La lèpre du soupçon

Je rentre d’une journée d’information sur le Da Vinci Code dans une école catholique : 200 jeunes de 16-17 ans dans la matinée ; idem dans l’après-midi. Au terme de cette expérience, je suis bien obligé de constater que le vers est dans la pomme ! Voici à titre d’exemple quelques interpellations :

- « Quand nous étions enfants, nos parents nous a appris ce qu’il fallait croire ; mais maintenant que nous grandissons, on nous “démontre” (sic) partout qu’on nous a trompés, et que rien n’est vrai de ce que l’Eglise nous enseigne ! »
- « L’Eglise nous manipule et nous raconte n’importe quoi ! »
- « En essayant de nous démontrer que le Code Da Vinci nous ment, c’est vous qui essayez de nous manipuler ! »
- « Si on nous a menti sur le mariage de Jésus et de Marie-Madeleine, il y a forcément d’autres secrets qu’on nous cache. »

Et bien d’autres interventions du même genre, souvent empreinte d’une agressivité à peine contenue. Inutile de demander à ces jeunes d’argumenter ou du moins de justifier leur propos : ils se contentent de répéter ce qu’« on » leur a dit, sans aucun souci de restituer la vérité historique du christianisme. A vrai dire, à aucun instant, je n’ai perçu une authentique quête de vérité dans leur démarche : nous étions plutôt au niveau d’un débat idéologique, les jeunes (du moins ceux qui s’exprimaient) prenant systématiquement l’a priori antichrétien du Da Vinci Code comme axiome de départ de leur raisonnement, l’un d’entre eux n’hésitant pas à présenter le roman comme une « source historique ». Certes lorsque je leur démontrais que l’ouvrage de Dan Brown est un tissu de mensonge, ils étaient un instant ébranlés, mais bien vite ils brandissaient un argument choc, dont je ne veux pas vous priver :

- « Vous n’auriez pas écrit votre livre si l’Eglise n’avait rien à cacher ! »
- « Le fait que vous essayez de démontrer les mensonges du Da Vinci Code nous confirme dans nos doutes vis-à-vis de l’Eglise. »

Bravo Mr Dan Brown : votre stratégie a pleinement réussie : le poison du soupçon contre le christianisme s’est insinué dans le cœur des jeunes ! Ainsi donc si l’Eglise se tait, elle avoue qu’elle est coupable ; si elle réagit, ce ne peut être que pour cacher ses complots inavouables. Bref : quoi que nous fassions nous sommes sur le banc des accusés. Il ne reste plus qu’à prononcer le verdict afin de débarrasser une fois pour toute la planète de cette institution moyenâgeuse dont les mensonges et les manipulations menacent insidieusement la liberté de conscience des individus.

Ce ne sont certes pas les jeunes rencontrés hier qui tireraient une telle conclusion de leurs propres propos ; mais comme elle s’impose, nul doute que d’autres s’en chargeront.

36 réponses à “La lèpre du soupçon”

  1. ainos
    14 mai 2006 à 20 h 43 min #

    Des affiches publicitaires à tous les coins de rues et sur les bus, des spots pub à la télé, on ne peut pas y échapper.

    Notre fils Benoît (8 ans), curieux de comprendre le pourquoi du mystère de ce livre et de ce film mystérieux, n’a pas hésité à nous poser des questions.

    Nous avions suffisamment d’arguments pour lui apporter des explications claires.

    Avec une grande spontanéité, il a souhaité qu’un virus détruise le film comme pour les fichiers sur ordinateurs.

    Peu importe le souhait irréalisable de Benoît, mais ce que nous avons retenu de sa réaction, c’est qu’il a un vif désir de protéger « son Jésus », et que le mal qui s’est infiltré dans « son Eglise », à travers ce livre et ce film « Da Vinci code », doit absolument être détruit.

    Et pour terminer, il a conclu : « mais de toutes façons c’est Jésus le plus puissant!… ».

    Parents, continuons à prier pour qu’avec la grâce de Dieu, nos enfants qui ont déjà ce vif désir de défendre « leur Eglise » et « Leur Jésus », ne croquent pas la pomme contenant le ver, malgré les nombreuses tentations.

    A quand les tables rondes entre les jeunes, ceux qui refusent La Vérité et ceux qui La clament au grand jour, et si possible arbitrées par le Père Verlinde (ce serait l’idéal…)?

    Moïse n’a-t-il pas dit : « le monde repose sur le souffle des enfants qui apprennent la Thora »….

    Patrick et Sonia

    • anne
      15 mai 2006 à 18 h 08 min #

      Le problème grave est que ce livre et film sortent à une époque ou l’Eglise traverse une période difficile. il n’y a pas une semaine sans que des scandales éclatent chez les pretres et certaines communautés. Nos éveques le savent mais très peu prennent leur responsabilités…. pas de vagues surtout! Ils veulent protéger l’Eglise mais ignorent l’humain!Je suis catholique praticante et je souffre de voir l’Eglise éclaboussée. Je ne crois pas aux balivernes de Dan Brown mais pour que nous soyons crédibles il faut qu’un grand ménage soit fait chez nous. Il ne faut plus accepter que de telles situations existent perdurent.La vérité éclatera forcément un jour et nos éveques seront coupables de ne ps avoir parlé et agi. Le meilleur exemple que l’on peut donner à nos jeunes est une attitude saine et responsable. Oui le vers est dans le fruit par manque de prise de décisions. Anne

