Annoncer le Christ au coeur du nouveau paradigme

Il est habituel de dire que l’Eglise passe en ce moment par un temps de crise ; je crois que bien plus profondément, c’est notre société, notre culture, notre humanité qui passent par un profond temps de crise.

Ce n’est vraiment pas le moment de nous laisser endormir, à l’heure même où nous devrions nous lever pour porter au monde la Bonne Nouvelle qui ne lui a jamais aussi cruellement fait défaut qu’aujourd’hui !

Si le monde tient absolument à nous convaincre que le christianisme est mort – alors que 64% des personnes interrogées sur leur croyance dans l’Hexagone se réclament de cette appartenance – c’est que les chrétiens sont les seuls à opposer encore une résistance à la montée triomphante de l’individualisme absolu. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : comme nous le verrons bientôt, le Nouvel Age apporte de nos jours à l’individualisme philosophique une crédibilité « mystique », qui l’érige en véritable religion. L’individualisme absolu a absolutisé l’individu, qui en prenant la place de Dieu est devenu sa propre idole.

Si nous prenons le temps de nous pencher sur ce phénomène, c’est afin d’éviter de nous laisser contaminer par une mentalité qui est franchement incompatible avec l’orientation fondamentale de l’Evangile.

Le Nouvel Age présente un caractère parasitaire particulièrement redoutable : il s’infiltre comme un hôte dans les traditions religieuses ou culturelles ; il semble les épouser, mais en fait il les transforme profondément de l’intérieur.
Citons en exemple la manière dont en quelques années, la notion de réincarnation a pénétré les communautés chrétiennes, au point que de nos jours, bon nombre de baptisés affirment sereinement adhérer à la doctrine de la réincarnation tout en confessant la résurrection du Christ.
Inutile de dire que l’introduction d’éléments doctrinaux étrangers et incompatibles avec la foi chrétienne, en ébranlant sa cohérence interne, menace tout l’édifice du christianisme.

Voilà une raison qui est à elle-même suffisante pour justifier l’approfondissement du Nouvel Age. Il en est une autre, biblique cette fois.
Il est frappant de constater que les trois premières vagues d’évangélisation prenant leur essor de Jérusalem, et partant à la conquête du Bassin méditerranéen, se sont heurtées toutes les trois à un obstacle de taille, à savoir la magie.

Souvenons-nous de l’affrontement entre Pierre et Simon le magicien lors de l’évangélisation de la Samarie en Ac 8. Paul et Barnabé, envoyés à leur tour en mission par l’Eglise d’Antioche, trouvent sur leur route un autre magicien du nom d’Elymas (Ac 13). Un peu plus tard, poussé par l’Esprit à se rendre en Macédoine, Paul doit prendre autorité sur un esprit divinateur qui les poursuivait en rendant des oracles par l’intermédiaire d’une femme dont il avait pris possession (Ac 16).

Ainsi donc nous sommes avertis : la nouvelle évangélisation rencontrera sur son chemin des magiciens en tous genres, dont il nous faudra discerner les actions afin de prendre autorité sur les puissances maléfiques avec lesquelles ils collaborent.

Voilà donc une autre raison qui justifie que nous dégagions les principaux axiomes que distille le Nouvel Age.
Pour être les témoins embrasés du Christ en ce début de troisième millénaire, il est indispensable de nous purifier du tout levain étranger à l’Evangile, et d’accueillir la nouveauté de l’Esprit dans un cœur purifié.

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25 réponses à “Annoncer le Christ au coeur du nouveau paradigme”

  1. nicog
    26 février 2006 à 11 h 36 min #

    N’avez-vous pas l’impression, Père Verlinde, que le monde comtemporain d’aujourd’hui tourne « au sens contraire d’une évolution normale ». Je m’explique : Malgré les efforts d’évangélisation de l’Eglise, j’ai l’impression que la société moderne, au lieu de transformer le christianisme (s’il y a lieu de le faire) en un christianisme encore meilleur mais respectueux du message premier et essentiel de l’évangile, devient la soeur jumelle du monde Romain : Ainsi, tel un cycle, les moeurs sexuels, l’éclatement de la famille, les loisirs peu sains et le retour à des notions de réincarnation, de magie, de superstition, la « persécution » dans le monde et la moquerie de ceux qui s’affirme Chrétiens sans compté le non respect totale de la vie humaine et de l’homme en général… font leur retour dans cette société de la richesse, du matérialisme, qui s’enfonce désespéremment dans un abrutisme dédié à la consommation, aux séries télé (aussi creuses soient-elles) et aux loisirs peu sains. Un peu comme le monde romain, juste avant les invasions barbares.
    La comparaison est un peu poussée, certes, mais je le ressens ainsi, avec de nombreux jeunes amis chrétiens. Mais ce qui m’effraie, c’est la totale impuissance qui nous ressentons face à cette oubli des valeurs chrétiennes notamment face à la recrudescence du machisme (parfois sous-tiré de l’attirance pour Mahomet), du cannabis, du sexe etc… chez de nombreux jeunes (de plus en plus jeunes !).

