Eucharistie magique

« Le magicien invoque le dieu et transmute ainsi la base matérielle, puis consomme le sacrement et absorbe l’énergie et les vertus du dieu. Le magicien peut administrer ce sacrement à ses assistants, mais le plus souvent cette opération se fait en cycle fermé. Le magicien utilise le principe de l’Eucharistie en variant la matière de base selon la nature du dieu invoqué ; par exemple pour Bacchus, le vin sera approprié ; pour Cérès, ce sera une corne d’abondance ; pour Perséphone, une grenade ; et pour Nuit, le lait symbolisant la Voie lactée. La consécration de la substance matérielle doit être précédée par une période de chasteté et d’abstention de nourriture au moins douze heures avant la cérémonie. Lors de l’apogée de l’invocation, la base matérielle choisie doit être élevée et vivifiée par le dieu invoqué. Le magicien devra éprouver un sentiment de crainte révérencieuse lorsqu’il s’identifiera au dieu, à moins qu’il ne soit indigne du sacrement, puis le consommer comme si c’était un acte d’amour. Le sacrement doit être complètement consommé. Le magicien permet ainsi à la vertu du dieu de s’écouler en lui. »

F. King et S. Skinner, Techniques de Haute-Magie

Ce genre de texte vise à donner à la magie des vertus sacramentelles, tout en réduisant l’Eucharistie à un rituel magique.

Les auteurs s’inspirent sans l’avouer du déroulement de l’Eucharistie pour décrire leur rituel, afin de pouvoir dénoncer ensuite l’Eucharistie comme n’étant qu’un simulacre exotérique de procédés magiques dont l’Eglise aurait perdu la clé.

Mais il manque aux procédés magiques l’essentiel, à savoir la transsubstantiation, c’est-à-dire la transformation bien réelle de la substance du pain dans le Corps glorieux de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ainsi que la transformation bien réelle du vin dans le Sang Rédempteur.

Le magicien se contente « d’imprégner » la matière symbolique – pain, vin, lait, etc. – des effluves provenant de la « divinité » invoquée, pour se « charger » de ces énergies en consommant l’offrande.

Comme il s’agit en général d’énergies occultes du plan astral, la « période de chasteté », en évitant toute agitation au niveau du corps des passions (corps astral), favorise une meilleure absorption des énergies. De même le jeûne favorise la mise en état de médiumnité et dès lors l’ouverture aux énergies incidentes.

Le « sentiment de crainte révérencieuse » souligne le caractère idolâtrique de ces pratiques dans lesquelles des esprits gouvernants des plans occultes sont adorés comme des divinités.

Certaines écoles ésotéro-occultes poussent l’ambiguïté jusqu’à proposer sept pseudo sacrements, et à pasticher le déroulement des célébrations sacramentelles chrétiennes – en particulier le Baptême et l’Eucharistie.

Le magicien se présente ainsi explicitement comme le prêtre des énergies occultes (créées), travaillant en collaboration avec les esprits déchus qui les gouvernent, pour acquérir des pouvoirs sur la nature et les hommes. Alors que le chrétien est prêtre du Dieu trois fois Saint, cherchant à accueillir toujours davantage la Grâce divine incréée pour vivre dans l’esprit des Béatitudes, et se mettre, à la suite de Jésus-Christ, au service de ses frères.

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