      • Anonyme
        18 mai 2006 à 0 h 51 min #

        Accuser les prêtres d’etre responsables de la déchristianisation de notre monde occidental est-ce vraiment être dans la vérité de Notre-Seignur ? Tous nous avons reçu le jour de notre baptème la mission de les porter dans notre prière quotidienne
        et la Petite Thérèse disait que toute âme qui s’élève élève le monde. De plus, tout chrétien par son baptème est participant du sacerdoce du Christ. Tous nous avons à être des veilleurs et des éveilleurs. Quand on voit comment des sectes comme les Témoins de Jéhovah parlent de Dieu à temps et à contre-temps pour quoi sommes-nous si tièdes nous qui avons la Révélation du Verbe incarné ?
        Pour en revenir au Da Vinci Code c’est vrai qu’il fait beaucoup de bruit. Et s’il réveillait les consciences ?
        Lorsque Salman Rushdie a écrit les versets sataniques tous les adeptes du Coran ont hurlé à la mort, ont condamné l’auteur à la peine capitale … le plus grand scandale n’est-il pas que tant de gens boivent DB comme du petit lait?
        Marie-Jeanne

  2. ga
    14 mai 2006 à 21 h 13 min #

    Il me semble que le Da Vinci code ne fait pour l’essentiel que prêcher des convertis et qu’à ce titre le ver est dans la pomme depuis bien plus longtemps que la parution de cet ouvrage. C’est bien pour cela qu’une confrontation directe est probablement totalement inutile comme vous l’avez constaté à vos dépens

    Le seul bénéfice d’un combat contre ce ramassis d’âneries est la compilation d’arguments qui « tiennent la route » et qui fortifient notre foi.

    Mais plus profondément il me semble que notre religion, quoiqu’elle fasse ou dise (blanc ou noir) n’atteint plus les hommes d’aujourd’hui. Elle est donc cruellement réduite au silence, mais pas à l’inaction et seul de petits actes au quotidien, de chacun d’entre nous, pourront toucher les coeurs avant de toucher les esprits.

    Et si l’on rajoute le chapelet…

  3. Ga
    15 mai 2006 à 21 h 30 min #

    Une seule question, peut-être pas si saugrenue que cela: Ce film ne serait-il pas tout simplement une grimace du démon en réponse à un autre film: « La passion du Christ » de Mel Gibson?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      16 mai 2006 à 6 h 38 min #

      On peut effectivement le penser ; mais on m’a répondu à cet argument qu’en tout cas un livre connaissant un tel succès se devait d’être repris au cinéma ; autrement dit, même sans la « Passion », le « Da Vinci Code » serait sorti en salle.

      • Ga
        16 mai 2006 à 8 h 25 min #

        Pour être plus précis, dans mon esprit le livre et le film ne font qu’un, c’est là que j’imagine la grimace du démon.

        Merci en tous les cas pour votre site et pour cet espace de dialogue que vous nous offrez. Car bien des chrétiens sont isolés, c’est peu dire…

  4. Godefroy de Miscault
    16 mai 2006 à 7 h 24 min #

    Bonjour,
    Je voudrais vous répondre par ceci:
    « De l’apparente bassesse du Verbe, tu tireras une piété plus grande et plus riche à son égard. En effet plus elle est moquée par les incroyants, et mieux elle témoigne de sa divinité. Car ce que les hommes ne comprennent pas, parce que soi-disant impossible, lui, le montre possible ; ce dont les hommes se moquent comme d’une chose malséante, lui, prouve que cela convient à sa bonté ; la simple réalité humaine que les hommes ridiculisent au nom de leur sagesse, lui, montre par sa puissance qu’elle est divine. Il détruit l’illusion des idoles par sa prétendue bassesse, grâce à la croix. » (Saint Athanase d’Alexandrie, cité dans Magnificat jeudi 11 mai 2006)

    Je prie pour que l’Amour du Christ vienne habiter le coeur de tous les jeunes, avant tout les catholiques et surtout ceux qui sont scolarisés dans nos écoles catholiques. Que le Christ leur donne l’Esprit de Vérité,qui modèle les coeurs.
    Amicalement.

    G.de Miscault

  5. Colombe
    16 mai 2006 à 17 h 49 min #

    Il y a de quoi se sentir désarmé devant tant de récriminations …
    En ce qui concerne les écoles catholiques, elles ne sont pas toutes fréquentées par des catholiques pratiquants, j’en veux pour preuve une tibétaine que je connais, parisienne, dont le père a aidé l’actuel Dalaï Lama dans sa fuite du Tibet, qui met ses enfants dans une école catholique mais bien entendu pratique sa religion chez elle (entre tibétains) et ne se rend jamais dans les centres tibétains …

    Ceci n’est qu’un exemple que l’on peut comprendre aisément et qu’il ne serait pas opportun de juger mais ils sont nombreux ces exemples, familles musulmanes ou d’autres origines mettant leurs enfants dans les écoles catholiques parce que c’est plus sûr, je crois d’ailleurs qu’un terme a été mis à cela et que des écoles hors contrat ouvrent un peu partout sous différentes couleurs pour remédier aux nombreux problèmes rencontrés par l’Éducation Nationale.

    Et cela n’est pas nouveau !
    Sans compter les enfants qui fréquentent ces écoles car leurs parents et grands-parents les ont fréquentées (classe bourgeoise en général), ce qui ne veut pas forcément dire que les parents sont pratiquants, leur pratique est devenue conventionnelle et quelque peu « hypocrite », il faut bien le dire !