    • Séb.
      27 février 2006 à 9 h 46 min #

      Bonjour

      Ayant connu ce site il n’y a pas longtemps, je suis en train de le parcourir

      Il me semble, comme vous le dites, que nous vivons dans une société purement matérialiste

      Ce qui me choque le plus, malgré le fait que j’ai été baptisé comme catholique, c’est le comportement du Vatican

      N’avez vous pas l’impression de voir, d’ailleurs vous en avez également relevé la similitude, une société presque romain ou l’on a mis un saint pour chaque chose, les gens prient plus Marie et un saint que notre seigneur Jésus ou Dieu directement

      En plus Jésus était pauvre sans argent alors que les richesses de l’église sont monumentales

      Il y a le baptême égalemnt, les enfants ne sont plus immergés dans l’eau comme cela se faisait au temps de Jésus

      Il y a de plus en plus de questions que je me pose sur notre société, je dois bien avouer que ca me fait peur

      La télé-poubelle comme je l’appelle nous noient et nous abrutissent avec leur programme vides de sens.
      La star académie ou big brother sont les reflets de notre société qui passent le temps à observer les autres au lieu d’analyser notre propre vie

      Il y a églement les nouvelles modes version signe maléfique sur t-shirt, marques dans les magasins qui parlent plus de mal et ca parait être à la mode

      J’ai même été surpris d’avoir eu mon apprentis avec un t-shirt plein de flammes et un signe représentant des 6, quand je lui ai dit que ces chiffres représentaient le mal, il a été surpris

      N’était-il pas écrit je ne sais plus ou que la force du mal, c’est d’être disrète au possible?

      Je suis désolé de l’éclatement de mes propos, mais je serais enchanté que vous me donniez votre avis

      Je vous remercie pas ailleurs pour la qualité de votre site avec ce qu’il amène pour la reconnaissance de Dieu

      bonne journée

      Séb.

      • Père Joseph-Marie Verlinde
        27 février 2006 à 13 h 29 min #

        Je crois qu’il nous faut faire attention à la désinformation organisée ! Le « pouvoir » du Vatican est un mythe, qui a repris de la jeunesse grâce aux ouvrages de Mr Dan Brown, Angels and Demons, Da Vinci Code. La réalité est tout autre : la hiérarchie ecclésiale est voulue par Jésus lui-même comme l’atteste l’Evangile. Le successeur de Pierre est le « premier parmi ses frères évêques », parce qu’il succède à St Pierre sur la chaire de Rome. Mais il prend ses décisions en concertation avec le collège des Cardinaux.

        Autre mythe: les richessses du Vatican ! Savez-vous que ces “richesses” coûtent très cher à l’Eglise ? Que diriez-vous si le Vatican basardait les trésors artistiques contenus dans les Basiliques et les Musées ? Il s’agit d’un véritable patrimoine culturel qu’elle a le devoir de garder, même au prix de frais immenses.

        Pour ce qui est des déviances au niveau de la dévotion à la Vierge Marie ou aux Saints, je les regrette autant que vous, et croyez bien que le Saint Père aussi. Mais nous ne pouvons pas imputer à l’Eglise la responsabilité de la tendance à la superstition qui subsistera toujours au fond de l’homme.

        Je m’étonne que le comportement de “Rome” vous choque, surtout après un pontificat comme celui de Jean-Paul II : devant la négation du mal auquel vous faites allusion, ne trouvez-vous pas qu’il est demeuré la référence morale la plus fiable et le point de repère sûr devant le relativisme ambiant ?

        • Séb.
          27 février 2006 à 15 h 09 min #

          Bonjour

          Tout d’abord je vous remercie pour la qualité des réponses que vous mettez à disposition sur ce site de manière très rapide

          Pour commencer, les 2 livres auxquels vous faites référence, je ne les ai pas lu, je n’aime pas le genre de l’auteur qui délaie des informations à tous vents dans le buts de choquer pour vendre. Les émissions que j’ai vu à ce sujet sur les imprécisions n’ont fait que renforcer mon opinion

          Une petite précision tout de même, je ne suis pas de ceux qui cherchent à casser des choses, mais plutot j’ai besoin de comprendre certaines choses pour évoluer dans ma foi.

          Pourriez-vous me nommer les passages de l’Evangile qui réfère sur la hierarchie voulue par Jésus.

          Pour ce qui est des déviances, il me semple que Jean-Paul II en est quand même un des artisans, lui qui a canonisé à grandes échelles et qui pronait le culte marital (je répète il me semble)
          D’ailleurs le sigle de son sceau avec le grand M n’en est-il pas la preuve?

          Pour ce qui est du message de Jean-Paul II, certe il a été un grand rassembleur, sans aucun doute, avec l’avantage de toucher à la jeunesse. Ce qui m’a le plus touché dans le pontificat est le pardon qu’il a donné à la personne qui a voulu attenté à sa vie.

          Que pensez-vous de ma question sur le baptême, en rapport à l’immersion?

          Au plaisir de vous lire

          Séb.

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            28 février 2006 à 13 h 08 min #

            Pour la structure hiérarchique de l’Eglise, je me réfère au choix des Douze (Mt 10, 2), puis de Soixante douze (Lc 10, 1) par le Christ lui-même, et enfin, l’élection de Pierre à la tête de l’Eglise (Mt 16, 18).

            Je peux vous assurer que la dévotion mariale de Jean-Paul II n’avait rien de superstitieux et était parfaitement christocentrique : souvenez-vous qu’il a ajouté les mystères lumineux au Rosaire précisément pour orienter notre prière vers le Christ. Il considérait – comme toute la Tradition chrétienne – que Marie est celle qui est la plus apte à nous faire connaître son Fils et à nous conduire jusqu’à lui.

            Je crois que Jean-Paul II a été plus qu’un « rassembleur » : il a été me semble-t-il la conscience d’une humanité en dérive…

            Le baptême par immersion est toujours pratiqué en certaines communautés ecclésiales. Surtout dans le cas d’adultes, il est particulièrement significatif. Mais il me semble que le signe peut être signifiant indépendamment de la quantité d’eau utilisée ou de la surface du corps immergée.

