 2006 à 10 h 26 min #

    je pose une question, pourquoi la verite serait elle l’apanage de l’eglise catholique, Srila PRABHUPADA, a fait un expose tres detaille sur l’explication de la phrase « au commencement etait le verbe », si j’ai bien compris, le souffle precurseur du verbe dans son expose.
    Cela rejoint totalement ce que je pensais apres avoir lu un article scientifique sur le magazine Ca m’interresse de fevrier 2005sur Dieu. l’apanage de l’experience mystique religieuse n’est pas réservé a certains, elle est bel et bien accessible a tous. mais la c’est une autre question qui decide de quoi.

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      22 juin 2006 à 12 h 24 min #

      L’Eglise catholique n’a jamais prétendu à « l’apanage de la vérité » : elle reconnaît même la présence de « semences du Verbe » (sous-entendu « de Vérité ») dans toutes les traditions. Mais elle prétend – ou plutôt elle croit (au sens fort de la vertu théologale et non de la simple croyance) qu’en Jésus-Christ, cette Vérité se révèle en plénitude. Quant au Prologue de Saint Jean, je crois que c’est un des textes les plus commentés de la littérature universelle ! En des sens souvent contradictoires d’ailleurs. L’Eglise n’a jamais interdit à quiconque de se pencher sur ces versets, mais elle prétend que pour le comprendre de manière authentique, il faut le lire à la lumière de l’Esprit Saint qui l’a inspiré à Saint Jean. Or la foi est précisément la lumière surnaturelle qui nous permet d’interpréter les Evangiles « en Esprit et vérité » (Jn 4, 23).

  5. mcjb
    23 juin 2006 à 9 h 09 min #

    Pour clore le sujet, et evidemment je donne un avis tout personnel,
    la première fonction de l’intelligence chez l’homme etant le raisonnement,
    je dirais que toute doctrine quelle qu’elle soit ne peut detenir la verite que si elle possede le savoir. c’est a dire la source exacte de toute verite

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      23 juin 2006 à 10 h 15 min #

      J’avoue ne pas bien comprendre. D’abord, la première « fonction » de l’intelligence, disons son objet formel, est l’intelligible ; ou si vous voulez l’essence des choses perçues par les sens. La raison n’est toujours que l’intelligence en mouvement, qui s’ébranle précisément à partir du travail abstractif de l’intelligence.
      Pour la suite de votre intervention, elle semble présupposer que la vérité existe en tant que telle dans un monde idéal auquel la « raison » aurait accès de manière à pouvoir se constituer un « savoir » authentique. Cela ressemble à un néo-gnosticisme, qui est en effet très en vogue de nos jours : la vérité serait accessible sous forme d’une « gnose » – c’est-à-dire d’un savoir. En général cette gnose est transmise au cours d’un rite initiatique et n’a pas grand-chose à voir avec le fruit d’une démarche rationnelle ; mais il est vrai que bon nombre d’écoles ésotériques diffusent une abondante littérature donnant l’impression de donner accès à un « savoir » (vérité absolue) apparemment rationnel, mais qui n’est qu’un ensemble plus ou moins cohérent construit à partir de prémices arbitraires.

      • mcjb
        23 juin 2006 à 14 h 49 min #

        Les hémisphères cérébraux constituent la partie la plus importante du cerveau. Ils sont le siège de la raison et de la créativité.(voir site sur le cerveau humain)

        c’est a partir du mot raison que j’etayais ma precedente intervention.

        A mon sens aucun dogme de quelque nature qu’il soit ne peut se dissocier de l’ensemble des sciences.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          23 juin 2006 à 15 h 06 min #

          Je regrette, mais je ne peux souscrire à ce que vous dites, qui relève d’une conception quasi matérialiste. La rationalité créatrice ne se situe pas dans les lobes du cerveau. Elle est d’ordre transcendant, spirituel. Certes pour s’exprimer, elle a besoin d’un organe, le cerveau. Mais l’instrument n’est pas l’artiste ; le cerveau n’est pas le sujet personnel. Quant aux dogmes religieux, ils sont l’expression conceptuelle du mystère révélé. Certes pour créer des concepts, je fais appel à mon cerveau ; mais les dogmes parlent d’une réalité transcendante, sur laquelle la science n’apporte aucune information, puisqu’elle l’ignore a priori par décision épistémologique (tout à fait justifiée).

          • mcjb
            23 juin 2006 à 17 h 14 min #

            desolee, vous ne m’avez pas comprise, deux fonctions cohabitent dans le cerveau la fonction raison et la fonction creativite,la fonction raison est specifique de la fonction creativite comme en toute chose. la fonction raison est l’art de relier une chose a une autre a partir de faits connus, la fonction creativite echappant quant a elle a tout raisonnement, mais la c’est un debat pilosophique qui nous ramene au philosophe Kant.

            dont je me permet de reproduire 4 citations

            L’apparence requiert art et finesse ; la vérité, calme et simplicité. (Emmanuel Kant)

            Le contraire de la vérité est la fausseté : quand elle est tenue pour vérité, elle se nomme erreur.

            (Emmanuel Kant)

            > Une proposition incorrecte est forcément fausse, mais une proposition correcte n’est pas forcément vraie.

            (Emmanuel Kant)

            Le bonheur est un idéal de l’imagination et non de la raison.

            (Emmanuel Kant)

            merci Pere de votre ecoute

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            23 juin 2006 à 17 h 28 min #

            J’avais bien compris que vous parliez de cette fameuse panacée universelle nommée latéralisation (des deux lobes) du cerveau, mais je voulais vous mettre avec obstination en garde contre une subtile dérive réductrice qui peut se cacher sous ce discours ! Quant à Emmanuel Kant, je vous avoue que sa philosophie n’est pas ma tasse de thé ! Comment ce sommet du rationalisme pourrait-il l’être pour un chrétien ? Vous devinez sans doute que je vais réagir à la dernière citation : le bonheur est un fruit de la grâce, et non de l’imagination !

          • mcjb
            23 juin 2006 à 19 h 15 min #

            Toute science, toute idéologie quelle qu’elle soit doivent etre au service du realisme, c’est a dire de la vie ici et maintenant, afin d’aider le vivant et ne saurait souffir d’aucune inexactitude.