    L’Église, en France, reste le lieu des baptêmes, des communions et des mariages en famille et avec les amis (heureusement), comme une formalité (sacrée, quand même) héritée d’antan, dont il n’est pas question de se séparer mais que l’on n’ose pas vraiment regarder en face.
    Ceci n’est pas tout à fait vrai cependant car dans mon quartier, qui est populaire, je félicite toujours les antillais et les personnes d’origine africaine car s’ils n’étaient pas à la messe le dimanche ainsi que les autres jours pour témoigner de leur foi, il y aurait peu de monde (sauf les jours de cérémonie …)

    C’est un peu comme si la « spiritualité » catholique était occultée, inconnue ou inintéressante ! Et pourtant !
    En fait, être « spi », surtout catho, fait peur alors qu’être « psy », est communément accepté et de bon ton !

    Les bobos se rendent à ces cérémonies car il est de mise d’y figurer avec la tenue adéquate mais ensuite, ils se réfugient dans le politiquement correct et ne veulent surtout pas prendre parti, ils ont peur d’affirmer quoi que ce soit alors que DB lui ne se gêne pas puisqu’il réussit avec son équipe efficace et pro à mobiliser les médias internationaux, écrit une suite, logique, et le tapis rouge est déroulé, celui de Cannes, ville symbole du luxe et du factice s’il en est, qui continue de faire rêver avec ses idoles et son glamour.

    La réflexion d’un membre de l’Opus Dei interrogé par un journaliste hier soir, comparant les mortifications que leurs membres s’imposent aux heures interminables de maquillage, coiffage, lifting etc …, que j’ai entendue hier m’a fait sourire, bien vu !

    La tiédeur de certains de mes compatriotes me consterne, j’ose espérer cependant qu’ils vont se mobiliser et se situer dans tout ce tintamarre car, comme dirait notre Premier Ministre « Trop, c’est trop ! »
    Il a bien raison, et en prime, lui au moins, il se situe !

    • Colombe
      16 mai 2006 à 21 h 19 min #

      Je termine mon message après avoir vu à la télé le comble de la vulgarité, je n’en croyais pas mes yeux : un Eurostar spécial à l’effigie du Da Vinci Code, ayant parcouru Londres – Cannes « 1421 km sans arrêt, du jamais vu » dixit le commentateur, pour se rendre dans l’enclave, Cannes, du Festival Mondial du Cinéma, avec tout ce beau monde à bord, mieux vaut en rire ! Cet étalage de richesse et de malhonnêteté devrait quand même remuer les consciences … « It’s just disgusting ! »

  6. Pierre-Aelred
    16 mai 2006 à 19 h 08 min #

    Ce système est déjà en place depuis bien longtemps et procède toujours du même amalgame. Ainsi, si l’office était en latin c’est que déjà l’Eglise avait quelque chose à cacher, si une partie de la liturgie n’est pas instantanément compréhensible c’est qu’un enseignement réservé à une élite se cache derrière… Ayant été novice-trappiste combien de fois n’ai-je pas entendu ou lu (dans le cahier des intentions de prières !) que si la clôture n’était pas accessible à tous et toutes c’est que forcément les moines avaient quelque secret inavouable !
    Nos contemporains ont (contrairement à une idée largement répandu) une culture générale de plus en plus restreinte et par contrecoup se sentent frustrés par ce qui leur échappe. Comme s’instruire, s’informer en vérité, demande un effort, chose que beaucoup considèrent comme un acte superflu (je parle de tout effort en général) il est donc plus aisé de dénoncer de pseudo cabales. Qu’un livre mal écrit, à l’intrigue risible et aux « révélations » moisies soit considéré comme un chef d’œuvre d’érudition en dit long… Et dire qu’il y a 25 ans c’est un petit bijou comme « Le Nom de la Rose » qui faisait parler de lui, en dit très long sur l’appauvrissement intellectuel de nos concitoyens. Au moins avec Eco il y a avait matière à réfutation. Là il n’y aurait que matière à rire si malheureusement nous n’étions entourés par des « veaux » pour reprendre une expression du général.

  7. Anonyme
    17 mai 2006 à 2 h 09 min #

    Quel fabuleux travail monté contre l’Église et quoi de mieux pour en ajouter à la cause en choisissant comme acteur principal Tom Hanks , le seul acteur qui mérite le plus d’oscars etc… La popularité joue pour ses fans…

  8. Colombe
    17 mai 2006 à 7 h 06 min #

    J’invite tous les ignorants dont je fais partie (mais je m’améliore grâce à l’Esprit Saint) à diffuser largement l’info suivante, ce qui est possible en se rendant sur le site ZENIT.org : extraits,

    « ROME, Mardi 16 mai 2006 (ZENIT.org)

    « Le Da Vinci Code: une magistrale tromperie »: tel est le titre du documentaire réalisé par Mario Biasetti pour l’agence « Rome Reports News », qui raconte comment le roman de Dan Brown est construit sur un château de mystifications. »

    Mais pour le P. O’Collins, c’est une « chance » pour les catholiques préparés : il a créé un « public énorme » qui attend …

    « Mais comment expliquer l’engouement du public pour ces thèses sans fondement ? Pour le jésuite, cela révèle l’ignorance de tant de personnes, « une ignorance ‘abyssale’ dans les domaines de l’histoire des Saintes Ecritures » et qui est « de notre faute ». »

    • JPG
      20 mai 2006 à 0 h 29 min #

      Ô combien d’accord avec le Père O’Collins !

      Merci pour cette information.
      Ainsi mon ressenti ne m’isole pas et recoupe l’avis de plus savants et plus engagés que moi.