        • Wàng
          27 février 2006 à 16 h 58 min #

          Oui, je crois savoir que vous avez d’ailleurs répondu à cet ouvrage et mis en lumière ses erreurs…il y a un temps où un tel ouvrage aurait été censuré et mis à l’index. Cette façon pour le clergé de répondre a posteriori aux erreurs me semble une très bonne chose, il y a un autre exemple récent, « l’anti traité d’éthéologie », pour répondre à Michel Onfray. Mais ce qui me gêne c’est que ces lectures sur lesquelles l’Eglise nous met en garde aujourd’hui me semblent assez triviales, comme harry potter ou le Da Vinci Code, qui ne troublent pas à condition d’avoir reçu un cathéchisme suffisemment solide. A ma connaissance la réflexion de l’Eglise sur de le marxisme est aussi très élaborée, sur un tel sujet déjà abordé en long et en large le Saint Père en parle encore dans sa dernière encyclique! Ce qui me manque le plus, c’est que l’Eglise soit vraiment à la pointe sur les combats philosophiques les plus théoriques et les plus intellectuels. On reproche souvent à l’Eglise son obscurantisme, comme si elle voulait cacher son ignorance. Le problème qui me préoccupe en ce moment est celui de l’athéisme existentialiste: je n’ai pas connaissance d’une parole ecclésiale claire pour réfuter les « déviances » sartristes, même si cet auteur avait été mis à l’index en son temps. Et c’est très dommage, car par ailleurs sa philosophie est d’une richesse phénoménale, j’apprécie beaucoup sa critique de la psychanalyse et du matérialisme dialectique. Mais je ne sais pas comment me situer en chrétien face à son argumentation sur le cogito préréflexif, la conscience non-thétique, sa réfutation de la preuve de l’existence de l’âme et de Dieu par Descartes en affirmant que la conscience n’est pas une substance, mais que rien n’est cause de la conscience( ce qui pose la question: « qu’est ce qu’un esprit? »), que dans l’homme sur le plan de l’en-soi il ne reste plus une trace de la création divine, la capacité pour l’homme de secréter un néant qui rend possible la liberté, etc. Et ce qui me gêne aussi c’est qu’un athée parvienne à critiquer la raison dialectique en y réinjectant cette liberté! Bref, il me semble que pour l’Eglise il y a encore du pain sur la planche pour être VRAIMENT en phase à la pointe du combat et réconcilier la foi et la raison.

          amikece

          Wàng

    • ol
      28 février 2006 à 0 h 41 min #

      mais non, le monde avance.
      il y a la disparition de le peine de mort, le droit de vote des femmes,des infrastructures integrant de plus en plus la vie des handicapés, on produit actuellement plus que les besoins alimentaires de la planete, ce n’a pas été toujours le cas!
      mais l’idée de progres est aussi un mythe, qu’aime les lobby nucleaires par exemple, car spirituelement le monde continue à aller mal.
      mais ne soyons pas trop dures avec nous même on sort d’un siecle dominé par un redoutable athéisme.
      il y a peut-être, tout simplement, une trop grande timidité des chretiens. dont le message est pourtant attendu: peut-être en embuscade, certes, mais le Christ savait l’acceuil que nous touslui ferions, (une croix!), il est venu malgré tout à notre rencontre, et nous sauve par dela l’acceuil si indigne qu’on lui fait…

      • Wàng
        28 février 2006 à 15 h 43 min #

        Il me semble que le défi qui attend l’Eglise est de répondre à l’idéologie ambiante, qui est diffuse dans l’air du temps. Celle-ci prône la liberté sans limite, ne connait plus aucune contrainte, et conduit logiquement à toutes les dérives: avortement, euthanasie, etc. Celles-ci sont alors perçues comme des progrès liés à l’évolution des mentalités, cf l’acquitement dans l’affaire Humbert, où il n’y a aucune autre issue possible dans une société qui définit une morale prenant la liberté comme valeur suprême. Les idéologies anciennes, comme le marxisme, sont en voie de disparition, mais il me semble que la morale que Sartre définissait dans son existentialisme athée soit devenue la nouvelle norme absolue( partant de son interprétation radicale du cogito), rien ne peut dépasser et contraindre la subjectivité humaine. Refus absolu de toute morale a priori, mais une édification personnelle des valeurs parce que la société post moderne a supprimé Dieu le Père! En pratique, cela ne conduit pas les gens à s’engager fortement derrières des causes qui les dépassent( parce que les gens ne prennent que ce qui leur plait et préfèrent suivre le troupeau!), parfois inconfortables, ou à se construire des systèmes éthiques audacieux, mais à une sorte d’égoïsme « petit bourgeois », ce qui était précisemment le principal reproche que les marxistes faisaient à l’existencialisme. En pratique, ceux qui ne soutiennent pas ces nouvelles valeurs individualistes et terriblement égoïstes sont facilement taxés et qualifiés sur la forme, avec une mauvaise foi caractéristique au sujet de laquelle Sartre aurait eu beaucoup à dire!

