Le retour du mythe de l’androgyne


L’androgyne se fait une jeunesse grâce au Da Vinci Code ! Il s’agit en fait d’un mythe aussi ancien que l’ésotérisme, dont il pourrait bien servir de sigle. L’androgyne serait l’état primordial de l’humanité, avant la dispersion dans la dualité sexuelle, fruit empoisonné de la « chute » de la monade (étincelle divine) dans la matière. Au terme du parcours involutif et évolutif, l’homme serait appelé à retrouver cet état d’androgyne, auquel les rites hiérogamiques sont supposés donner accès. Pour la Bible tout au contraire, la distinction sexuelle est au service de la découverte de l’autre dans sa différence et au service de l’éclosion de l’amour. Le terme du parcours n’est pas le retour à l’identique, mais l’unité dans la communion.

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5 réponses à “Le retour du mythe de l’androgyne”

  1. annie
    30 juin 2006 à 12 h 39 min #

    Ce sujet est très intéressant, et si je dois dire que je « sature » un peu sur le Da Vinci Code, je voudrais ajouter que le thème de l’androgyne est récurrent dans les dessins animés japonais (peut-être aussi les mangas, mais je n’y connais quasiment rien), en particuliers ceux de Miyazaki (le château dans le ciel, etc..). Techniquement, ce sont des chefs d’oeuvre, mais les enfants sont mis en contact avec une forme de pensée étrangère à la nôtre, où en particulier toute idée de salut offert par Dieu est absente, où il n’y a vraiment ni bien ni mal, et je pense que ça représente un danger. Je ne pense pas avoir la place de continuer ici, mais j’y reviendrais peut-être sur le forum.

    • Matthieu
      6 juillet 2006 à 17 h 44 min #

      C’est un peu normal qu’au Japon l’androgyne est roi. Leur culture, les gens, leur religion est rempli d’histoire se rapportant à ce principe.

      Le manga et les animés sont ( surtout ces temps-ci) des histoires d’être suicidaire ou manquant de vouloir de vivre. Des animes comme Blue Gender ou Gantz me glace le sang. Il faut le visionner pour comprendre.

      Il ne faut pas oublier, un peuple qui a une adoration pour le Dragon, est empreint de noirceur de ses ailes. J’aimerais justement que monsieur Villende s’exprime sur le lien du Dragon et des croyance asiatique face à notre ancestral combat contre se puissant Dragon

      • Père Joseph-Marie Verlinde
        7 juillet 2006 à 16 h 49 min #

        Le dragon est un serpent volant, ce qui apparaît plutôt contradictoire : le serpent est l’animal terrestre par excellence, l’oiseau appartient au ciel. Mais précisément : le dragon représente l’homme qui s’arrache à sa condition terrestre et ravit le ciel.
        Pour un judéo-chrétien, il s’agit du péché d’orgueil : « Vous serez comme des dieux » suggérait le serpent de Genèse 3. Mais pour un tenant du naturalisme – doctrine qui prétend que l’homme est divin par nature – nous arracher à notre condition humaine et découvrir que nous sommes des dieux est tout au contraire l’aboutissement du chemin spirituel. Voilà pourquoi dans ces traditions, le dragon est un animal initiatique – tout comme le Serpent de la Genèse pour le gnosticisme.

  2. O. Laprais
    9 juillet 2006 à 11 h 59 min #

    Deux questions :
    Vous utilisez le terme « monade » ; est ce que cela renvoi à Teilhard de Chardin ?
    Le sens de communion tel que vous le traiter appel à la communion charnel avec une recherche d’élévation spirituelle comme dans la spiritulaité indienne… Ai-je mal interprété ?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      9 juillet 2006 à 16 h 30 min #

      La « monade » désigne dans le langage ésotérique l’étincelle divine enfouie dans la matière (« chute originelle ») et qui devrait rejoindre le Plérôme au terme de son chemin d’involution/évolution. Rien à voir donc avec Teilhard de Chardin.
      Le tantrisme propose en effet d’ « utiliser » la rencontre charnelle entre l’homme et la femme pour atteindre des états dits mystiques, obtenus par sublimation de l’énergie libidinale. La rencontre charnelle est en effet interrompue avant l’éjaculation, de manière à ne pas « incarner » l’énergie sexuelle, mais à l’utiliser au niveau astral.