  9. Pierre-Aelred
    17 mai 2006 à 8 h 55 min #

    Voici une bonne nouvelle : « Des rires avaient auparavant salué la révélation clé du film, quand Tom Hanks, qui joue le rôle du professeur en sémiologie Robert Langdon, révèle à Audrey Tautou, qui incarne la jeune Française Sophie Neveu, qu’elle est sans doute la descendante de Jesus Christ. » (Extrait de l’article de l’AFP sur l’avant-première du Da Vinci Code, hier soir à Cannes)

  10. J-P Viaud
    17 mai 2006 à 17 h 03 min #

    Bonjour tout le monde. Je suis désolé de lire les commentaires en annexe sur le site de Esprit et vie à l’article « le vrai secret du Da Vinci Code ». Ces commentaires confirment l’impression du Père Verlinden : l’occidental moyen est en train de se faire déchristianniser à grande vitesse. Mais, je ne suis pas inquiet. À chacun d’écouter la voix du Christ : il faut tenir bout jusqu’au bout, afin d’être sauvé.

  11. Raymond
    17 mai 2006 à 21 h 37 min #

    Je pense que l’église fait une grossière erreur en voulant se placer sur le terrain de l’histoire, qui n’est pas le sien. Certes, Da Vinci code est une fiction mais le dogme catholique de la divinité du Christ n’est-il pas aussi une fiction, un article qui relève uniquement de la foi ? Que vient faire l’histoire là dedans ?
    Il n’y a aucun argument ou écrit historique en dehors de la Bible qui permette d’affirmer la véracité du dogme chrétien de la divinité du Christ.
    Quant aux évangiles apocryphes, ils sont écartés car non seulement ils remettent en cause le dogme de l’église mais laissent supposer qu’il y a eu effectivement une volonté de la part des premiers pères de l’église de falsifier la vérité en retirant ces
    ces textes du canon romain, et en les cachant. Pourquoi l’église s’acharne depuis des siècles à combattre ces idées ?
    Les idées gnostiques ne sont pas mortes, et je ne vois pas pourquoi au nom de la tolérance, on aurait pas droit de faire connaitre leur vision de Jésus qui est différente de celle de l’église mais qui nous montre Jésus plus humain et pas mysogine. Seule l’église aurait le monopole de la vérité ? Tout n’est qu’une question de Foi et elle des gnostiques est aussi respectable que celle de l’église.
    Raymond

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      18 mai 2006 à 8 h 12 min #

      Je m’insurge contre la position qui considère que l’histoire n’a rien à voir dans la foi ! La foi est adhésion au Dabar de Dieu, c’est-à-dire à sa Parole-Evénement. Le spécifique de la Révélation judéo-chrétienne, c’est précisément qu’elle est essentiellement historique. L’intervention de Dieu dans l’histoire est interprétée par l’hagiographe (l’auteur inspiré) et c’est cet événement décrypté à la lumière de l’Esprit qui fait l’objet de notre foi. Rien, absolument rien à voir avec une fiction !
      Nous avons plusieurs témoignages d’historiens non croyants de l’époque de la fondation du christianisme qui attestent qu’il y a effectivement eu un certain Jésus qui fut crucifié et dont les disciples prétendaient qu’il est ressuscité. L’événement historique est donc bien attesté, ainsi que l’interprétation croyante. Celle-ci ne contraint pas à l’adhésion bien sûr, mais il est important de savoir que l’interprétation croyante date de l’événement de Pâque, et pas du IVe s. comme le prétend Dan Brown.
      Quant aux apocryphes, il s’agit de textes tardifs, postérieurs à la clôture du canon ; il ne saurait être question de les mettre en balance avec des écrits datant du Ie s. (les évangiles) alors que les apocryphes les plus anciens datent du IIes. Les Pères ne pouvaient pas retirer des textes qui n’existaient pas encore ! Par contre les Pères ont effectivement réagi contre les gnostiques lorsque ceux-ci se sont servis de la littérature chrétienne en pleine diffusion pour essayer de faire passer leur doctrine, moyennant quelques falsifications notables. Autrement dit, le processus est exactement l’inverse de celui que vous suggérez ; et cette mise au point pourrait être faite par tout historien, même non croyant : il suffit de se référer aux documents de l’époque.
      Bien sûr l’interprétation gnostique a droit de cité : les auteurs néo-gnostiques n’ont pas attendu Dan Brown pour publier leurs ouvrages. Mais ce qui n’est pas admissible, c’est que l’on profite de cette diffusion pour calomnier le christianisme en présentant des doctrines totalement fictives susceptibles de jeter le soupçon sur l’Eglise. Par exemple : la doctrine que vous évoquez d’une soi-disant manipulation des textes par les Pères, tout comme celle de la soi-disant misogynie de l’Eglise. Lorsque vous prétendez que le Jésus gnostique est plus humain, vous trahissez que vous n’avez jamais eu de document gnostique sous les yeux, car vous sauriez que l’histoire n’a aucune valeur pour les gnostiques : leurs documents sont une compilation de logia (paroles) sans aucune chaleur humaine, sans aucune description des actions, sentiments des personnages, si ce n’est dans un sens crypté qu’il faut savoir décoder (n’oubliez pas qu’il s’agit d’une littérature ésotérique !) sans quoi les contresens seront légions (comme l’interprétation du fameux baiser de Jésus à Marie-Madeleine qui fait rire tous les spécialistes !).

      • Raymond
        18 mai 2006 à 13 h 04 min #

        Mon père, je persiste à affirmer que la croyance en la divinité du Christ n’a rien d’historique. C’est votre foi, elle est respectable tout comme les autres interprêtations ou suppositions sur la vie de Jésus ont le droit d’être discutées sur la place publique. Jésus n’est pas la propriété privée de l’église catholique.

        Les évangiles apocryphes donnent une place éminente à Marie Madeleine, parmi tous les disciples. C’est un pape du VIème siècle qui la désignera comme une prostituée, n’est-ce pas là, une tentative de falsification ?