        Vin salutas Wàng

      • Nicog
        28 février 2006 à 18 h 43 min #

        C’est vrai qu’il y a des choses formidables qui ont évolué dans notre société mais je trouve justement que nous perdons ces choses acquises puique qu’en fait, nous n’avons plus à nous battre pour les avoir (vote, liberté d’expression…).
        J’ai très honnêtement le sentiment que nous perdons LA VALEUR des choses acquises.
        Et puis, ce n’est pas ma génération (années 80) qui a dû vraiment se battre pour les valeurs qui constitue l’occident (mais plutôt les générations passées dont la dernière est celle du baby-boom : si l’on considère mai 68 comme une avancée) Ainsi, je ne sais pas si ces valeurs en perte de vitesse prennent une place importante dans le coeur de beaucoup de jeunes et si nous ne sommes pas, justement, amenés à perdre nos acquis de liberté et de justice.
        Cela dit, dans mon premier message, je parle surtout du vide spirituel cause directe de l’abrutisme de beaucoup de 18-30 ans dont la série « friend » est le meilleur exemple, plutôt que des valeurs qui fondent l’occident.

        • Julien
          1 mars 2006 à 23 h 42 min #

          Bonjour,
          pour la génération 80 à laquelle j’appartiens aussi, sachez que ce n’est pas aussi rose. Sans regarder le monde en gris, pour vivre le message du Christ il est nécessaire de pratiquer un effort certain pour s’extraire du matérialisme ambiant. Quelquepart c’est d’ailleurs encourageant car la « crise » a libéré l’Eglise d’une forme d’hypocrisie: les jeunes qui vont à la messe s’engagent réellement et n’y vont plus (à part peut-être pour les « rites de passage ») par conformisme social.
          Quant à la conservation des « valeurs » par les artisans de mai 68, lisez les bouquins de la génération 69… c’est la génération 68 qui, pour « laisser le choix », n’a rien transmis à ses enfants. Ni foi, ni valeurs, ni même culture.
          Pour la question sur les références bibliques de la hiérarchie dans l’Eglise, je pense aussi à la parabole des vierges sages et des vierges folles (Matt. 25, 1-13). Les vierges sages, données en modèle, refusent de donner de leur huile. Pas très charitable… sauf si l’on comprend que l’huile est la grâce de Dieu. A moins d’être Dieu les vierges sages ne pouvaient en donner. Il faut aller en chercher là où on en trouve, c’est-à-dire dans l’Eglise (prière, sacrements…). C’est pareil quand le Christ dit aux lépreux guéris d’aller se montrer au temple. Mais sans doute est-ce inutile de rappeler cela car les personnes qui se disent catholiques mais non pratiquantes ont justement besoin d’ouvrir leur coeur à la grâce de Dieu. Leur rappeler l’Ecriture c’est aussi leur rappeler une vérité qu’elles connaissent au fond d’elles-mêmes. Il est des domaines où la foi et la raison ne peuvent rien contre la volonté humaine.

          • anne
            27 mars 2006 à 9 h 56 min #

            Père,
            Je lis avec beaucoup d’intérêt vos textes concernant le discernement pour lesquels je vous remercie.
            Pensez-vous que le nouvel âge contamine également la pensée de certains théologiens d’aujourd’hui ? Je suis très perplexe lorsque je constate que la psychanalyse freudienne est présentée comme une théorie établie (alors qu’elle est contestée aujourd’hui par les psychiatres eux-mêmes). Ceci aboutit, dans certaines prédications, à rejeter sommairement la pensée de St Augustin (« qui a eu le malheur de ne pas connaître Freud »), à marginaliser les commandements au profit de concepts comme la liberté, la transparence etc… dans lesquels on met un contenu bien vague.
            Comment discerner le chemin du Christ au sein de toutes ces idées qui plaisent, incontestablement ?
            Merci d’avance pour votre réponse.
            Anne

          • Isabelle
            27 octobre 2006 à 18 h 46 min #

            Bonsoir Père,
            J’aurais aimé vous demander votre avis sur tout ce qui concerne les Expériences de mort imminentes ou NDE…J’ai un collègue qui m’en parle beaucoup et qui aimerait connaitre la position des chrétiens à ce sujet…
            Un grand merci pour ce site très fourni en documentation et qui répond à de nombreuses questions actuelles
            Isabelle

          • Père Joseph-Marie Verlinde
            5 novembre 2006 à 9 h 05 min #

            J’ai honte de répondre à cette question en quelques lignes ; d’autant plus que j’y consacrerai tout un chapitre dans mon prochain ouvrage – si du moins je trouve le temps d’y travailler ! Je dirai simplement que puisque la personne est « revenue » de cet état limite, elle n’était donc pas « morte ». En fait, il s’agit d’expériences de sortie du corps physique et de passage dans le corps astral. D’où les visions de lumière, les intenses émotions et tous les autres phénomènes récurrents dans ces expériences.

  2. COLOMBE
    6 mars 2006 à 8 h 05 min #

    Comme il est essentiel d’annoncer le Christ en ce temps de Carême !

    Dimanche dernier, le prêtre de ma paroisse a parlé dans son homélie de notre liberté, de notre trop grande liberté, de faire le choix de la conversion.
    Je ne pouvais qu’adhérer à ce qu’il disait, cependant, vivant dans un quartier populaire et multiculturel de Paris, ce dernier multiplie les rencontres et souhaite un dialogue inter-religieux.
    C’est certainement souhaitable en effet mais personnellement je ne vois pas en quoi convier des soi-disant boudhistes, jeunes, se promenant avec la tête rasée en robe rouge et jaune dans le quartier, français « de souche », pardonnez-moi l’expression, cela est-il représentatif de la comunauté boudhiste en France, idem pour les hindous, c’est précisément une erreur grossière car les seuls boudhistes à inviter seraient ceux qui pratiquent dans les Pagodes et qui sont vietnamiens ou cambodgiens et non pas nos jeunes en quête de spiritualité et d’exotisme relayé par le « Incredible India », cela n’a que trop duré, sans parler des cours de danse « Bollywood » tendance de chez tendance dispensés dans une église très chic de l’ouest parisien !

