Dieu au-delà de tout


La Bible ne nous révèle pas qui Dieu est en soi, mais qui il veut être pour nous. Dieu y est désigné comme le Kadosh, le Tout-Autre. Le seul chemin d’accès à son mystère, est la voie apophatique : nous commençons par affirmer les attributs de Dieu à partir de la contemplation des perfections de la création, mais nous sommes immédiatement amenés à nier que Dieu soit beau, puissant, intelligent,… comme ses créatures : il possède ces perfections comme lui-seul les possède ; c’est-à-dire de manière suréminente, proprement divine. Même lorsque Jésus nous parle de Dieu comme d’un Père, il nous faut bien entendre que cette révélation ne s’accomplira pour nous qu’au terme du chemin sur lequel nous conduit l’Esprit, lorsque nous serons pleinement unis au Fils unique et qu’en lui nous connaitrons le Père en Esprit et vérité.

6 réponses à “Dieu au-delà de tout”

  1. Colombe
    8 juin 2006 à 7 h 50 min #

    Comment ne pas avoir la « nostalgie » de ce Tout-Autre dont nous comprenons bien que nous ne le connaîtrons pas tant que nous n’entrerons pas dans la vie. Comment vivre cette « nostalgie », ce « désert » dans la « joie » et « l’espérance » lorsque les épreuves de la vie s’accumulent de façon implacable et accepter dans la paix comme l’écrivait Rimbaud que « la vraie vie est ailleurs » et que « nous ne sommes pas au monde » !

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      15 juin 2006 à 8 h 46 min #

      Il me semble que c’est précisément cela l’espérance : la vertu théologale qui nous donne la force d’avancer dans la nuit de la foi et des épreuves de la vie, en nous dirigeant vers la lumière qui se lève en Jésus ressuscité.

      • Colombe
        27 juillet 2006 à 23 h 02 min #

        Merci Père, nous pouvons en effet vivre dans l’espérance contre vents et marées car « Dieu achève ce qu’il a commencé en chacun de nous », je comprends mieux à présent ce qu’une soeur carmélite me disait lorsque je lui demandais « mais pourquoi faire le choix de Dieu » et qui me répondait « parce qu’il n’y a de Dieu que Dieu ».

  2. Julien
    8 juin 2006 à 12 h 16 min #

    Devant le risque de conceptualisation de Dieu que vous signalez, Père Verlinde, j’ai beaucoup apprécié vos remarques distinguant Dieu transcendant et Dieu Saint (Tout-Autre).
    J’y vois un peu le paradoxe humain: l’homme veut comprendre Dieu, mais il doit en même temps respecter le mystère divin qui nécessairement le dépasse. C’est un peu comme le grand saint (dont je ne suis plus sûr de l’identité… Saint Augustin?) qui méditait sur la Ste Trinité. Un enfant faisait un trou dans le sable, puis courait vers la mer pour remplir son trou: il voulait y mettre toute l’eau de la mer! Absurde? C’est comme de perdre son temps à essayer de résoudre un mystère, et le saint comprit que c’était un messager de Dieu.

    Toutefois, il faut bien essayer de comprendre un peu, car la foi n’est pas contraire à la raison. C’est pourquoi, Dieu transcendant et Tout-Autre ne devraient pas, à mon avis, s’opposer. Rejeter le terme de transcendant par crainte de conceptualiser Dieu, c’est aussi taire un attribut de Dieu qui éclaire beaucoup plus que le Tout-Autre lorsqu’il s’agit de lutter contre le courant gnostique de l’énergie divine immanente de l’homme.
    Pour les lecteurs du site, pardon pour ces derniers gros mots, mais ils aident à comprendre l’idéologie gnostique ;-) et à la conceptualiser.

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      8 juin 2006 à 14 h 15 min #

      Vous avez bien sûr tout à fait raison : je ne faisais que citer de mémoire Martin Buber. Dès que je rentre à Mt Luzin, je ferai une citation exacte de cet auteur : cela permettrait de rectifier mon propos. Il ne s’agit pas de tomber dans l’agnosticisme, mais de bien situer la transcendance de Dieu dans une perspective apophatique.

  3. mcjb
    24 juin 2006 à 11 h 32 min #

    commmentaire trouve sur le site http://www.cosmovisions.com/
    site Imago Mundi

    Il n’y a pas de temps en Dieu, parce qu’il n’a pas de succession. Il n’y a en lui ni passé, ni avenir, mais un seul présent qui embrasse tout son être dans sa simplicité immuable.

Laisser un commentaire

Merci de poster ici votre commentaire.
Votre adresse courriel ne sera pas publiée.