        On sait tellement peu de choses sur la vie historique de Jésus que toutes les suppositions deviennent possibles, par exemple certains utilisent l’argument qu’à cette époque il était normal qu’un rabbi juif fut marié et ait une descendance c’est même le contraire qui eut été choquant. Un chercheur objectif, a le droit d’en tenir compte.

        Seul l’écrivain Josephe mentionne qu’un certain Jésus fut bien crucifié,
        le célèbre Philon qui a beaucoup écrit et qui vivait à l’époque de Jésus n’en parle pas, quant à Pline le jeune, il ne fait que rapporter la foi des chrétiens, c’est donc bien peu sur le plan purement historique !
        Et vous savez bien que les évangiles appartiennent au domaine de la foi et ne seront jamais considérés comme des preuves historiques sérieuses.

        On sait que l’église s’est imposée parmi toutes les sectes chrétiennes qui ont été déclarées hérétiques, grâce à l’aide du pouvoir temporel de l’empereur, et de là, il est inimaginable de penser qu’il n’y ait pas eu des manipulations, des tentatives de déformer l’enseignement à des fins pas toujours spirituelles, ce ne sont que des soupçons mais bien légitimes pour un chercheur.

        Aujourd’hui, de nombreux groupes ésotériques qui se réclament de la Gnose, ont une vision complètement différente du Christ, les évèques ont
        parfaitement le droit de dire que leur vision n’est pas conforme à la foi catholique, c’est tout à fait normal, mais de là à déclarer devant un public qui n’est pas forcément catholique, que c’est de la fiction, je trouve que ce n’est pas trés adroit et ça risque de se retourner contre l’église.

        Dans un état laïc une religion n’a pas à imposer sa vision comme étant admise, et en tant que laïc, la façon dont l’église réagit me met mal à l’aide et me rappelle l’affaire des caricatures.

        Je vous remercie en tout cas d’avoir publié ma réaction.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          20 mai 2006 à 8 h 18 min #

          Nous sommes bien d’accord : les Evangiles sont des témoignages de foi et non pas des chroniques historiques ! Mais ils datent du Ie s. alors que les interprétations gnostiques datent pour les plus anciennes du IInd siècle. De plus les gnostiques n’ont aucune prétention historique : les évangiles apocryphes sont une collection de logia (paroles) transmettant la gnose (connaissance prétendument salvifique). Pour eux l’histoire n’a aucune importance, puisque le monde, la matière, sont mauvais : seule la destinée de l’étincelle spirituelle compte. Il est donc impossible (épistémologiquement parlant) de mettre en balance les Evangiles canoniques et les documents gnostiques : ils n’ont pas la même visée.
          Certes de nombreuses interprétations du personnage de Jésus de Nazareth – souvent contradictoires comme j’ai pu le montrer sur le site final-age et dans mes bouquins – sont « autorisées » (ce qui prouve que Jésus est un personnage appartenant à l’histoire universelle, ce qui accrédite sa réalité historique !) ; par contre ce qui est hautement critiquable dans l’ouvrage de Dan Brown, c’est qu’il falsifie les données historiques qui rendent compte de l’émergence du credo chrétien (son « explication » sur le concile de Nicée) et qu’il jette par le fait même un soupçon sur l’origine de la foi de l’Eglise (créée selon lui de toute pièce par Constantin, et non dans la confrontation déconcertante des apôtres avec leur Seigneur ressuscité). Que l’on n’adhère pas nécessairement à la proposition de foi chrétienne est évident, mais il n’est pas pour autant légitime de l’accuser de mensonge. Même si on n’y adhère pas, on ne peut nier que c’est au lendemain de Pâque (ou de la Pentecôte) qu’est né le christianisme.

      • Colombe
        18 mai 2006 à 22 h 09 min #

        Merci Père Joseph-Marie d’avoir « recadré » Raymond avec fermeté, vraisemblablement, il n’a aucune idée de ce qui se passe dans les milieux ésotériques lorsque l’être humain en quête de spiritualité et de sens, s’engage, comme ce fut mon cas, totalement.

        Je ne peux que le renvoyer à votre ouvrage « Les impostures antichrétiennes » qui vient à point nommé et pour lequel je vous remercie car il reflète le travail considérable d’un théologien, philosophe, prêtre engagé, dont je cautionne l’intelligence, la pertinence, la qualité du discernement, l’honnêteté et le courage.

        Quant au gosticisme, à l’occultisme et au « tantra » qui sont un véritable fléau je peux parler de mon vécu et non pas de fiction, de nombreuses années d’endoctrinnement et de privation de liberté, de non tolérance vécue dans mon corps, dans ma chair et dans mon esprit par la pratique ô combien exigente du boudhisme tibétain, interminables pujas (rituels) en tibétain et récitations de mantras en sanscrit (en posture de Bouddha) avec prosternations, 100000 de préférence (lire pour cela les Préliminaires Communes) et pratiques ascétiques avec des tibétains et ensuite de l’hindouisme avec des hindous vénérés comme des dieux qui ont eu raison de moi : végétarisme à outrance, j’en suis tombée malade, destruction totale de mon identité, tout cela sous couvert de spiritualité, je suis enfin revenue à la raison grâce à Dieu, grâce à Lui qui veillait et je ne supporte pas que l’on salisse le mystère de la Sainte Trinité qui est le seul qui m’ait rendue libre, enfin, et non pas aliénée comme je l’étais pendant toutes ces années idolâtres …

        Quant à la misogynie et la diabolisation de la sexualité par l’Église, alors là, « il n’y a pas photo », que d’arrogance et de dédain vis-à-vis des femmes chez ces prétendus sages/swamis, quel manque d’amour et de douceur, aucun sens de la fraternité, aucun geste d’amitié réelle, non, au contraire, un assujettissement et la vision d’une sexualité exacerbée en permanence puisque véhiculant la fameuse énergie spirituelle devant être canalisée avec nos propres forces sous le regard courroucé ou séducteur du guru (passage à l’acte compris dans beaucoup de cas et addition salée, c’est bon pour le karma, l’accumulation de mérites) que de suffisance chez ces gurus, que d’intolérance dans ce prétendu détachement et quelle vulgarité, que d’attitudes pour le moins équivoques, il n’y a qu’à regarder la profusion dans les temples du « shiva-lingam », cette obsession permanente et indécente du sexe vénéré par les femmes hindoues sans parler des comportements indignes et déviants qui y sont liés ni de toute la littérature concernant les massages, ayurvédiques, particulièrement tendance, « yoni » compris, non vraiment, vous ne savez pas de quoi vous parlez Raymond.