    Étant d’origine italienne, je constate en France que ce problème lié à la laïcité nous mène tout droit à la catastrophe car les sectes ne cessent de proliférer et nos églises de se vider de nos jeunes alors que des prêtres, frères et soeurs catholiques sont charismatiques, simplement, ils sont peut-être trop frileux, il est vrai que nos amis asiatiques et indiens savent comment s’y prendre et qu’ils ont le vent en poupe, cela n’a que trop durer !

    Cela me fait de la peine car tous ces jeunes sont loin de connaître les conséquences de leurs choix (d’ailleurs ont-ils vraiment choisi ?), ils pensent être libres, mais peu à peu ils vont perdre leurs racines, leur identité propre et ne plus savoir qui ils sont, la plupart ayant peut-être été baptisés lorsqu’ils étaient enfants.

    Les paroisses, en ouvrant leurs portes à des séances de yoga etc … à mon sens sont dans une grave erreur, d’ailleurs l’inverse n’existe pas, a-t’on jamais vu un groupe de catholiques se réunir dans une synagogue, une mosquée ou un temple hindou ou boudhiste.
    Non, c’est toujours l’inverse qui se produit.

    Prêtres, on vous vole vos brebis de tous côtés (Évangélistes s’infiltrant dans le tissus associatif) et vous laissez faire car vous vous sentez peut-être « désarmés » ou vous ignorez certainement les conséquences de tout cela car vous sortez du séminaire et vous n’avez pas connu ni pratiqué comme le Père Joseph-Marie ou moi-même leur religion.

    Je ne voudrais pas passer pour une intégiste, ce que je ne suis pas mais j’ai payé très cher le prix de ma conversion, aujourd’hui j’ai confiance dans le Christ et j’accepte toutes les épreuves qui me sont envoyées avec joie, je reste pour le concept de non-violence (« ahimsa ») en pensée, en parole et en acte, à commencer par notre propre violence intérieure mais vous devriez à mon sens être plus fermes, car eux le sont, dans la pratique de leur religion, et comment !

    Il n’y a pas à les copier ni à « copiner » mais bien à affirmer notre foi dans le Christ sans craindre d’être ringards, il y a bien à réhabiliter l’image du Christ et à éduquer tous ces jeunes qui s’égarent ayant l’impression d’être libres alors qu’ils sont manipulés par des forces et des instances dont ils n’ont même pas conscience.

    Puisse le Seigneur entendre ma plainte, non ce n’est pas « has been » d’aller à la messe et d’écouter la liturgie de l’Église Catholique, c’est au contraire très beau et très profond, alors disons-leur d’arrêter de « se la jouer » boudhistes, je pense au sketch « chouchou » de Gad Elmalet (« j’fais du boudhisme ») qui a tout compris, eh oui, nous sommes toujours à la remorque, timorés, n’ayons pas peur d’annoncer la Bonne Nouvelle et arrêtons de nous laisser berner par toutes les idoles qu’on nous montre dans les media et dont on fait l’apologie, humilité ne signifie pas passivité, ne nous laissons-pas écraser par ce raz-de-marée qui ne cesse de s’amplifier, engageons-nous et ne soyons-pas comme ces bobos qui se voilent la face et adhèrent à des passe-temps futiles en fuyant à tous prix l’engagement de leur être profond.

    En communion avec le Christ

    • COLOMBE
      6 mars 2006 à 20 h 28 min #

      Un grand merci à l’administrateur du site qui a validé mon message de ce matin.

      Père Joseph-Marie, en consultant le programme des Conférences de Carême, j’ai été très étonnée de voir que Mme Marie de Hennezel y participait.

      Nous savons tous que son best-seller a été préfacé par le Président de la République François Miterrand, qui, au cours de sa longue maladie, a été confronté à ce questionnement essentiel sur la mort et les soins palliatifs.

      Mme de Hennezel a beaucoup collaboré à un mensuel on ne peut plus racolleur en terme de Nouvel Âge dont je ne mentionnerai pas le nom et a même paraît-il fréquenté la secte IVI, je ne lui jette certes pas la pierre ayant moi-même à une époque fait de brèves visites dans certaines associations Nouvel Âge, étant en quête de soutien spirituel et de vérité.

      Je ne peux cependant m’empêcher de craindre un amalgame et une dérive que j’ai déjà remarquée chez certains catholiques pratiquants.

      Je ne sais pas quel sera le contenu de sa conférence mais en tout cas, je souhaite du fond du coeur qu’elle se limite à évoquer les cas des catholiques qu’elle a peut-être accompagné en soins palliatifs et auxquels elle a peut-être suggéré en douceur la demande du Sacrement de l’Extrême Onction par un prêtre de l’Église car une psychologue ne peut en aucun cas se substituer à un prêtre et prendre en charge l’âme d’un mourant qui retourne vers son Père.

      Sommes-nous dans le règne d’individus qui peuvent s’auto-proclamer « spécialistes de la mort », dans le non respect du Dogme de l’Église Catholique ?

      Évidemment, j’ose espérer me tromper mais je ne peux m’empêcher d’avoir quelque doute.