        Il est dit clairement et je l’ai entendu pendant toutes ces années qu’il ne fallait pas fréquenter des non-bouddhistes lorsque l’on était pratiquant boudhiste, tout le monde sait bien que le boudhisme n’est pas une religion prosélyte ! Restons-donc entre initités « hébétés » (je pense tout particulièrement aux théosophes … qui pour moi « détiennent le pompon » !) ou « hallucinés » si vous préférez.

        Bien entendu, il y a des exceptions, peu, et j’ai rencontré un vieux moine tibétain sincère et aimant, simple et humble, plein de compassion, pour autant c’est Jésus que j’ai choisi d’aimer car Il m’avait déjà choisie, Il m’aimait déjà, j’avais reçu entre autres le sacrement du baptême, enfant, j’ai trouvé ce que je cherchais, l’altérité et je ne changerai plus, « pour rien au monde ».

        • Michelle
          19 juin 2006 à 15 h 58 min #

          Merci de votre témoignage. Une amie de la famille qui a reçu une éducation chrétienne, s’est tournée radicalement vers le boudhisme,
          Un de mes enfants est né avec un handicap profond, et je me suis entendue dire par cette personne que c’était son karma,je lui ai demandé raison de ce qu’elle était en train de me dire, alors que notre famille était plongée dans la souffrance, j’ai réagi , ce jour là à la limite de la nausée. Nous l’avons fait baptisée,
          et revivant ce moment là, je crois que ce jour là, nous avons reçu la grace quotidienne, pour nous donner la force d’élever notre enfant. Merci encore de votre témoignage bouleversant .

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            19 juin 2006 à 16 h 11 min #

            …et merci de nous partager le vôtre !
            PJM+

  12. Philou
    18 mai 2006 à 3 h 50 min #

    Bonjour,

    Je me permets de vous soumettre ma foi profonde, en effet, l’Histoire est une chose difficile à prouver, ma foi en Jésus, en son enseignement, en son modèle d’Homme que Dieu a voulu offrir à l’humanité comme point 0 du calendrier, point de départ de l’espérance en la Vie Eternelle,comme premier né après la mort, reste valable même si cette histoire de relation amoureuse cachée est vraie … De plus, cela fait de la publicité à Jésus, de plus sans l’Eglise, ceux qui se font de l’argent avec cette histoire de Da Vinci Code n’existeraient pas !

    Ma foi en Dieu et en Jésus reste vraie et forte, même avec une Eglise imparfaite faite d’hommes pécheurs, d’intrigues socio-politiques dans l’Histoire, de meurtres de sorcières et d’autres meurtres et viols par les Croisés ! Je trouve d’ailleurs que c’est une bonne chose pour l’Eglise de ne plus avoir l’énorme pouvoir temporel du passé …

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      20 mai 2006 à 7 h 55 min #

      Il est difficile de soutenir que Jésus ait été marié, étant donné le verset par lequel il répondait probablement à une moquerie un peu méprisante concernant son célibat : « Il y a, en effet, des eunuques qui sont nés ainsi du sein de leur mère, il y a des eunuques qui le sont devenus par l’action des hommes, et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » (Mt 19, 12). Se situant dans la ligne de ce qui se pratiquait à Qumran (Esséniens), Jésus fait allusion à la pratique du célibat en vue du Royaume. C’est d’ailleurs ainsi qu’il faut également entendre la réponse de la Vierge Marie à l’Ange au moment de l’Annonciation : « Comment cela se fera-t-il puisque je ne connais point d’homme ? » L’expression grecque signifie non seulement qu’actuellement Marie est célibataire, mais aussi qu’elle compte bien le rester, c’est-à-dire qu’il s’agit d’une option définitive, d’un vœu.

  13. Anonyme
    18 mai 2006 à 23 h 13 min #

    Je sors de voir ce film qui n’est rien d’autre qu’un ésotérico-polar à prendre comme on prend un western de 2ème classe. On monte dans la diligence et les événements attendus se produisent ou reproduisent. Certes l’église – plus exactement l’OD – y est présentée sous un jour plutôt négatif (complotisme, occultisme, maffia criminelle…) dont on peut comprendre qu’il déplaise.
    Un flic sous influence (JRéno en membre de l’OD pas crédible mais oublieux de son devoir et des règles de son métier), un historien pas très pro et extra lucide (THanks), 3 ou 4 prêlats pas très sympa et tripatouilleurs (réf à une certaine banque romaine?), un ange exterminateur complètement dejanté à coup de chat à neuf queues et manipulé… quant à la descendante du pseudo couple JC-MM une gourdasse inexpressive…

    A part ça une jolie légende mal servie qui pose quand même une question « Qu’est-ce que ça change(rait) que Jésus ait eu une descendance? ». Au lieu de se polariser sur la critique implicite de l’église (qui n’a quand même pas toujours été un modèle) n’y-a-t-il pas mieux à faire en répondant à cette question?