      • Père Joseph-Marie Verlinde
        7 mars 2006 à 7 h 48 min #

        Je ne connais pas Marie de Hennezel, mais elle avait été mandatée par Jean-François Mattéi pour réfléchir à la fin de vie et à son accompagnement en France.
        Son rapport est paru le jeudi 16 octobre 2003. Vous pouvez en prendre connaissance à l’adresse suivante :
        http://www.sante.gouv.fr/htm/actu/hennezel/sommaire.htm

        • COLOMBE
          8 mars 2006 à 6 h 51 min #

          Merci Père Verlinde, je vais lire ce rapport.
          Aujourd’hui 8 mars, journée de la femme, je saisis l’occasion pour continuer de m’exprimer sur le thème des Conférences de Carême.
          Je me demande si Julia Kristeva n’est pas là pour faire entre autre la promotion du dernier livre de l’homme qui partage sa vie (au fait sont-ils mariés ?) Philippe Sollers (pourquoi les écrivains ou personnalités en vue éprouvent-ils le besoin de changer leur nom ?) : « Une vie divine » dans lequel il s’inspire notamment de Nietsche.
          Le « Dieu est mort » de Nietzsche dans lequel le philosophe allemand cherche à tirer du constat de la mort de Dieu les conséquences qui s’imposent quant au destin de l’humanité, à savoir si l’homme n’est pas appelé à prendre la place de Dieu, me laisse vraiment perplexe …
          Il ne manque plus que « l’opium du peuple » et la boucle sera habilement bouclée !
          Trop people et trop intello à mon gôut, j’aurais préféré que Jacques Arènes, psychologue et psychanalyste chrétien s’exprime à la place de Mme Kristeva.
          Restons simples !
          La véritable foi dans le Christ n’a pas besoin de toutes ces paillettes ni de cet intellectualisme typiquement parisianiste.
          Mais bon, laisssons lui le bénéfice du doute !

  3. réal rodrigue
    18 mars 2006 à 23 h 33 min #

    Père Verlinde, je continue à me reférer à votre « Initiation à la lectio divina » pour me guider dans cette pratique à laquelle j’ai été initié en 1994. C’est une véritable anthologie de citations fort précieuses. Je tiens à vous en remercier, mais aujourd’hui je voudrais faire écho à ce que dites de l’individualisme absolu qui se répand dans nos pays autrefois chrétiens.

    Souvent j’entends mes compatriotes déplorer cette tendance, et je me demande s’il n’y a pas lieu de reprendre la notion d’individu afin de dégager la part de vérité qu’elle contient. Depuis quelques années, j’étudie l’oeuvre de Michel Henry et je comprends ce que signifie pour lui l’individu. Autant dans les régimes socialistes que capitalistes, l’individu se trouve mis à mal. Tout le mouvement en faveur des droits de l’homme me semble une protestation contre les États oppresseurs ou qui se font complices d’un ordre de choses qui suscite l’indignation, voire dans certains cas la révolte.

    Personnellement, je me sens proche du Christ justement parce qu’il appelle chacun par son nom, parce qu’il porte chacun dans son amour et qu’il est un Dieu de miséricorde. Si je comprends bien, il nous veut libre comme Lui, c’est-à-dire docile à l’Esprit qui souffle où il veut et nous invite à aimer comme le Père et Lui ont aimé.

    La question que je veux vous soumettre est celle-ci: annoncer le Christ ne suppose-t-il pas qu’on se perçoive soi-même comme des individus vivants, des individus qui tiennent leur propre vie non d’eux-mêmes mais de la Vie, du Dieu vivant ? Se convertir, n’est-ce pas tourner le regard de notre esprit vers cette Présence cachée qui est au principe de notre vie et du Soi que chacun est pour soi-même ? En d’autres termes, ne faut-il pas montrer à tous les « individualistes » de notre temps qu’ils s’illusionnent sur eux-mêmes en s’estimant le centre du monde ? Pour annoncer l’Évangile – la Bonne Nouvelle de notre libération, ne pouvons-nous pas ouvrir une telle voie s’il est vrai que la vraie liberté suppose la conversion du coeur et de l’esprit?

    • Père Joseph-Marie Verlinde
      19 mars 2006 à 7 h 39 min #

      Comme vous le soulignez très justement, il faut d’abord nous entendre sur le sens du terme « individu ». Dans la critique que je formulais, j’oppose « individu » à « personne ». L’individu se distingue des autres par ses caractéristiques « accidentelles » – sa taille, son poids, ses traits particuliers – alors que la personne est unique en raison des relations qui la constituent : relation à Dieu son Créateur et Père, relation aux autres, relation à soi. Caricaturalement je pourrais dire : il n’y a pas d’« individu » en Dieu, mais trois « Personnes », définies par Saint Augustin comme trois « Relations subsistantes ».

      J’ajouterai que selon moi, la réduction de la personne à l’individu est la première conséquence – et la conséquence le plus dramatique – du péché originel. L’homme désormais ne se définit plus par rapport aux autres, mais à partir de son « moi » devenu idolâtrique et vers lequel il fait tout converger.
      Ce narcissisme, ou cet « égotisme » qui caractérise la post-modernité est un reliquat des Lumières qui, en absolutisant la Raison humaine, ont donné à l’homme l’illusion d’une autonomie tout aussi absolue. Sur l’horizon de cet héritage, les philosophes du soupçon ont eu beau jeu de prétendre que l’homme serait à lui-même sa propre origine et pourrait donc se passer de Dieu. Pour passer du théisme à l’anthropothéisme contemporain, il fallait passer par l’athéisme du siècle passé. La voie était ainsi ouverte à l’individualisme absolu, dans lequel l’homme apparaît comme une idole qui s’auto-construit.