    Paul

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      20 mai 2006 à 8 h 06 min #

      J’ai déjà donné un élément de réponse dans un échange précédent dans lequel je faisais allusion à la parole de Jésus concernant « les eunuques pour le Royaume ». J’ajoute que Jésus est l’archétype non pas du seul masculin, mais des deux sexes. L’iconographie représente Jésus en Pantocrator, tandis que de part et d’autre de lui, Marie et Jean-Baptiste représentent les principes masculins et féminins.
      N’oublions pas que le Christ est le Sauveur de l’homme et de la femme : il est certes de sexe masculin, mais le Verbe assume en lui les deux polarités de l’humanité. Faut-il préciser que le Dieu judéo-chrétien est au-delà de la sexualité, et qu’il ne se confond en rien avec un androgyne qui rassemblerait en lui les deux pôles ? Il s’agit là encore d’une vision ésotérique (et naturaliste) selon laquelle l’énergie divine serait l’équilibre des deux polarités sexuelles confondues. C’est d’ailleurs cette expérience (dite mystique) d’un soi-disant androgynat primordial (« l’Adam Kadmon ») qui est recherchée dans l’hiérogamie.

  14. Fred
    23 mai 2006 à 20 h 51 min #

    Hé ho ! Allez un peu de courage tout le mande ! J’ai apprécié ce que le père Joseph-Marie a déclaré sur KTO. « Cela fait 30 000 ans que l’homme est apparu et seulement 2000 ans que Jésus est arrivé ! Alors, haut les coeurs et évangélisons ! »

    A la lumière de cette parole, soyons des personnes qui transpire,t la joie de la résurection pour donner du sel à la vie et beaucoup d’Amour. ;-)

    • Anonyme
      25 mai 2006 à 0 h 43 min #

      Voila un grand bon sens.
      Je pourrais ajouter qu’après 2000 ans d’évangélisation qq fois forcée il y a encore 4-5 milliards d’individus qui ne pensent pas chrétiennement.
      Alors… avant de se précipiter peut être faudrait-il se poser la question du pourquoi?

      Paul

      • Père Joseph-Marie Verlinde
        25 mai 2006 à 7 h 14 min #

        …parce qu’il faut du temps pour que la Bonne Nouvelle pénètre dans le paganisme qui subsiste en nous et nous convertisse en profondeur !

        • Anonyme
          25 mai 2006 à 14 h 36 min #

          Bien que vrai, n’est-ce pas un peu court?
          Le Christ nous a donné sa personne, son exemple, son message et les base de l’organisation chargé de poursuivre.
          Schématiquement il nous a mis la fusée sur le pas de tir. Or celle ci ne décolle pas ou quand elle décolle n’atteint pas son but.
          Peut-on dès lors faire l’économie du questionnement sur la compétence des moyens, leur implication, la qualité du vecteur, celle de l’information et des circuits de communication….etc…?
          Dans n’importe quelle entreprise on aurait viré le patron opérationnel et les cadres pour moins que ça!!!
          En Eglise comme ce n’est pas statutairement possible (voir Droit Canon) ce sont les fidèles qui s’en vont et/ou qui se laissent séduire par les sirènes du new-âge.

          Paul

          • Fred
            25 mai 2006 à 18 h 51 min #

            Certes, les hommes que nous sommes sont faibles. Cependant, c’est Dieu qui travaille avec les hommes au sein de son Eglise, par l’onction de l’Esprit qui la guide et la conduit sur le chemin de la vérité et de la vie.

            De plus, saint Paul nous a rappelé aujourd’hui que les dons que Jésus «a faits aux hommes, ce sont d’abord les Apôtres, puis les prophètes et les missionnaires de l’Évangile, et aussi les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, le peuple saint est organisé pour que les tâches du ministère soient accomplies, et que se construise le corps du Christ.
            Au terme, nous parviendrons tous ensemble à l’unité dans la foi et la vraie connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la plénitude de la stature du Christ.»
            Ep 4, 1-13

  15. claude Jennesson
    25 mai 2006 à 18 h 33 min #

    L’attitude de ces jeunes ne cache-t-elle pas une profonde angoisse devant un monde surmédiatisé où la surinformation tue l’information. En effet ne sommes-nous pas arrivés à une époque où cette incapacité à discerner ce qui est vrai de ce qui est faux crée par voie de conséquence une méfiance à l’égard de toute institution qu’elle soit politique, religieuse où autre et nourrit ainsi toutes les théories conspirationnistes en entretenant un climat qui frise la paranoïa. Plus que jamais, je pense que la parole de l’Eglise, corps du Christ, est toujours parole vivante pour les hommes .Même si elle fait, plus que jamais, l’objet d’attaques indignes, elle doit rester fidèle à ses pères et à son credo. Dans ce monde qui perd la boussole et où tout s’accélère si vite, l’Eglise est la pierre d’angle des bâtisseurs. Sans elle tout s’écroulera.

  16. Anonyme
    30 mai 2006 à 16 h 33 min #

    cher père,
    que vous dire ? continuons !
    dans notre groupe biblique nous préparons un exposé, en s’aidant de votre livre. ainsi nous formons les mamans et catéchistes à répondre aux jeunes.
    Nous étudions St Paul, et je me rends compte que la jeune Eglise des 1ers siècles en a vu d’autres ! comme vous l’expliquez fort bien, c’est la vieille gnose qui revient …
    alors, rappellons-nous la phrase de l’Evangile, citée d’ailleurs par Jean-paul II : « N’ayez pas peur ! »
    M.N.DAVERGNE

  17. Julien
    2 juin 2006 à 1 h 11 min #

    Je ne me suis pas encore procuré votre livre, Père Verlinde, mais je ne peux m’empêcher de penser à la réaction de mon évêque face à la vague DaVinciCode.
    Interviewé dans un journal local, ces réponses peuvent être lues de deux façons: une personne avertie sera d’accord; une personne qui n’a pas lu ou vu le film DVC, ou un aficionado comprendra: nos contemporains sont des imbéciles, ils gobent n’importe quoi. A la question de savoir si Jésus était marié… c’est déjà tranché par les spécialistes depuis bien longtemps. A savoir si Marie-Madeleine a donné naissance à la lignée de Jésus… c’est ridicule! Point.
    Le journaliste a peut-être réduit les propos de l’évêque… mais sans doute existe-t-il un droit de relecture.

    J’ai personnellement rencontré des fans du DVC… d’une dizaine d’années plus âgés que vos jeunes, Père Verlinde. En m’appuyant sur la remarque judicieuse d’un prof de Sorbonne entendu à la télévision, voici ce que je leur ai dit:

    * si le DVC était sorti en 1990, il n’aurait pas connu son succès actuel à l’instar de ses autres bouquins qui sont réédités… car le public n’était pas prêt.

    * aujourd’hui nos contemporains – et c’est flagrant en collège/lycée! – vivent dans une société d’exclusion. Dans un collège rural de 300-350 élèves, celui qui n’a pas de téléphone portable en 5e est exclus du groupe! Il fait d’abord l’objet de sarcasmes, et finit par ne désirer qu’une chose: être intégré dans le groupe. Tout le microcosme s’organise entre inclus et exclus.

    * Le thème du complot, des personnes exclues de manière indue de l’Eglise, cela résonne en eux. Eux-mêmes ont vécu ce sentiment d’être rejeté, et c’est aujourd’hui la pire des choses qu’ils appréhendent. En plus de cela, le prieuré de Sion présente une liste des « stars » de leur temps… on retrouve la distinction « winners »/ »losers » ou « gagnants »/ »perdants ». Cette distinction est aussi présente dans Harry Potter, les enfants la connaissent. Il leur faut tout entreprendre pour entrer dans le groupe des « gagnants ». Cela résonne en eux, car ils vivent cette réalité. Leur monde est organisé ainsi, donc le discours de Dan Brown est d’autant plus compris comme vrai.

    * ce qui fait le lien entre les « gagnants » dépasse cependant le simple port d’un lecteur MP3, d’un portable ou d’une paire de chaussure. Les « gagnants », comme l’héroïne du DVC qui a le sang sacré en elle, le sang du Christ, sont donc nécessairement d’une race pure… et ça, ce n’est vraiment pas loin de la conception nazi en faveur de l’aryanisme! L’exemple du racisme ou de l’anti-racisme, de l’antisémitisme, bref du communautarisme ethnique d’actualité montre bien que ce courant est « porteur ». Pour alerter nos contemporains, ce raisonnement amenant logiquement à un néo-nazisme me semble convaincant.
    Qu’en pensez-vous?

  18. Colombe
    13 juin 2006 à 18 h 50 min #

    Merci Père pour votre conférence d’hier et pour l’appel à la mobilisation et au discernement actif des chrétiens catholiques notamment devant le danger du paradigme indécent dans lequel « le citoyen lambda » semble immergé et anesthésié, cautionnant aveuglément Dan Brown, Wica and Co. sans même s’en rendre compte !

    Votre exposé on ne peut plus clair sur notre capacité à utiliser notre raison, notre pensée critique ainsi que la faculté d’anticiper les effets pervers, le totalitarisme, risquant de se produire, se produisant déjà, malheureusement, dans les mentalités, face à ce raz de marée, a de quoi motiver toutes celles et ceux qui sont attachés à la liberté, à la justice et à la vérité, a fortiori ceux qui vivent de la foi chrétienne étant donné que vous nous avez confié que Dan Brown vous « contraignait » en quelque sorte à vous convertir, pardonnez-moi, ce n’est peut-être pas le mot exact que vous avez utilisé mais ce que je retiens, c’est que la conversion est plus que jamais à l’ordre du jour en ces temps « funestes » et c’est tant mieux même si cela n’est pas évident pour bon nombre de chrétiens consacrés ou non, c’est d’ailleurs tout d’abord là que semble se situer la problèmatique étant donné qu’une Institution comme l’Église Catholique, « le Vatican » … nous avez-vous fait remarquer en évoquant ce mot non sans humour à la manière dont il est forcément perçu par le « romanesque » DB qui malheureusement n’est pas qu’un auteur de polars !

    Tout cela est vraiment grave mais c’est dans la joie et la lumière du Christ que nous allons réagir.
    Il serait plus pratique que « par un coup de baguette magique » l’aliénation galoppante inverse sa trajectoire et dans un éclair de conscience se rende compte que cette tumeur maligne est à éradiquer « séance tenante » mais nous ne sommes pas dupes et nous ne croyons pas aux coups de baguette magique des sorciers en tout genre et nous ne pouvons pas nous endormir sur nos lauriers, nous croyons en l’Esprit Saint qui saura nous indiquer la voie à suivre en la matière, nous vous accompagnons bien entendu dans ce combat avec « Satan », les similitudes avec le scénario de la « pré-shoa » m’ayant fait frissonner d’ »horreur ».
    Non cela ne peut pas et ne doit pas se reproduire, je me rends compte de l’immense travail que cela suppose et qui est on ne peut plus justifié et légitime en pareille circonstance, que chacun d’entre nous continue donc de travailler dans ce sens et soit « radical » face à cette menace qui plane sur nous, dans la confiance, l’amour, la joie et l’humilité !