      Or l’autonomie absolue est une fuite dans l’imaginaire pour échapper à l’Autre, dont la simple présence m’invite à me mettre à son service. Que nous le voulions ou non, nous ne sommes pas à nous-mêmes notre propre père : nous sommes dépendants d’un Autre qui nous précède. De plus nous ne pouvons dire « je » qu’en réponse à un « tu » qui nous interpelle et nous oblige ; mais qui en même temps nous permet de sortir de la prison de l’individualité pour devenir des sujets personnels.
      Descartes ne se trompait que d’une seule lettre : le fondement de la philosophie n’est pas « Cogito ergo sum », mais « Cogitor ergo sum ». Je suis pensé ; la pensée créatrice de Dieu me précède et me donne d’exister comme être personnel. Et lorsque « je » pense à mon tour, ce n’est jamais dans l’immanence d’une relation circulaire qui se bouclerait sur moi-même, mais toujours en référence à une extériorité avec laquelle l’intentionnalité de ma pensée me met en relation.

      • josiane
        20 mai 2006 à 17 h 21 min #

        Mon Père,
        j’ai vu votre émission sur KTO sur le da Vinci code et je viens de découvrir votre site: je suis émerveillée , et je vous remercie. J’ai été frappée en vous entendant par la rigueur et la densité de vos réponses. Ma question concerne la possibilité d’annoncer l’évangile et de créer les conditions d’une véritable recherche de la vérité aujourd’hui, chez des générations qui ne fonctionnent plus sur le principe de non contradiction, et qui ne sont plus formées à la réflexion logique en général. Je suis prof d’université et depuis 12 ans j’assiste à une véritable transformation des étudiants et de la société. J’essaie de transmettre ces méthodes de rigueur logique, de réflexion critique, mais je m’aperçois que malgré des efforts sincères de la part des jeunes, les réflexes d’une perception « intuitive » des choses réapparaissent, et que les pratiques « médiatiques » où ce qui est montré ou dit fait autorité sans que les gens aient un esprit critique suffisamment organisé, devient la norme. Ce qui remplace l’esprit critique est justement un soupçon généralisé, sans discernement, qui s’applique à toutes les autorités institutionnelles. Il est plus rassurant de se dire victime et berné en permanence, et de se replier dans un individualisme mal compris, plutôt que de faire l’effort de véritablement penser (peser, évaluer..). Je suis émerveillée par le travail que vous faites, et j’adhère pleinement à vos réponses, mais j’avoue que je me sens depuis peu envahie d’une grande crainte concernant la disparition progressive de ce socle de pensée « rationnelle » qui permet les échanges et la vie ensemble.

        Serait-il possible que dans l’avenir nous ne puissions plus compter sur cette « ratio » qui a pour vocation de guider notre « fides »?
        Doit on aller dans le sens de cette évolution vers une réactivité subjective, intuitive, voire affective, pour la « purifier » en l’orientant vers une réalité découverte dans le coeur etc, au risque de basculer dans un fidéisme (je pense à certains groupes de renouveau)? ou bien doit on inventer une autre modalité que celle de la « rhétorique » dialectique de la philosophie traditionnelle? Les pères de l’Eglise ont utilisé le moule de la pensée hellénistique pour y inculturer le christianisme. Nous y sommes formés depuis 2000 ans, et il me semble que la foi chrétienne trouve son lieu de croissance dans l’équilibre que permet cette liberté d’utilisation de la raison et d’accueil de la grâce. Mais est ce la seule modalité possible?

        Les générations qui n’ont plus eu une approche analytique de leur propre langue (méthode de lecture globale, sens de la grammaire parasité par les théories linguistes introduites dans les lycées collèges…) et qui ont des moyens de « saisie » globale des informations par internet, avec placages de blocs copiés collés), qui n’ont pas eu cette éducation de l’appropriation lente et méditative des informations, avec les outils de la synthèse, peuvent elles être « récupérées », et de quelle façon? J’essaie personnellement de faire ce que je peux, mais je me demande s’il ne faudrait pas inventer d’autres voies de « raccordement » à l’exercice de la pensée, car je m’aperçois que les choses s’accélèrent, et je crains que bientôt, les personnes n’aient plus la possibilité de se comprendre tant les systèmes de références sont fractionnés, et que ce soit la violence (verbale ou autre) qui apparaisse la seule modalité de relation à l’autre et d’affirmation de soi.
        Je vous remercie de me répondre, car c’est une question grave à laquelle votre clairvoyance pourra apporter des éléments qui me seront précieux.

        • Père Joseph-Marie Verlinde
          21 mai 2006 à 18 h 56 min #

          Je partage totalement votre souci et votre angoisse. La dérive est spectaculaire et vraiment inquiétante car on voit mal comment redresser la barre ? Quand je pense que Harry Potter fait les délices des enseignants et des enfants, et que le Da Vinci Code va lui aussi entrer dans les écoles, je suis sidéré. Personnellement je ne crois pas que nous puissions faire l’économie de la pensée spéculative, même si le développement de la saisie intuitive est sans doute un bien. Je redoute cependant le subjectivisme et le relativisme auxquels cette dernière risque de conduire, cloisonnant de plus en plus les individus dans leur « monade sans porte ni fenêtre » (Leibniz). Si le vrai n’est plus une valeur qui fonde notre communion, le Père du mensonge – qui est homicide dès les origines – ne tardera pas à nous conduire à des affrontements sanglants.

      • Colombe
        30 mai 2006 à 7 h 29 min #

        Merci Père pour votre conférence sur le Da Vinci Code hier à Paris. Je me permets de revenir sur un point essentiel, celui du « nouveau paradigme » que vous avez explicité, cela me paraît tellement important de revenir constamment là-dessus car je constate quotidiennement que tout un chacun (chrétiens y compris) est là-dedans sans s’en apercevoir, ce qui m’exaspère car manquant de diplomatie, je ne parviens pas à me faire entendre (y compris d’un prêtre qui me « rit au nez » en affichant une suffisance ainsi qu’une ignorance sur ce point « intolérables » compte tenu de mon vécu, qui, par ailleurs, ne l’intéresse nullement, pratiquant la méthode Vittoz (rien à dire là-dessus) et faisant le lien avec la pratique du zen sans voir le « piège » car il écoute « béatement » ce qu’insinuent les pseudo-moines à la tête de l’UBF (Union Bouddhiste de France) qui voudraient nous faire croire que la pratique de za-zen n’est pas liée au bouddhisme et qu’elle est « simplement » une pratique de méditation. Or, pour avoir pratiqué et connu de l’intérieur cette association, elle est complètement liée à l’enseignement du Bouddha et les fameux « koans » zen de Dogen notamment sont « distillés » au cours de cette pratique (ni Alpha, ni Omega), comment prétendre alors qu’il y aurait des « points de convergeance » entre « Vittoz » et « za-zen » et s’y attacher sans la moindre réticence !
        On pourrait citer beaucoup d’autres exemples de cet acabit malheureusement.

        Oui, ce « nouveau paradigme » est bel et bien installé aujourd’hui comme vous nous l’avez souligné hier soir, d’où la nécessité d’un « avertissement » d’après moi à l’attention de certains prêtres faisant « naïvement » l’amalgame avec le dialogue inter-religieux et ne voyant là aucune menace mais au contraire, pour citer le « prêtre » en question, qui par ailleurs, n’a pas de connaissance sur la gnose, « moi, je suis très ouvert », ouvert au point de s’entourer notamment au niveau de la pastorale d’une personne adepte du « celtisme » dont vous nous avez parlé hier et de ne voir là aucune contradiction mais au contraire d’afficher un sourire « narquois », et de me dire lorsque par respect je m’incline devant la Vierge Marie dans « son » église « voyons, « Colombe », vous n’allez tout de même pas vous prosterner devant une statue !
        N’ayant aucun « statut officiel », je ne parviens pas à le « recadrer », il se positionne « au-dessus de tout soupçon » … Je ne peux m’empêcher de désespérer, Père Verlinde, et, vraiment, j’en appelle à votre « pouvoir » (pardonnez-moi l’expression mais vous comprenez aisément dans quel sens je vous demande cela) pour qu’il cesse de se comporter ainsi, étant à la tête d’une église et dirigeant deux prêtres ainsi que des paroissiens.
        Logiquement, il devrait être là pour nous « instruire », en ce qui me concerne, je ne peux adhérer à « l’École de la foi » dans un tel contexte !

        Merci Père.

  4. Anne
    6 avril 2006 à 12 h 16 min #

    Père,
    J’ai essayé ces dernières semaines d’envoyer un message concernant l’influence possible du nouvel âge sur certains théologiens catholiques (dominicains) dont l’enseignement me laisse perplexe. En effet, cet enseignement rejette sans beaucoup de nuances la pensée de St Augustin pour lui opposer celle de St Irénée. J’ai ensuite entrepris une recherche sur internet. En fait, ce prédicateur reprend les théories d’un philosophe anglican : John Hick, partisan du pluralisme religieux. Il me semble donc que mon intuition n’était pas fausse.Comment concilier liberté d’expression dans l’Eglise et « annonce du Christ au coeur du nouveau paradigme » ? Pensez-vous que l’influence du nouvel âge aille jusque dans la théologie catholique (je n’ose pas dire « officielle ») ? Comment exercer le discernement dans ces conditions ? Je vous remercie encore très vivement pour tout ce que vous proposez sur votre site, qui est souvent une balise dans des eaux tourmentées…
    Anne

  5. Anonyme
    8 mai 2006 à 23 h 37 min #

    Sans aller chercher dans le + ou – ridicule des postures magiques, que pensez-vous d’une pensée exprimée par le philosophe Alain Badiou ( considéré par Béni LEVI comme un antisémite) qui réhabilite le juif Saint Paul dans ce qu’il nomme la pensée événement. La rupture d’avec le judéochristianisme et l’affirmation-événement de la Resurection du Christ et partant de la résurection de la chair. Cet événement fait rupture d’avec la pensée grecque et la pensée hébreuse. Je pense que de nos jours l’annonce de cet EVENEMENT (Bonne Nouvelle) qui fonde la pensée chrétienne, interpelle avec vigueur, tant elle heurte notre esprit rationnel.Et puis l’affirmation centrale du tarsiote, sa croyance en l’individu libre ne se reduisant plus en une appartenance à une communauté : il n’y a plus d’esclave ni d’homes libres, plus d’homme et de femmes, plus de juifs ni de grecs…
    A quand l’annonce de rupture d’avec les aliénations identitaires ou communautaires?

  6. Aladdin
    22 mai 2006 à 23 h 51 min #

    Bonsoir
    Réformé, c’est avec plaisir que je constate la convergence de nos attentes avec nos frères Catholiques.

    Toutes ces épreuves, que les différentes Eglises ont à supporter, ne sauraient nous détourner, quelques soient nos différences, du message messianique. Bonne journée à tous et à toutes.